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Découvrez le sommaire des articles :

👉 Naturalisme Scientifique: ARTICLES (cliquer sur les titres ci-dessous)

  1. Présentation générale (1 et 2)
  2. Libre arbitre : KEZAKO ?
  3. Quelques citations de sceptiques concernant le Libre Arbitre
  4. Philosophie : des questions sans réponses ?
  5. Un Libre Arbitre... nécessaire ?
  6. Peut-on faire... autrement ?
  7. Les hypothèses au fil du Rasoir d'Ockham
  8. Libre Arbitre : une propriété émergente compatible avec la science ?
  9. Penser contre son cerveau
  10. Théorème du Libre Arbitre
  11. Délibération, décision... des preuves de Libre Arbitre ?
  12. Punir, sinon...
  13. Mais alors, sans culpabilité ni punition... que faire ?
  14. Les expertises psychiatriques en justice pénale : un scandale permanent
  15. Limite entre "santé" mentale et "pathologie" mentale
  16. Moi, moi, moi... Ayn Rand, la libertarienne adorée de Trump
  17. La sociologie, poil à gratter politique
  18. L'argument de la conséquence : conséquent ?
  19. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... nous affirme "librement" Sartre
  20. Blog de Blob
  21. L'émergence de LENIA
  22. Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences
  23. La science peut-elle aider à comprendre - voire infléchir - la moralité humaine ?
  24. Le côté obscur du Libre Arbitre
  25. Si un neuroscientifique nie le libre arbitre, comment peut-il rédiger un texte de consentement éclairé volontaire et proposer de le faire signer ?
  26. Le cerveau humain : normal... mais déficient
  27. Un sacré dilemme pour la "Morale"
  28. Fatalisme ? Fatal eror !
  29. Cellule de Mauthner, mouche... et Libre Arbitre
  30. Religions et enfants
  31. Un psychiatre sceptique du Libre Arbitre... à raison
  32. Steven Pinker nous explique le Libre Arbitre... mais mal
  33. Art, créativité, esthétique et naturalisme
  34. Combien de Mondes ? 8 milliards !
  35. Esthétique, éthique et toc (TikTok ?)
  36. Le peuple a-t-il toujours raison en démocratie ?
  37. Injustice, inégalité. Un traitement simple : les probiotiques !
  38. Immigration ? Emigration ? Remigration ?
  39. Sémantique, affects... politiques
  40. Violence, biais de négativité et extrême droite
  41. Changer les mots ou changer la réalité ?
  42. Banalité du mal
  43. Histoire : ni fierté, ni honte
  44. Chaos, entropie, origine de la vie.... et Dieu
  45. Bon Dieu, mais c'est bien sûr !
  46. Séparer l'Homme de l'Œuvre ?
  47. Du pain et des jeux
  48. Wokisme et cancel culture
  49. Ame : la controverse
  50. Corrélation ou causalité : l'embrouille !
  51. Dennet et le compatibilisme
  52. Economistes fous
  53. Autain contre Fourest : me too
  54. Le cas Kane
  55. Rapport XZTF22
  56. Searle, arc en ciel et... Libre Arbitre
  57. Saucisse de Frankfurt et courant alternatif
  58. Peter van Inwagen ne sait pas ce qu’est le Libre Arbitre... mais il y croit ! 
  59. Au royaume des fous furieux 
  60. Dignité humaine
  61. L'humain : un "robot" biologique ?
  62. Libre arbitre et intention
  63. Une Liberté à géométrie variable
  64. Philosophie "expérimentale"
  65. Experts, compétence et idéologie
  66. Dieu est mort... mais le cadavre convulse
  67. Nationalisme versus mondialisme
  68. Neuro... politique
  69. Le corbeau croasse et l'Homme croit
  70. Phénoménologie : une arnaque phénoménale ?
  71. Libet et la liberté (de la volonté) : encore une contrariété !
  72. La démocratie "travaillée" à la tronçonneuse façon Milei !
  73. MISTRAL souffle sur le libre arbitre ontologique... et le fait disparaître !
  74. Vous ne trouvez pas qu'il commence à faire un peu chaud ?
  75. Sophisme, quand tu nous tiens !
  76. Mais comment peut-on être de droite ? 
  77. La République des juges ?
  78. Alors, les religions : bon ou pas bon ?
  79. Pourquoi l’IA est-elle haïe ?
  80. Eliminons ?
  81. Qualia : voilà une question qu'elle est bonne !
  82. Qui mérite quoi ?
  83. Liberté d'expression
  84. Lucrèce : qui dit mieux ? Marc Aurèle ? Spinoza ?
  85. Coopération versus Trahison
  86. La Boussole de la Raison !
  87. Daniel Andler et la tentative de "dissolution" du libre arbitre !
  88. Matérialisme versus naturalisme 
  89. Sapolsky ! Enfin !!!!!!!!!!!!! 
  90. En avoir ou pas... des enfants
  91. Déterminisme ou superdéterminisme ?
  92. Manifeste déterministe et proposition de loi
  93. Sarko en prison ?
  94. Les patrons créent l'emploi ?
  95. Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?
  96. Conception actuelle de la Justice : incohérence à tous les étages !
  97. Morale / géopolitique : une confrontation inévitable ?
  98. Syndrome du hérisson et libre arbitre
  99. Peuple(s) "élu(s)" ?  
  100. Elon Musk : matérialiste ?
  101. Animal et animal... humain 
  102. Je résiste à tout... sauf au Chamallow 
  103. Humanité immature ?
  104. Intelligence collective et libre arbitre individuel
  105. La tentation techno-fasciste
  106. Hubris Urbi et Orbi
  107. Leçon de morale par Dominique de Villepin
  108. Misère de la métaphysique

