L’HUMAIN, UN ANIMAL PARMI LES AUTRES ?
Pendant longtemps, l’humain s’est considéré comme
radicalement différent des autres animaux.
Pourtant, les recherches modernes en éthologie, psychologie comparée et
neurosciences montrent que la plupart des comportements humains ont des
équivalents dans le règne animal.
Les études récentes sur les émotions animales
confirment que les animaux possèdent :
- des
émotions complexes (joie, peur, tristesse, colère)
- des
formes de conscience émotionnelle
- des
comportements sociaux élaborés
- des
stratégies de séduction, de coopération et de conflit
- des cultures locales et des traditions comportementales
Les émotions animales ne sont plus un sujet
spéculatif : elles sont documentées par des études comportementales,
neurologiques et endocriniennes.
Par exemple, la joie est un comportement observable et mesurable chez l'animal.
Ainsi, les éléphants manifestent une joie intense lors des retrouvailles :
- vocalisations
spécifiques
- battements
d’oreilles
- caresses
de trompe
- synchronisation
des mouvements
Ces comportements sont décrits comme des manifestations émotionnelles authentiques.
Les chiens sécrètent de l’ocytocine - l’hormone du lien - lorsqu’ils retrouvent leur maître. Cette réaction est similaire à celle observée chez les humains lors d’interactions affectives.
Les corbeaux jouent, glissent sur la neige,
manipulent des objets sans but utilitaire. Le jeu est un indicateur d’émotions positives.
La
tristesse, le chagrin et le deuil sont des comportements complexes présents chez les animaux :
Les éléphants sont connus pour :
- visiter
les os de leurs morts
- rester
près d’un cadavre
- toucher les restes avec délicatesse
Les dauphins ont été observés soutenant un petit mort à la surface, comme s’ils tentaient encore de le faire respirer.
Des mères chimpanzés portent leur bébé mort
pendant plusieurs jours. Les autres membres du groupe montrent des comportements de soutien.
La peur est également un mécanisme universel :
Les rats présentent des réponses de peur
mesurables :
- paralysie
- cris
ultrasoniques
- augmentation du cortisol
Les oiseaux émettent des cris d’alarme différents
selon le type de prédateur. C’est une forme de communication émotionnelle.
L’empathie animale est un phénomène démontré scientifiquement
L’étude Bridging the Gap: Human and Animal
Emotions (Affective Science) montre que l’empathie animale est mesurable de par :
- les comportements
prosociaux
- les réactions
physiologiques
- la contagion émotionnelle (https://link.springer.com/article/10.1007/s42761-022-00125-6)
Des rats libèrent un congénère prisonnier même lorsqu’ils pourraient choisir une récompense alimentaire.
Les dauphins aident des humains en détresse, un comportement documenté dans plusieurs études.
Les corbeaux réagissent à l’injustice : ils
refusent de coopérer si un autre reçoit une récompense supérieure pour le même
effort.
PROTECTION MATERNELLE ET LIENS FAMILIAUX : des parallèles profonds
Les primates montrent :
- un portage
ventral
- des câlins
- du réconfort
- un apprentissage
par imitation
- une transmission
culturelle
Ces comportements sont décrits dans plusieurs synthèses scientifiques sur les émotions animales.
Les éléphantes vivent en clans matriarcaux : les tantes et sœurs participent à l’éducation ; les petits sont protégés collectivement ; les adultes forment un cercle défensif autour des jeunes.
Chez les loups, la meute est une famille : les jeunes adultes aident à élever les petits, les parents enseignent la chasse et les membres blessés sont nourris.
HIÉRARCHIES SOCIALES ET POLITIQUE ne sont pas absentes chez l'animal.
Ainsi, les chimpanzés fourbissent des alliances politiques, avec manipulations sociales si nécessaires, des réconciliations après conflit, et même des stratégies de domination non violentes. Ces comportements sont décrits dans les études sur les émotions et la conscience animale (royalsocietypublishing.org).
Chez les bonobos, les femelles dominent et les conflits sont apaisés par des interactions sociales. La cohésion du groupe est prioritaire.
SÉDUCTION, ATTACHEMENT ET COMPORTEMENTS AMOUREUX ne sont pas l'apanage des humains, manifestement...
La roue du paon est un signal complexe comportant des éléments de symétrie, de taille, de vibration des plumes et de préférences individuelles des femelles.
Chez les oiseaux chanteurs, les chants sont appris culturellement. Les femelles réagissent émotionnellement à la qualité du chant.
Chez les pingouins, les couples se retrouvent chaque année grâce à des appels uniques. Ils manifestent des comportements de joie lors des retrouvailles.
CE QUI
SEMBLE RÉELLEMENT PROPRE À L’HUMAIN ?
Selon les études scientifiques (Royal Society
Open Science, Affective Science), trois domaines se distinguent :
1️⃣ Le langage symbolique complexe
Aucune espèce ne combine syntaxe, grammaire et
abstraction comme l’humain.
2️⃣ La culture cumulative
Les animaux ont des cultures, mais elles ne
s’accumulent pas sur des siècles.
3️⃣ La pensée abstraite avancée
L’humain excelle dans :
- mathématiques
- philosophie
- art
symbolique
- planification à long terme
Finalement, les animaux ressentent, apprennent, coopèrent,
aiment, pleurent, se réjouissent, se battent, se réconcilient.
Les études scientifiques modernes montrent que leurs émotions sont réelles,
mesurables, et souvent proches des nôtres.
La frontière entre l’humain et l’animal n’est pas
une rupture, mais un continuum évolutif dans lequel les différences ne sont pas de nature mais de degrés.
Il serait peut-être temps de tenir compte de ce que l'on sait maintenant de nos cousins.
Références
- ScienceNewsToday
– The Science of Animal Emotions and Feelings Explained sciencenewstoday.org
- Royal
Society Open Science – Animal emotions and consciousness royalsocietypublishing.org
- Wikipedia
– Emotion in animals Wikipedia
- Affective
Science – Bridging the Gap: Human and Animal Emotions Springer
- Animals
Around the Globe – How Animals Express Emotions Animals Around The Globe
