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Esclavage économique et Code noir

... soit la continuité d’une même logique de déshumanisation.

Alléluia ! Le Code noir va être abrogé en France en 2026 !!!!

On peut dire qu'il n'était de toute façon plus appliqué et que son abrogation n'est qu'une formalité symbolique. Pour autant, l’esclavage n’a jamais disparu - il a changé de forme.

Les travaux juridiques et historiques récents montrent que l’esclavage n’est pas un phénomène révolu.
Les formes contemporaines d’asservissement — travail forcé, servitude domestique, traite humaine, exploitation économique extrême — touchent aujourd’hui près de 46 millions de personnes selon l’ONG Walk Free (estimation 2016) (Mission de recherche Droit et Justice.)

Les chercheurs soulignent une continuité historique entre l’esclavage colonial (notamment celui régi par le Code noir de 1685 promulgué par Louis XIV) et les formes actuelles d’exploitation.
Les ouvrages dirigés par Jean‑François Niort, Olivier Pluen ou Tanguy Le Marc’hadour montrent que l’esclavage colonial reposait sur une logique juridique de réification : faire de l’être humain une propriété, un objet, un capital (OpenEdition Books apu.univ-artois.fr.)

Cette logique n’a pourtant pas disparu : elle s’est déplacée dans les structures économiques mondialisées.

Le Code noir : une anthropologie de l’humain comme “chose”

Les analyses juridiques du Code noir montrent que l’esclave y est défini comme un être juridiquement hybride, à la fois personne et bien meuble.
Cette ambiguïté permettait :

  • de le punir comme un humain,
  • mais de l’exploiter comme un objet économique.

Les historiens du droit parlent d’une “semi‑réification” de l’être humain (Bibliographie numérique d'histoire du droit.)

Le Code noir construit une “autre humanité”, définie comme susceptible d’être mise en esclavage.
Cette altérité est mouvante : elle dépend des besoins économiques, des intérêts coloniaux, des rapports de force géopolitiques (Bibliographie numérique d'histoire du droit.)

Les travaux de Niort et Pluen montrent que l’esclavage colonial n’était pas seulement un système raciste : c’était un système économique, structuré pour maximiser la production sucrière, caféière, cotonnière, etc.
Le droit servait à sécuriser l’investissement et stabiliser la main‑d’œuvre (Mission de recherche Droit et Justice.)

L’esclavage économique contemporain : phénomène massif et globalisé

Les formes modernes d’asservissement — travail forcé, traite, servitude — touchent aujourd’hui des dizaines de millions de personnes dans le monde, selon les estimations internationales reprises par les chercheurs (Mission de recherche Droit et Justice.)

a) Travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement mondialisées

Dans de nombreux secteurs (textile, électronique, agriculture, pêche), des travailleurs sont :

  • endettés,
  • privés de papiers,
  • enfermés dans des contrats coercitifs,
  • soumis à des horaires extrêmes,
  • empêchés de quitter leur emploi.

Ces pratiques sont régulièrement documentées par les ONG et les institutions internationales.

b) Servitude domestique

Dans certains pays du Golfe, mais aussi en Europe, des femmes migrantes sont maintenues dans des conditions proches de l’esclavage : confiscation du passeport, isolement, absence de salaire, violences.

c) Traite sexuelle et exploitation des mineurs

La traite humaine à des fins d’exploitation sexuelle constitue l’une des formes les plus lucratives d’esclavage moderne.

d) Travail forcé dans l’agriculture

Dans plusieurs régions du monde, des travailleurs saisonniers sont soumis à des conditions de travail et de logement indignes, parfois sous la menace de violences.

Les mécanismes sont les mêmes qu’au XVIIe siècle.

Les chercheurs soulignent que les formes contemporaines d’asservissement reposent sur les mêmes logiques que l’esclavage colonial :

  • réduction de l’humain à une ressource économique,
  • contrôle de la mobilité,
  • violence ou menace de violence,
  • dépendance économique organisée,
  • déshumanisation culturelle,
  • profit maximal pour l’exploitant.

Une anthropologie détestable. 

Ce que Code noir et esclavage économique ont en commun :

Une vision utilitariste et instrumentale de l’être humain :

Dans les deux cas, l’humain est réduit à :

  • une force de travail,
  • un capital,
  • un coût,
  • un rendement.