Présentation générale (1)

L'idéologie - terme bien trop souvent considéré négativement - est à nouveau l'éléphant au milieu de la pièce, notamment dans le contexte géopolitique actuel. 


De fait, entre spiritualisme (idéalisme) et naturalisme (matérialisme), il faut nécessairement "choisir" !
Que ce choix soit pleinement conscient ou non... (voir "MATÉRIALISME ou IDÉALISME" ?)

C'est ce que nous dit d'ailleurs Blaise Pascal, à raison : 

« Le juste est de ne point parier. Mais il faut parier. 
Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. »

Le naturalisme scientifique, également appelé physicalisme ou matérialisme scientifique, est une démarche philosophique - que l'on doit notamment au philosophe David Hume ("Traité de la nature humaine" - 1739*) - qui postule que tous les phénomènes observables dans l'univers, incluant les objets physiques, les propriétés mentales, les processus cognitifs et les expériences subjectives, les interactions sociales etc. peuvent être en principe expliqués exclusivement par des lois naturelles et des processus physico-chimiques (voir l'ouvrage de Daniel Martin).
N.B : le matérialisme du point de vue philosophique n'a rien à voir avec le matérialisme en tant que consumérisme !

Pour le philosophe Miguel Espinoza : 

« Concernant le naturalisme réaliste universel, la nature est un réseau compact de causes multiples et variées »

Autrement dit, rien n'existe hors du cadre de la nature et de la physique (déterministe et indéterminisme quantique), soit une position opposée au spiritualisme ou à l'idéalisme
Ce qui n'implique pas pour autant une "sacralisation" de la science qui se voudrait la nouvelle religion "positiviste" : la recherche des lois naturelles est laborieuse, exigeante, évolutive... à l'inverse des textes "sacrés" "révélés", datés, contradictoires et figés pour l'éternité... mais riches d'exégèses diverses destinées à atténuer  - à l'aune de notre morale actuelle - les horreurs "divines" des textes fondateurs.

Donc dans la conception philosophique naturaliste (matérialiste), toute action, pensée, intention, sensation etc. est le fruit des déterminations et indéterminations diverses (internes et externes à l'individu), en interactions permanente dans le cadre de la survie (théorie de l'évolution). Ce qui exclut toute possibilité de libre arbitre humain "réel" (ontologique), l'un des sujets les plus prégnants de l'humanité (voir "Libre arbitre : QUEZACO ?")

Et l'on ne peut pas faire l'économie de cette question de fond. Dans la vie quotidienne, il est indispensable de prendre des décisions et d'adopter des positions, même face à des questions complexes. L'hypothèse - de loin la plus crédible - est celle où la sensation de libre arbitre est une émergence de processus déterministes du cerveau, façonnée par l'évolution pour améliorer notre survie et notre capacité à naviguer dans des environnements sociaux complexes. Cette conception philosophique et scientifique permet d'expliquer comment nous percevons notre capacité à faire des choix tout en reconnaissant que ces choix sont déterminés par des facteurs génétiques et environnementaux. Cela suggère que, bien que nous ressentions une forme de liberté, celle-ci est en fait encadrée par des déterminismes sous-jacents, connus ou inconnus.

Le "cogito ergo sum" cartésien s'inverse et devient "sum ergo cogito" dans une vision naturaliste scientifique où l'existence est "première" et la pensée une "produit" - une propriété émergente - de l'existence ; non l'inverse. Descartes a séparé l'esprit du corps dans une dualité que scientifiquement plus personne ne reconnaît mais qui reste au cœur du concept de libre arbitre ontologique, alors que pour le Naturalisme Scientifique, tout provient du corps - esprit compris - en interaction avec l'environnement.

Quelle réponse avez-vous à cette question cruciale : comment se fait-il que des spécialistes de tous domaines (philosophie, justice, économie, politique, sciences sociales...), bardés pourtant des mêmes diplômes, en viennent à prononcer des avis contraires, des convictions différentes si un libre arbitre survolait les déterminants de toutes sortes et avait le dernier mot d'un spécialiste à l'autre, indépendamment des diverses déterminations non choisies librement ? Tout le monde devrait être d'accord sur tout si ce libre arbitre était équitablement partagé et tout puissant chez les humains (à l'exceptions des malades mentaux qui n'en auraient plus ?). Et comme personne (ou presque) n'est d'accord avec son voisin, cela reviendrait à penser qu'il existerait autant de "libres arbitres" (LA) que d'individus ? Certains en auraient "beaucoup", d'autres moins... Ce qui, de fait, ressemble fort à un... déterminant ; soit l'inverse du LA ! 
Un peu comme " l'Esprit SAINT" - censé guider les cardinaux pour le meilleur choix de Pape - et qui leur souffle à l'oreille des noms différents. D'où des fumées noires pendant quelque temps... Joueur cet Esprit SAINT ! A moins que ce ne soient les déterminations cardinales différentes qui s'affrontent ? En fait, pas plus que les malades mentaux, les humains "normaux" et les cardinaux n'ont une faculté proprement surnaturelle, Libre Arbitre ou Esprit SAINT, en contradiction frontale avec les lois naturelles qui gouvernent toute matière ; cerveau compris

Cette perspective n'élimine pas pour autant l'importance de la responsabilité et de l'éthique dans nos actions. Au contraire, elle nous pousse à être plus compassionnels et compréhensifs envers les circonstances déterminantes des autres (humains comme animaux), tout en cherchant des moyens d'améliorer l'équité et la justice dans la société.

Au moment historique où se développent des concepts aussi aberrants que celui des vérités alternatives, des post-vérités où chacun s'enferme dans sa bulle de convictions irrationnelles ("grâce" aux réseaux sociaux notamment), la recherche d'un socle commun des réalités semble une nécessité urgente et absolue dans le cadre d'une laïcité étendue et d'un contrat social acceptable par tous. 

Soit un universalisme inclusif - qui ne nie pas les identités - mais qui abandonne les énoncés métaphysiques (transcendance / ontologie / qu'est-ce que l'être ? / quelle est la nature de la réalité ? / dieu existe-t-il ? / l'âme est-elle immortelle ? etc.) dépourvus de sens et non vérifiables empiriquement. 

Pourrait-on enfin focaliser notre réflexion sur ce que l'on sait plutôt que sur ce que l'on ne sait pasCar le choix entre spiritualisme et matérialisme est tout sauf une discussion de salon en fin de soirée. Les conséquences sont "déterminantes" pour l'humanité et son écosystème à l'heure de la bombe nucléaire, des massacres en tous genres, du "moi d'abord" contre tous les autres.

Nos pires erreurs ne découlent pas de ce que nous ne savons pas, mais de ce que nous sommes persuadés de savoir. Sans omettre le fait qu'une théorie scientifique puisse avoir des conséquences qui choquent nos convictions ou qui contredisent nos valeurs, mais ce n'est pas pour autant une raison suffisante de la rejeter.

"La science n'est pas une illusion... et ce serait une illusion de croire que nous puissions trouver ailleurs ce qu'elle ne peut pas nous donner" (S. Freud)

Ci-dessous un vidéo de Présentation générale (1) suivie  d'une seconde partie (Présentation générale 2) concernant les conséquences sociales, économiques, politiques, judiciaires etc. de cette approche philosophique et scientifique permise par le naturalisme scientifique.

Autre possibilité : voir la chaîne Youtube présentant 9 vidéos.

Bonne lecture !

Cliquer sur le carré en bas à droite de l'écran vidéo 
pour la voir en plein écran



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"Présentation générale 2"
Dans cette vidéo, il sera question des conséquences du Naturalisme Scientifique. 


Si vous souhaitez avoir - en 2 heures - une vision d'ensemble sur ce problème de fond philosophique et scientifique concernant le libre arbitre, voici une vidéo anglophone (traduction française possible). Notons que le terme de responsabilité humaine énoncé dans cette vidéo ne fait pas la distinction, pourtant absolument nécessaire, entre la culpabilité (l'individu pourrait faire "autrement" que ce qu'il fait) et la responsabilité interindividuelle et sociale qui doit être conservée, sans punition (voir Naturalisme Scientifique: Mais alors, sans culpabilité ni punition possible... que faire ?).