Cette vision est explicitement décrite dans les analyses du Code noir, qui montrent comment le droit colonial organisait la propriété humaine pour des raisons économiques (OpenEdition Books.)

Une anthropologie fondée sur la négation de la liberté

Le Code noir nie explicitement la liberté de l’esclave.
Les formes modernes d’esclavage nient la liberté de manière plus subtile : par la dette, la précarité, la dépendance, la menace, la contrainte économique.

On construit un groupe humain perçu comme :

  • moins digne,
  • moins rationnel,
  • moins “méritant”,
  • moins “libre”.

Cette altérité justifie l’exploitation. 

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Pourquoi la méritocratie et le libre arbitre sont des fictions utiles à l’exploitation

Le matérialisme : l’humain comme produit de déterminations

Dans une perspective matérialiste, l’être humain n’est pas un sujet libre, autonome, auto‑créateur.
Il est le résultat :

  • de déterminations biologiques,
  • sociales,
  • économiques,
  • culturelles,
  • historiques.

Le libre arbitre est une fiction métaphysique sans fondement empirique.

La méritocratie comme idéologie justificatrice qui repose sur l’idée que chacun “mérite” sa position sociale.

Or, si l’on adopte une perspective matérialiste :

  • personne ne choisit son milieu social,
  • personne ne choisit ses capacités initiales,
  • personne ne choisit ses opportunités,
  • personne ne choisit ses déterminants.

La méritocratie sert donc à légitimer les inégalités, comme le Code noir servait à légitimer la propriété humaine.

Pourquoi cette fiction est utile au capitalisme contemporain ?

Le capitalisme mondialisé a besoin :

  • d’une main‑d’œuvre très bon marché,
  • d’une mobilité contrainte,
  • d’une acceptation des inégalités extrêmes.

La fiction du libre arbitre permet de dire :

“S’ils sont pauvres, c’est qu’ils n’ont pas fait les bons choix.”

Exactement comme la fiction raciale du Code noir permettait de dire :

“S’ils sont esclaves, c’est leur nature.”

Dans les deux cas, la fiction sert à masquer les déterminations réelles et à déresponsabiliser les structures économiques.

Conclusion : une même logique, deux époques

L’esclavage colonial et l’esclavage économique contemporain ne sont pas identiques, mais ils reposent sur une même structure anthropologique :

  • réduction de l’humain à un instrument,
  • négation de sa liberté,
  • fabrication d’une altérité exploitable,
  • justification idéologique (race hier, méritocratie aujourd’hui),
  • profit économique comme moteur central.

Les analyses juridiques et historiques montrent que l’esclavage n’a jamais été un accident moral : c’est un dispositif économique, soutenu par une anthropologie dégradante de l’être humain.

Une lecture matérialiste permet de comprendre cette continuité :
si le libre arbitre est une illusion, alors la méritocratie l’est aussi — et les systèmes d’exploitation reposent sur des fictions – plus ou moins conscientes chez les individus et les cultures - destinées à masquer les déterminations réelles.

A quand la fin de l'esclavage économique ?

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Découvrez le sommaire des articles :

👉 Naturalisme Scientifique: ARTICLES (cliquer sur les titres ci-dessous)