Terminons sur une petite note d'humour avec cette vidéo du trop méconnu Didier Bénureau et ses 400.000 francs : une ode à la survie au sens large
Survie qui passe ici par l'accumulation de pâtes en vue de pénuries possibles (guerre etc.) ; rivalités et "distinction" afin de s'extraire de la "masse" en montrant sa supériorité... 
Au delà du sketch, cette survie à tout prix est omniprésente dans les concepts humains de moralité, de justice, de droit, de solidarité, des sciences (biologie et psychologie évolutionnaires, médecine...), des religions (vie éternelle) etc. 
Toute vie humaine (et animale) est peu ou prou centrée sur cette recherche permanente de la survie. 
C'est globalement ce que ce blog tente humblement d'explorer 😇


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Et pour aller plus loin, le livre "La dernière blessure" 
centré sur la notion du libre arbitre (illusoire)... 
en cliquant sur l'image ci-dessous


Misère de la métaphysique

... ou quand l’Éther se prend les pieds dans le tapis

Quelques définitions outragement simples :

  • La Physique décrit comment le monde fonctionne.
  • La Métaphysique interroge ce que signifie “avoir un monde qui fonctionne ainsi”.
  • L'Ether a été postulé par des scientifiques comme un milieu invisible remplissant tout l'espace (concept métaphysique devenu scientifique), puis finalement écarté lorsque la physique a montré qu’il n’était plus nécessaire.

Pendant des millénaires, la métaphysique s’est montrée dans les salons de l’esprit dans une toge d’invisibilité, prétendant expliquer le « pourquoi » alors que la science devait se contentait du laborieux « comment ».

Mais aujourd'hui, le constat est plutôt cruel : face à la solidité de l’atome et la rigueur des lois de la nature, la métaphysique ressemble de plus en plus à un invité qui refuse de partir alors que la fête est finie et les lumières éteintes.

La métaphysique, c’est le vertige du rien parfaitement emballé. C'est l'art de chercher un chat noir dans une pièce sombre où il n'y a pas de chat, et de s'écrier : « Je l'ai attrapé ! ». Là où le naturalisme scientifique s'appuie sur des faits observables, la métaphysique survit grâce à l'élasticité protéiforme de son vocabulaire.

Comme le notait le philosophe David Hume dans son Enquête sur l'entendement humain (1748) :

« Si nous prenons en main un volume quelconque, de théologie ou de métaphysique scolaire, par exemple, demandons-nous : Contient-il des raisonnements abstraits sur la quantité ou le nombre ? Non. Contient-il des raisonnements expérimentaux sur des questions de fait et d'existence ? Non. Alors, confiez-le aux flammes, car il ne peut contenir que sophistique et illusion. » (Enquête sur l'entendement humain -1748)

Si l’on ne peut ni mesurer, ni tester les hypothèses contradictoires de la métaphysique, c'est probablement de la poésie qui s'ignore. On ne peut rien en déduire concernant les conduites humaines souhaitables ; ce qui n’empêche nullement de faire par ailleurs de la poésie.

La science est un bulldozer lancé contre l'immatériel. Le problème du métaphysicien est que son terrain de jeu rétrécit à mesure que le télescope s'allonge. On croyait en une « âme » d’essence divine, positionnée dans la glande pinéale selon Descartes (?) et, qui plus est, immortelle. Cette illusion métaphysique n’est plus de mise dans le monde scientifique actuel qui s’intéresse plutôt aux circuits neuronaux. Comme d’habitude dans ce type d’évolution de la pensée, l’âme a disparu au profit des « qualia » (voir Une question qu'elle est bonne), un nouveau sujet de discussions métaphysiques à perte de vue.

Le naturalisme scientifique n'a pas besoin de « cause première » ou de « moteur immobile » pour faire tourner l’univers. Friedrich Nietzsche résumait ainsi la chose (Humain, trop humain) :

« On a toujours besoin de la métaphysique pour le monde de l'apparence, mais dès qu'on s'occupe de la réalité, elle devient un luxe inutile. »

Le scepticisme moderne, porté par le Cercle de Vienne, a porté l'estocade qui se voulait finale en suggérant que les questions métaphysiques ne sont pas fausses, elles sont juste dénuées de sens


Le philosophe analytique Rudolf Carnap
 (ci-dessus) comparait les métaphysiciens à des « musiciens sans talent musical ». Ils essaient d'exprimer une émotion face à la vie, mais au lieu de composer une symphonie, ils créent des théories qui ne font que ressembler à de la connaissance. Selon Carnap, affirmer que « l'Absolu est inconditionné » revient à dire « Bloup est gloup » : c'est grammaticalement correct, mais ça n'aide pas à comprendre quoi que ce soit.

 La métaphysique a pourtant eu son utilité : elle a gardé la place chaude en attendant que la méthode scientifique - fille de la philosophie - arrive avec sa boîte à outils. Mais aujourd'hui, persister à vouloir expliquer l'univers par la seule force de la pensée pure, c'est un peu comme essayer de ralentir la course de la lune en la regardant fixement.

Les lois de la nature n'ont pas besoin d’une « Essence » pour fonctionner ; elles se contentent de leur efficacité brute. La métaphysique peut être consolation, un joli conte de fées pour adultes qui ont peur du vide, voire un prolongement de la métaphysique du Père Noël… Mais face au réel, réfléchir à partir de ce que l’on sait (sciences / naturalisme scientifique) semble plus pertinent, plus rationnel et plus efficace que de réfléchir à partir de ce que l’on ne sait pas (métaphysique / spiritualisme ou idéalisme).

Préparez-vous : c'est le moment où l'on explique au scientifique que son microscope est lui-même une construction mentale. Si la science est un bulldozer, la métaphysique est le sol sur lequel il roule. Sans elle, le conducteur ne sait même pas s'il existe, ni si le béton est bien « réel ». La première riposte des métaphysiciens est un retour à l'envoyeur. Le naturaliste affirme : "Seules les propositions vérifiables par l'expérience ont un sens"Problème : Cette phrase elle-même n'est pas vérifiable par l'expérience ! C'est donc bien une position métaphysique !

Comme le souligne Karl Popper :

« Le scientisme est la croyance dogmatique en l'autorité de la méthode scientifique. Or, cette croyance ne peut pas être prouvée par la méthode scientifique elle-même. »

Idée que l’on pourrait - un peu sauvagement certes - rapprocher des théorèmes de Kurt Gödel concernant la logique mathématique. Karl et Kurt soulignent ici une limite fondamentale : un système ne peut pas valider ses propres fondements. En clair : le naturalisme serait une métaphysique qui a honte d'elle-même. C'est un club privé qui décrète que seuls les membres du club ont le droit de parler de la réalité. Le scientifique observe des lois. Mais pourquoi ces lois sont-elles là ? La science décrit les régularités, mais elle est muette sur la provenance et la nécessité de ces lois.

C'est ici que Gottfried Wilhelm Leibniz surgit de sa tombe avec sa terrible question :

« Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

Le naturaliste répond généralement par un haussement d'épaules ou en parlant de "fluctuations quantiques du vide". Ce à quoi le métaphysicien rétorque : « Très bien, et d'où viennent les lois qui régissent vos fluctuations ? ». C'est le jeu du "Pourquoi ?" infini, où la métaphysique semble gagner quelques points par lassitude de l'adversaire scientifique.

La métaphysique jubile en avançant que l’on peut scanner un cerveau sous toutes les coutures, identifier chaque neurone qui s'allume quand vous mangez une fraise, on n'aura jamais l'explication de l'effet que cela fait (qualia) de manger une fraise. C'est ce que le philosophe David Chalmers appelle le « problème difficile de la conscience » ("Hard Problem"). La science explique les fonctions, mais elle bégaye devant l'expérience subjective. Vous pouvez connaître toute la neurobiologie de la douleur, vous n'avez toujours pas expliqué pourquoi "elle fait mal".
Pour le métaphysicien, le naturalisme est comme un aveugle qui expliquerait la théorie des couleurs avec des équations : il a la structure, mais il lui manque l'essence, l’explication des « qualia ». Le problème est que la métaphysique n’explique pas pour autant les qualia qu’elle oppose au naturalisme scientifique. Match nul sur ce sujet précis, à moins que la science – et surement pas la vieille métaphysique – ne résolve ce problème dans les années à venir… avec ou sans IA.

Il a semblé un moment que la mécanique quantique et ses découvertes ébouriffantes pourraient remettre en selle les conjectures métaphysiques tous azimuts. Par exemple le fait que l'observateur n'est plus extérieur à l'expérience : l'acte de regarder (mesurer) fait s'effondrer la "fonction d'onde" et détermine l'état de la particule. Pour résoudre certains paradoxes, des physiciens sérieux suggèrent que lors d'un événement quantique, l'univers se sépare littéralement en autant de branches qu'il y a de résultats possibles (Everett et ses "mondes multiples") ou la théorie des cordes - qui nécessite 10 ou 11 dimensions - servent de base scientifique pour justifier l'existence de "plans vibratoires", de "vies antérieures" ou de "réalités alternatives". L’intrication « instantanée », magique des particules quantiques a fait rêver nombres de philosophes métaphysiciens, jusqu’à une étude récente montrant que l’intrication n’avait rien d’instantanée mais nécessitait un temps de 232 attosecondes. Patatras. Mais nul doute que ce résultat va produire de nouvelles hypothèses métaphysiques : c'est la preuve que "l'Unité du monde" n'est pas une simple formule, mais un mécanisme dont on vient enfin de chronométrer le premier battement de cœur ! Et pourquoi pas une conscience cosmique, soit un anthropomorphisme ultime de notre hubris humain proprement infini.