  1. Présentation générale (1 et 2)
  2. Libre arbitre : KEZAKO ?
  3. Quelques citations de sceptiques concernant le Libre Arbitre
  4. Philosophie : des questions sans réponses ?
  5. Un Libre Arbitre... nécessaire ?
  6. Peut-on faire... autrement ?
  7. Les hypothèses au fil du Rasoir d'Ockham
  8. Libre Arbitre : une propriété émergente compatible avec la science ?
  9. Penser contre son cerveau
  10. Théorème du Libre Arbitre
  11. Délibération, décision... des preuves de Libre Arbitre ?
  12. Punir, sinon...
  13. Mais alors, sans culpabilité ni punition... que faire ?
  14. Les expertises psychiatriques en justice pénale : un scandale permanent
  15. Limite entre "santé" mentale et "pathologie" mentale
  16. Moi, moi, moi... Ayn Rand, la libertarienne adorée de Trump
  17. La sociologie, poil à gratter politique
  18. L'argument de la conséquence : conséquent ?
  19. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... nous affirme "librement" Sartre
  20. Blog de Blob
  21. L'émergence de LENIA
  22. Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences
  23. La science peut-elle aider à comprendre - voire infléchir - la moralité humaine ?
  24. Le côté obscur du Libre Arbitre
  25. Si un neuroscientifique nie le libre arbitre, comment peut-il rédiger un texte de consentement éclairé volontaire et proposer de le faire signer ?
  26. Le cerveau humain : normal... mais déficient
  27. Un sacré dilemme pour la "Morale"
  28. Fatalisme ? Fatal eror !
  29. Cellule de Mauthner, mouche... et Libre Arbitre
  30. Religions et enfants
  31. Un psychiatre sceptique du Libre Arbitre... à raison
  32. Steven Pinker nous explique le Libre Arbitre... mais mal
  33. Art, créativité, esthétique et naturalisme
  34. Combien de Mondes ? 8 milliards !
  35. Esthétique, éthique et toc (TikTok ?)
  36. Le peuple a-t-il toujours raison en démocratie ?
  37. Injustice, inégalité. Un traitement simple : les probiotiques !
  38. Immigration ? Emigration ? Remigration ?
  39. Sémantique, affects... politiques
  40. Violence, biais de négativité et extrême droite
  41. Changer les mots ou changer la réalité ?
  42. Banalité du mal
  43. Histoire : ni fierté, ni honte
  44. Chaos, entropie, origine de la vie.... et Dieu
  45. Bon Dieu, mais c'est bien sûr !
  46. Séparer l'Homme de l'Œuvre ?
  47. Du pain et des jeux
  48. Wokisme et cancel culture
  49. Ame : la controverse
  50. Corrélation ou causalité : l'embrouille !
  51. Dennet et le compatibilisme
  52. Economistes fous
  53. Autain contre Fourest : me too
  54. Le cas Kane
  55. Rapport XZTF22
  56. Searle, arc en ciel et... Libre Arbitre
  57. Saucisse de Frankfurt et courant alternatif
  58. Peter van Inwagen ne sait pas ce qu’est le Libre Arbitre... mais il y croit ! 
  59. Au royaume des fous furieux 
  60. Dignité humaine
  61. L'humain : un "robot" biologique ?
  62. Libre arbitre et intention
  63. Une Liberté à géométrie variable
  64. Philosophie "expérimentale"
  65. Experts, compétence et idéologie
  66. Dieu est mort... mais le cadavre convulse
  67. Nationalisme versus mondialisme
  68. Neuro... politique
  69. Le corbeau croasse et l'Homme croit
  70. Phénoménologie : une arnaque phénoménale ?
  71. Libet et la liberté (de la volonté) : encore une contrariété !
  72. La démocratie "travaillée" à la tronçonneuse façon Milei !
  73. MISTRAL souffle sur le libre arbitre ontologique... et le fait disparaître !
  74. Vous ne trouvez pas qu'il commence à faire un peu chaud ?
  75. Sophisme, quand tu nous tiens !
  76. Mais comment peut-on être de droite ? 
  77. La République des juges ?
  78. Alors, les religions : bon ou pas bon ?
  79. Pourquoi l’IA est-elle haïe ?
  80. Eliminons ?
  81. Qualia : voilà une question qu'elle est bonne !
  82. Qui mérite quoi ?
  83. Liberté d'expression
  84. Lucrèce : qui dit mieux ? Marc Aurèle ? Spinoza ?
  85. Coopération versus Trahison
  86. La Boussole de la Raison !
  87. Daniel Andler et la tentative de "dissolution" du libre arbitre !
  88. Matérialisme versus naturalisme 
  89. Sapolsky ! Enfin !!!!!!!!!!!!! 
  90. En avoir ou pas... des enfants
  91. Déterminisme ou superdéterminisme ?
  92. Manifeste déterministe et proposition de loi
  93. Sarko en prison ?
  94. Les patrons créent l'emploi ?
  95. Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?
  96. Conception actuelle de la Justice : incohérence à tous les étages !
  97. Morale / géopolitique : une confrontation inévitable ?
  98. Syndrome du hérisson et libre arbitre
  99. Peuple(s) "élu(s)" ?  
  100. Elon Musk : matérialiste ?
  101. Animal et animal... humain 
  102. Je résiste à tout... sauf au Chamallow 
  103. Humanité immature ?
  104. Intelligence collective et libre arbitre individuel
  105. La tentation techno-fasciste
  106. Hubris Urbi et Orbi
  107. Leçon de morale par Dominique de Villepin
  108. Misère de la métaphysique 
  109. Vie personnelle et naturalisme
  110. Entre chèvre et chou 
  111. Refondation de la responsabilité morale et du droit
  112. Toujours plus !
  113. Esclavage économique et Code noir

Présentation générale (1)

L'idéologie - terme bien trop souvent considéré négativement - est à nouveau l'éléphant au milieu de la pièce, notamment dans le contexte géopolitique actuel. 