Hypothèses intéressantes mais de simples suggestions/hypothèses, sans preuve à ce jour. Des escrocs en sont à vendre des traitements « médicaux » quantiques - sans aucune preuve - alors que toutes les IRM du monde utilisent effectivement les lois quantiques avec le plus grand des succès. Si la physique quantique décrit des états mathématiques à l'échelle de l'atome, transposer ces lois à l'échelle humaine (vie quotidienne, sentiments, destin…) est un saut que la science ne valide pas, mais que la métaphysique adore franchir.

La science comme eau de jouvence pour rajeunir les vieux délires métaphysiques ?

Au final, la métaphysique se défend comme elle peut en rappelant que la science est une île de certitudes flottant sur un océan d'invérifiable - ou plutôt d'invérifié pour le moment. La métaphysique ne gagne pas le match mais tente de contenir la science qui - il est vrai - ressemble plus à une quête sans fin qu'une église de la Vérité définitive.

Les "choses en soi" existent peut-être / probablement, mais sont inconnaissables pour notre cerveau non encore augmenté... Restent les relations d'apparence causale qui disent que la pierre qui tombe sur mes pieds pourrait bien faire mal. La science quoi ! Les reste est une machine a faire du brouillard psychique qui entretient la punition, les injustices, la méritocratie, la violence et autres passions tristes.

Si vous avez quelques envies de cohérence, il vous faut bien choisir !


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Leçon de morale par Dominique de Villepin

Dominique de Villepin, que l'on doit toujours remercier pour son opposition à la participation de la France dans la guerre en Irak, parle assez peu de sa conviction spiritualiste chrétienne catholique...

... excepté dans cette vidéo cathodique où il est censée lire l'évangile de St Jean afin de nous éclairer moralement. 

Vidéo à voir, mais qui mérite cependant quelques commentaires à suivre :

La femme, adultère, a "péché" et donc commis un crime majeur en ces temps reculés ; elle doit être lapidée. On ne sait si l'homme qui a tout aussi bien fauté avec cette "pécheresse" a subi une quelconque sanction. On ne sait pas non plus si le mari frappait son épouse, ce qui pourrait être une excellente raison d'aller voir ailleurs. Rappelons au passage que depuis la réforme du 11 juillet 1975 (c'est hier), l’adultère n’est plus une infraction pénale en France. Il n’expose donc plus à aucune amende ni peine de prison.

Bref. 

Celui qu'on appelle Christ "pardonne" ce "crime" sans autre forme de procès et conseille à la possédée du diable (probablement) de ne pas recommencer après avoir pris le soin d'éliminer la foule lapidatrice : "Que celui qui n'a jamais péché lance la première pierre". Comme l'éventail des péchés chrétiens va de la gourmandise (péché véniel) au meurtre (péché mortel), il est clair que chacun se sent concerné et va quitter la scène. J'aurais moi-même fui, bien conscient de mon penchant certain pour la pâte à tartiner chocolat-noisette. 

Quelle morale peut-on bien tirer de cette histoire ? La "générosité" d'un Christ qui laisse partir celle qui a commis un crime ? Et seulement qu'elle ne recommence pas ? 
Si l'on actualise la notion de crime, que dirait-on de nos jours d'une meurtrière qui est absoute de son crime, sans procès, la laissant vaquer à ses occupations alors qu'une récidive est possible (troubles mentaux...) ? Nul doute que la très chrétienne chaîne CNEWS ferait de ce scandale ses choux gras pendant une bonne semaine, reniant ainsi la parole de leur Christ adoré. 
Belle morale relatée par l'apôtre Jean... quand l'apôtre "par vocation" Paul nous parle de la sienne que D. de Villepin ne connaît sans doute pas, à moins qu'il ne fasse un tri sélectif à dessein : 
"Ne savez‑vous pas que les injustes n’hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les dépravés, ni les hommes qui couchent avec des hommes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les insulteurs, ni les rapaces n’hériteront du Royaume de Dieu."
Pour Paul, l'enfer est fait pour eux, probablement.

Pourquoi D. de Villepin se croit devoir faire un détour christique des plus anachroniques pour prôner quelques valeurs du moment, dont certaines traversent les siècles, et d'autres non ?
Dans une perspective naturaliste scientifique, les valeurs ne tombent pas du ciel. Elles émergent de processus biologiques, évolutionnaires, psychologiques et sociaux. Les sociétés humaines qui coopèrent mieux survivent mieux. Ce qui favorise l’émergence de valeurs comme : la justice (éviter les conflits internes), l’équité (maintenir la cohésion), la réciprocité (encourager l’entraide), la bienveillance (renforcer les liens sociaux) Ce sont toutes des stratégies adaptatives.
En particulier, les neurosciences montrent que l’empathie repose sur des circuits neuronaux anciens (neurones miroirs, cortex préfrontal, amygdale). La bienveillance n’est donc pas un “choix moral arbitraire”, mais un produit de notre architecture cognitive bien antérieur à toutes les religions.
Et quand les sociétés deviennent plus grandes et plus complexes, les règles doivent devenir impersonnelles, universelles et prévisibles. C’est le terreau de la justice, du droit, et plus tard de la démocratie.

Que D. de Villepin s'inquiète - à juste titre - de la tendance actuelle aux conflits, rapports de force, mépris des autres, prédations diverses, retour des empires et autres creux de nos civilisations etc., recourir à la parole "divine" ne fait que s'attirer quelques faveurs de bigots plus ou moins éclairés (illuminés ?). C'est ce que fait Trump. Utiliser un texte religieux pour justifier des positions politiques ne fait que brouiller les lignes entre conviction personnelle et argumentation universalisable. 

Y aurait-il une présidentielle en vue ? 

Dans ce cas, c'est un très mauvais calcul.

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Hubris Urbi et Orbi

 Essai naturaliste sur la suprématie intra‑humaine (Urbi) et extra‑humaine (Orbi).

L’humanité se caractérise par une tension permanente entre coopération et domination. À l’échelle individuelle comme à l’échelle de l’espèce, l’humain manifeste une tendance profonde à se percevoir comme supérieur aux autres humains (Urbi) et au reste du vivant (Orbi). 

Cette double dynamique, enracinée dans l’évolution biologique et amplifiée par les constructions culturelles, constitue ce que l’on peut appeler une hubris humaine.
Cet article explore les fondements biologiques, psychologiques et anthropologiques de cette hubris, ses conséquences vitales pour l’espèce, et les voies possibles pour en sortir dans le cadre du naturalisme scientifique.

1. URBI

En dehors de pathologies psychiques telles que la dépression ou une faible estime de soi, la plupart des individus se perçoivent comme au‑dessus de la moyenne, un phénomène bien documenté en psychologie cognitive sous le nom d’effet de supériorité illusoire.
Ce biais est observé dans de nombreuses cultures et pour de multiples domaines : intelligence, moralité, compétences sociales, conduite automobile, etc.

Une étude fondatrice (Svenson - 1981) montre que 93 % des conducteurs américains se jugent “au‑dessus de la moyenne”Dunning & Kruger (1999) démontrent que même les moins compétents surestiment massivement leurs capacités.

Ce biais n’est pas un accident psychologique : il est biologiquement enracinéLes travaux d’éthologie et de psychologie évolutionniste montrent que l’humain, comme de nombreuses espèces sociales, est programmé pour défendre son statut, maximiser son influence, imposer ses représentations et dominer les ressources symboliques et matérielles.

Il en est de même dans les sociétés animales où le statut social influence l’accès à la nourriture, l’accès aux partenaires reproductifs, la protection du groupe et la survie des descendants.

Chez l’humain, ces mécanismes se sont certes complexifiés mais restent très actifs.
Les neurosciences montrent que la dopamine augmente lors d’un gain de statut, et diminue lors d’une perte (Zink et al., 2008). 
L’humain ne se contente pas de dominer physiquement : il cherche à imposer ses idées, car les idées - comme la culture humaine en général ("mêmes") - sont devenues des données évolutives au même titre que les mutations biologiques. Ainsi, les religions fonctionnent comme des systèmes de cohésion et de contrôle social (Durkheim). Les idéologies politiques structurent les rapports de force (Weber). Les philosophies deviennent des marqueurs de distinction (Bourdieu) et la question du lien entre distinction et hiérarchie sociale est l’un des nœuds centraux de la sociologie moderne. Elle touche à la fois à la manière dont les individus se positionnent les uns par rapport aux autres (Urbi) et à la manière dont les sociétés structurent ces positions.