De fait, entre spiritualisme (idéalisme) et naturalisme (matérialisme), il faut nécessairement "choisir" !
Que ce choix soit pleinement conscient ou non... (voir "MATÉRIALISME ou IDÉALISME" ?)

C'est ce que nous dit d'ailleurs Blaise Pascal, à raison : 

« Le juste est de ne point parier. Mais il faut parier. 
Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. »

Le naturalisme scientifique, également appelé physicalisme ou matérialisme scientifique, est une démarche philosophique - que l'on doit notamment au philosophe David Hume ("Traité de la nature humaine" - 1739*) - qui postule que tous les phénomènes observables dans l'univers, incluant les objets physiques, les propriétés mentales, les processus cognitifs et les expériences subjectives, les interactions sociales etc. peuvent être en principe expliqués exclusivement par des lois naturelles et des processus physico-chimiques (voir l'ouvrage de Daniel Martin).
N.B : le matérialisme du point de vue philosophique n'a rien à voir avec le matérialisme en tant que consumérisme !

Pour le philosophe Miguel Espinoza : 

« Concernant le naturalisme réaliste universel, la nature est un réseau compact de causes multiples et variées »

Autrement dit, rien n'existe hors du cadre de la nature et de la physique (déterministe et indéterminisme quantique), soit une position opposée au spiritualisme ou à l'idéalisme

Comme le souligne Miguel Espinoza, les "concepts" idéalistes (spiritualistes) sont pures folies philosophiques qui avancent des idées aussi absurdes que : 
"Le mouvement n'existe pas ; le monde est un rêve ; le monde est ma sensation ; l'idée de l'homme est plus réel que l'homme concret de chair et d'os ; les objets n'existent que tant que quelqu'un les perçoit ; l'espace et le temps sont des formes pures a priori de la sensibilité ; l'esprit peut exister sans le cerveau ; notre esprit est immortel ; les animaux sont des machines ; notre cerveau-esprit est un ordinateur ; les symboles permettent de construire des mondes ; le Moi Absolu Infini... etc. Quiconque connaît ne serait-ce qu'une partie de l'histoire de la philosophie idéaliste pourra facilement allonger cette liste d'absurdités. Il n'est pas nécessaire d'être Sancho Pança, il suffit d'être raisonnable pour être perplexe. Comment affirmer que le mouvement n'existe pas si pour penser cette proposition il faut une activité neuronale, si, pour l'exprimer à haute voix, il faut bouger la langue ? Si le monde dépend de ma sensation, comment expliquer que les choses existaient avant ma naissance et existaient après ma mort ? Comment croire que l'espace serait une forme pure a priori de ma sensibilité alors même qu'il est la demeure des choses, des animaux et des étoiles ? D'ailleurs, avec des symboles on construit des œuvres d'art, des théories, pas des mondes. Ce qui est paradoxal dans cette situation, c'est que de telles affirmations ont été faites par des personnes intelligentes et cultivées.
La folie philosophique serait-elle essentielle à la condition humaine ?" (Réf.)
Ce qui n'implique pas pour autant une "sacralisation" de la science qui se voudrait la nouvelle religion "positiviste" : la recherche des lois naturelles est laborieuse, exigeante, évolutive... à l'inverse des textes "sacrés" "révélés", datés, contradictoires et figés pour l'éternité... mais riches d'exégèses diverses destinées notamment à atténuer  - à l'aune de notre morale actuelle - les horreurs "divines" des textes fondateurs.

Donc dans la conception philosophique naturaliste (matérialiste), toute action, pensée, intention, sensation etc. est le fruit des déterminations et indéterminations diverses (internes et externes à l'individu), en interactions permanente dans le cadre de la survie (théorie de l'évolution). Ce qui exclut toute possibilité de libre arbitre humain "réel" (ontologique), l'un des sujets les plus prégnants de l'humanité (voir "Libre arbitre : QUEZACO ?")

Et l'on ne peut pas faire l'économie de cette question de fond. Dans la vie quotidienne, il est indispensable de prendre des décisions et d'adopter des positions, même face à des questions complexes. L'hypothèse - de loin la plus crédible - est celle où la sensation de libre arbitre est une émergence de processus déterministes du cerveau, façonnée par l'évolution pour améliorer notre survie et notre capacité à naviguer dans des environnements sociaux complexes. Cette conception matérialiste philosophique et scientifique permet d'expliquer comment nous percevons notre capacité à faire des choix tout en reconnaissant que ces choix sont déterminés par des facteurs génétiques et environnementaux. Cela suggère que, bien que nous ressentions une forme de liberté, celle-ci est en fait encadrée par des déterminismes sous-jacents, connus ou inconnus.

Le "cogito ergo sum" cartésien s'inverse et devient "sum ergo cogito" dans une vision naturaliste scientifique où l'existence est "première" et la pensée un "produit" - une propriété émergente - de l'existence ; non l'inverse. Descartes a séparé l'esprit du corps dans une dualité que scientifiquement plus personne ne reconnaît mais qui reste au cœur du concept de libre arbitre ontologique, alors que pour le Naturalisme Scientifique, tout provient du corps - esprit compris - en interaction avec l'environnement.

Quelle réponse avez-vous à cette question cruciale : comment se fait-il que des spécialistes de tous domaines (philosophie, justice, économie, politique, sciences sociales...), bardés pourtant des mêmes diplômes, en viennent à prononcer des avis contraires, des convictions différentes si un libre arbitre survolait les déterminants de toutes sortes et avait le dernier mot d'un spécialiste à l'autre, indépendamment des diverses déterminations non choisies librement ? Tout le monde devrait être d'accord sur tout si ce libre arbitre était équitablement partagé et tout puissant chez les humains (à l'exceptions des malades mentaux qui n'en auraient plus ?). Et comme personne (ou presque) n'est d'accord avec son voisin, cela reviendrait à penser qu'il existerait autant de "libres arbitres" (LA) que d'individus ? Certains en auraient "beaucoup", d'autres moins... Ce qui, de fait, ressemble fort à un... déterminant ; soit l'inverse du LA qui devrait être la chose la mieux partagée chez l'humain pour les tenants de cette chimère ! 
Un peu comme " l'Esprit SAINT" - censé guider les cardinaux pour le meilleur choix de Pape - et qui leur souffle à l'oreille des noms différents. D'où des fumées noires pendant quelque jours voire semaines... Joueur cet Esprit SAINT ! A moins que ce ne soient les déterminations cardinales différentes qui s'affrontent ? En fait, pas plus que les malades mentaux, les humains "normaux" et les cardinaux n'ont une faculté proprement surnaturelle, Libre Arbitre ou Esprit SAINT, en contradiction frontale avec les lois naturelles qui gouvernent toute matière ; cerveau compris

Cette perspective n'élimine pas pour autant l'importance de la responsabilité et de l'éthique dans nos actions. Au contraire, elle nous pousse à être plus compassionnels et compréhensifs envers les circonstances déterminantes des autres (humains comme animaux), tout en cherchant des moyens d'améliorer l'équité et la justice dans la société.

Au moment historique où se développent des concepts aussi aberrants que celui des vérités alternatives, des post-vérités où chacun s'enferme dans sa bulle de convictions irrationnelles ("grâce" aux réseaux sociaux notamment), la recherche d'un socle commun des réalités semble une nécessité urgente et absolue dans le cadre d'une laïcité étendue et d'un contrat social acceptable par tous. La science s'est construite contre le "sens commun", contre les vérités et idées reçues, mais on n'a toujours pas actualisé le corpus psychologique et intellectuel correspondant. On continue de penser et de parler comme Aristote ! (voir https://www.youtube.com/watch?v=oKUOFUlUTsY).

Soit l'importance d'un universalisme inclusif - qui ne nie pas les identités - mais qui abandonne les énoncés métaphysiques (transcendance / ontologie / qu'est-ce que l'être ? / quelle est la nature de la réalité ? / dieu existe-t-il ? / l'âme est-elle immortelle ? etc.), soit autant d'entités contradictoires, non vérifiables empiriquement dans le cadre de notre vie commune.

Pourrait-on enfin focaliser notre réflexion sur ce que l'on sait plutôt que sur ce que l'on ne sait pasCar le choix entre spiritualisme et matérialisme est tout sauf une discussion de salon en fin de soirée. Les conséquences sont "déterminantes" pour l'humanité et son écosystème à l'heure de la bombe nucléaire, des massacres en tous genres, du "moi d'abord" contre tous les autres.

Nos pires erreurs ne découlent pas de ce que nous ne savons pas, mais de ce que nous sommes persuadés de savoir. Sans omettre le fait qu'une théorie scientifique puisse avoir des conséquences qui choquent nos convictions ou qui contredisent nos valeurs, mais ce n'est pas pour autant une raison suffisante de la rejeter.

"La science n'est pas une illusion... et ce serait une illusion de croire que nous puissions trouver ailleurs ce qu'elle ne peut pas nous donner" (S. Freud)

Ci-dessous un vidéo de Présentation générale (1) suivie  d'une seconde partie (Présentation générale 2) concernant les conséquences sociales, économiques, politiques, judiciaires etc. de cette approche philosophique et scientifique permise par le naturalisme scientifique.

Autre possibilité : voir la chaîne Youtube présentant 9 vidéos.

Bonne lecture !

Cliquer sur le carré en bas à droite de l'écran vidéo 
pour la voir en plein écran



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"Présentation générale 2"
Dans cette vidéo, il sera question des conséquences du Naturalisme Scientifique. 


Si vous souhaitez avoir - en 2 heures - une vision d'ensemble sur ce problème de fond philosophique et scientifique concernant le libre arbitre, voici une vidéo anglophone (traduction française possible). Notons que le terme de responsabilité humaine énoncé dans cette vidéo ne fait pas la distinction, pourtant absolument nécessaire, entre la culpabilité (l'individu pourrait faire "autrement" que ce qu'il fait) et la responsabilité interindividuelle et sociale qui doit être conservée, sans punition (voir Naturalisme Scientifique: Mais alors, sans culpabilité ni punition possible... que faire ?).


Terminons sur une petite note d'humour avec cette vidéo du trop méconnu Didier Bénureau et ses 400.000 francs : une ode à la survie au sens large
Survie qui passe ici par l'accumulation de pâtes en vue de pénuries possibles (guerre etc.) ; rivalités et "distinction" afin de s'extraire de la "masse" en montrant sa supériorité... 
Au delà du sketch, cette survie à tout prix est omniprésente dans les concepts humains de moralité, de justice, de droit, de solidarité, des sciences (biologie et psychologie évolutionnaires, médecine...), des religions (vie éternelle) etc. 
Toute vie humaine (et animale) est peu ou prou centrée sur cette recherche permanente de la survie. 
C'est globalement ce que ce blog tente humblement d'explorer 😇


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Et pour aller plus loin, le livre "La dernière blessure" 
centré sur la notion du libre arbitre (illusoire)... 
en cliquant sur l'image ci-dessous


Toujours plus !

Plus de profits, plus d'inégalités, plus de mépris de ceux qui ont "réussi" envers ceux qui n'ont pas eu les mêmes chances... Et pis, il ne faudrait pas "encore" augmenter les impôts ! Que du beau monde qui sait parfaitement que seuls les "très riches" pesant plus de 100 millions seraient sollicités...

Et puis, il y a Gabriel Zucman, un économiste, professeur à l’École normale supérieure et à l’Université de Berkeley (Californie). Il dirige l’Observatoire européen de la fiscalité. Ses recherches portent sur l’accumulation, la répartition et la taxation des fortunes, dans une perspective historique et mondiale.

Depuis plus de 17 ans son travail consiste à cartographier la richesse, à étudier les paradis fiscaux, à décortiquer les dynamiques d’évasion et de concurrence internationales. Et à essayer d’imaginer de nouvelles formes de coopération, pour une planète plus juste, notamment lors de nombreuses conférences.

Il fait ci-dessous le point sur les tergiversations concernant sa proposition de "taxer" - à raison - les plus riches (100 millions et plus).

"L'emprise des grandes fortunes françaises

Il n’existe aucun sujet de politique économique et sociale où l’on puisse observer un écart aussi béant entre le soutien populaire et la représentation nationale.

Pour comprendre la discussion budgétaire qui se clôt il faut objectiver, avec lucidité et sérénité, une réalité désormais structurante : l’emprise inédite des milliardaires sur la vie démocratique de la nation.

Récapitulons les paramètres de la situation budgétaire de la France, et replaçons-les, pour commencer, dans la longue durée historique.

En 2026, le déficit public va, pour la quatrième année consécutive, atteindre ou dépasser les 5 % du PIB. Il s’agit d’une situation sans précédent : la France n’a jamais connu une succession de déficits aussi élevés hors période de crise économique, de pandémie ou de guerre.

La dette publique va atteindre 118 % du PIB en 2026. Soit le niveau le plus haut depuis la deuxième guerre mondiale, avant cela le premier conflit mondial, et précédemment la Révolution française.

Le pays dans son ensemble ne s’appauvrit pas, loin de là : la hausse de la dette publique a été plus que compensée par l’envolée des patrimoines privés.

Entre 2012 et 2024, alors que la dette publique a augmenté de 1 400 milliards d’euros, le patrimoine total des ménages français a crû de 4 700 milliards d’euros.

Celui des 500 plus grandes fortunes à lui seul a bondi de près de 1 000 milliards d’euros – passant de l’équivalent de 13 % du PIB en 2012 à l’équivalent de 42 % du PIB en 2024.

La hausse de la dette publique, au cours de cette période, a été à peine plus forte que l’augmentation de la fortune de ces centi-millionnaires.


C’est dans ce contexte qu’ont eu lieu les débats budgétaires de 2025. Comment assainir les finances publiques du pays ? Les plus hauts patrimoines pourraient-ils, d’une façon ou d’une autre, y contribuer ?

Les discussions débutèrent en février 2025, quand l’Assemblée nationale adopta une proposition de loi créant un impôt plancher sur les ultra-riches.

Il ne s’agissait pas de taxer l’augmentation de la fortune de ces derniers (ce que la France a fait par le passé, notamment en 1945 avec l’impôt de solidarité nationale qui imposa à 100 % les enrichissements de plus de 5 millions de francs), mais d’une proposition modeste et ciblée :

Soumettre les foyers fiscaux dont la richesse dépasse les 100 millions d’euros à un impôt minimum égal à 2 % de leur patrimoine.

L’objectif étant simplement de s’assurer que les plus grandes fortunes ne puissent pas payer moins d’impôts, proportionnellement à leur revenu, que les autres catégories sociales. Quelqu’un s’acquittant déjà d’un montant d’impôt personnel équivalent à 2 % ou plus de sa richesse n’aurait rien de plus à verser.

La fortune des centi-millionaires avoisinant 40 % du PIB, un impôt égal à 2 % de leur richesse rapporterait à peu près 0,8 % du PIB en recettes fiscales : 40 % fois 2 %. Soit, après déduction des prélèvements déjà acquittés par les contribuables concernés, de l’ordre de 20 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires par an.

Personne ne prétend que ce dispositif puisse à lui seul résoudre nos problèmes de finances publiques. Mais tout le monde comprend qu’il pourrait grandement y contribuer.

Les économistes s’accordent en effet à dire qu’il faut réduire nos déficits publics de 2 à 3 points de PIB pour espérer stabiliser le ratio de dette publique/PIB à moyen terme. Une contribution rapportant 0,8 points de PIB permettrait donc d’accomplir environ un tiers de l’effort nécessaire.

Le gouvernement commença par exprimer son opposition, à l’Assemblée en février puis au Sénat en juin.

Mais reconnaissant la validité du constat au fondement de la proposition d’impôt plancher – soit la facilité avec laquelle les ultra-riches échappent aujourd’hui à l’impôt – la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, indiqua travailler sur une taxe similaire qui serait introduite à l’automne, quoique avec un taux plus faible – 0,5 % au lieu de 2 % – et de nombreuses échappatoires.

Proposition dont on pouvait escompter de l’ordre de 2 milliards d’euros environ. C’était 10 fois moins que l’impôt plancher de 2 % discuté – et alors soutenu par la France – au G20 l’année précédente.

Et pourtant, quand l’automne vint, d’impôt plancher « de Montchalin » il n’y avait point : si 2 % était inacceptable, 0,5 % était encore trop. Le gouvernement avait, durant l’été, fait machine arrière.

À la place, le projet de loi de finances déposé en octobre introduisit un impôt sur le patrimoine des sociétés holdings, dont la caractéristique principale était d’exclure de son assiette l’essentiel du patrimoine des sociétés holdings. N’y étaient soumis ni les actions, ni l’immobilier, ni les investissements dans les start-up. Seules, pour l’essentiel, les liquidités dormantes allaient se voir taxées.

Ce dispositif devait permettre de rapporter 1 milliard d’euros environ, soit 0,03 % du PIB.

C’en était trop pour le Sénat. La coupe était pleine ! Les Sénateurs s’attelèrent à la tâche. Les liquidités furent à leur tour sorties de l’assiette de la taxe sur les holdings, ainsi que les objets d’art ou les bijoux, pour n’y laisser finalement que les chevaux de course, les grands crus et autres « biens somptuaires » logés (aussi étrange que cela puisse paraître) dans des holdings.

La taxe holding ainsi remaniée rapporterait 100 millions d’euros, soit 0,003 % du PIB.

Enfin, cette audace elle-même effraya. Le gouvernement de Sébastien Lecornu reprit en janvier la taxe réécrite par le Sénat dans le budget qu’il fit passer par 49.3. Mais saisi d’effroi, le premier ministre annonça dans la foulée qu’il allait demander au Conseil constitutionnel de s’enquérir de la validité de ce dispositif, qui allait, somme toute, peut-être trop loin.

Derrière cette série de reculades, il est difficile de voir autre chose que l’emprise des grandes fortunes françaises sur la vie politique et démocratique du pays.

Cette emprise s’est manifestée au grand jour à l’automne, quand les médias détenus par les milliardaires (soit 80 % environ de la presse privée) se sont mobilisés contre la proposition d’impôt plancher de 2 %, avec des arguments (« les milliardaires ne peuvent pas payer », « cette taxe mettrait à terre l’économie française », etc.) dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’ont guère brillé par leur pertinence.

Elle s’est donnée à voir quand le Sénat en juin puis l’Assemblée nationale en octobre votèrent contre l’impôt plancher de 2 %, pourtant soutenu par une immense majorité des Français (86 % d’après l’IFOP), dans un front uni allant des représentants du centre à ceux du Rassemblement national.

Il n’existe aucun sujet de politique économique et sociale où l’on puisse observer un écart aussi béant entre le soutien populaire et la représentation nationale.

Mais les renoncements qui s’ensuivirent – et la facilité avec laquelle ces derniers furent acceptés par les différents partis qui entérinèrent le budget – sont tout aussi significatifs.

Car on peut bien sûr débattre de l’impôt plancher à 2 %, envisager des alternatives. Mais comment accepter un budget qui, dans le contexte actuel de dérive budgétaire et d’explosion des plus hauts patrimoines, ne demande pas d’effort à ces derniers ?

C’est le Financial Times lui-même qui écrivait à l’automne ce qu’on ne peut plus lire dans la presse économique hexagonale, désormais entièrement possédée ou presque par les milliardaires, en qualifiant la France de « démocratie sociale sous-financée, croisée avec une oligarchie. »

Les grandes fortunes ont toujours détenu un grand pouvoir, tension fondamentale au cœur de toutes les sociétés démocratiques. Mais avec l’explosion de leur richesse au cours des quinze dernières années, la démultiplication de leurs investissements dans les médias et la mise au pas de ces derniers, la donne a changé. Le fragile équilibre des pouvoirs économiques et politiques de la social-démocratie d’après-guerre s’est effondré.

Comme d’autres pays avant elle, la France est entrée dans l’ère de l’extrême richesse.

Ce déséquilibre se trouve au cœur du blocage budgétaire et du dérapage de nos finances publiques. Il empêche les investissements nécessaires dans l’éducation, l’innovation, la santé, les infrastructures, qui constituent la clé de notre prospérité future. Il alimente une spirale où la richesse achète le pouvoir, qui en retour cimente les fortunes établies. Il vient vicier le fonctionnement de nos marchés, corrompre le jeu démocratique, et nourrir le sentiment d’impuissance qui fait le lit des partis nativistes contemporains.

Il s’agit du problème économique et politique fondamental auquel notre pays est désormais confronté."

A comprendre, méditer et voter en conséquence.

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