Ce lien est profond, réciproque et souvent invisible. On peut le comprendre en trois niveaux : symbolique, matériel, et biologique‑évolutionnaire. La distinction n’est pas un simple goût personnel : c’est un outil de classement social. Les individus adoptent des pratiques (culturelles, langagières, esthétiques, alimentaires) ; ces pratiques signalent une position sociale ; ces signaux créent des frontières symboliques ; ces frontières deviennent des hiérarchies apparemment "légitimes". Autrement dit, la distinction "fabrique" la hiérarchie en donnant l’impression que certaines manières d’être sont “naturellement” supérieures :


Ces choix ne sont pas neutres : ce sont des marqueurs de classe.

La relation fonctionne aussi dans l’autre sens.
Les hiérarchies sociales préexistantes — économiques, politiques, éducatives — produisent des distinctions : l
es classes dominantes disposent de ressources pour imposer leurs goûts comme “normes” ; les classes dominées intériorisent ces normes comme légitimes ; les institutions (école, médias, culture) reproduisent ces hiérarchies.

Ainsi, la hiérarchie sociale produit la distinction en donnant aux pratiques dominantes un prestige particulier que les classes dites inférieures chercheront à imiter.

La violence symbolique ou physique qui en découle est donc un produit dérivé de la compétition intra‑humaine avec des conflits idéologiques, religieux, politiques ; une polarisation sociale ; des guerres ; une manipulation cognitive généralisée (propagande, réseaux sociaux) ; l'effondrement de la coopération globale qui semblait être le phare d'une mondialisation heureuse.

2. ORBI

Depuis Homo sapiens, mais surtout depuis la révolution néolithique, l’humain s’est progressivement extrait du reste du vivant. L’idée que l’humain est “maître et possesseur de la nature” (Descartes, mais globalement toutes les religions avec quelques exceptions) a servi de fondement à la domination systématique des animaux, des végétaux et des écosystèmes.

L’élevage intensif concerne aujourd’hui plus de 80 milliards d’animaux terrestres par an (FAO). La pêche industrielle vide les océans : 90 % des stocks sont surexploités ou pleinement exploités (ONU, 2022).

Les déforestation massive (10 millions d’hectares par an - FAO, 2020) et la monoculture détruisant la biodiversité et les sols.

L’humain traite la nature comme un décor ou un réservoir inépuisable, ce qui conduit à l'effondrement de la biodiversité, au dérèglement climatique, à la pollution généralisée, à l'augmentation des risques sanitaires (zoonoses / pandémies), à des crises alimentaires, etc. 

Le cerveau humain : un outil de prédation totale

L’évolution a doté Homo sapiens d’un cerveau hyper‑social, hyper‑coopératif, hyper‑stratégique... et hyper‑prédateur. Cette combinaison a permis une domination sans précédent du vivant.

MAIS, ce qui fut probablement un avantage évolutif devient aujourd’hui un risque vital :

  • destruction des conditions de survie de l’espèce ;
  • effondrement des chaînes trophiques (séquence linéaire d'organismes à travers lesquels passent les nutriments et l'énergie lorsqu'un organisme en consomme un autre) ;
  • instabilité climatique ;
  • raréfaction des ressources essentielles (eau, sols, pollinisateurs).

L’hubris humaine est auto‑destructrice.


Comment en sortir ?

Le naturalisme scientifique ne propose pas de morale transcendante, mais une compréhension naturaliste (matérialiste) des comportements humains.
Cette compréhension permet d’agir sur les causes plutôt que sur les symptômes 
et en premier lieu, de reconnaître les déterminismes biologiques (biais cognitifs - Kahneman) et les mécanismes de domination en intégrant les limites de la cognition humaine.

Puis développer une éthique naturaliste inspirée de Spinoza (éthique sans transcendance), Darwin (continuité animal-homme), Jonas (principe de responsabilité), Singer (considération morale élargie)...

Pour ensuite réformer les institutions humaines : éducation à la pensée critique, réduction des incitations à la domination économique et politique, gouvernance écologique fondée sur les données scientifiques, protection juridique du vivant (écocide, droits des écosystèmes).

Et finalement repenser la place de l’humain dans le vivant :

  • reconnaître l’humain comme espèce parmi les espèces
  • développer une écologie comportementale humaine
  • intégrer les limites planétaires (Rockström et al., 2009)

L’hubris humaine, qu’elle s’exerce Urbi (contre les autres humains) ou Orbi (contre le reste du vivant), est bien le produit d’une longue histoire évolutive.
Mais ce qui fut un avantage adaptatif devient aujourd’hui une menace existentielle sous l'influence délétère des nouveaux impérialismes dotés de l'arme nucléaire. 

Peut-être faudrait-il rappeler à tous nos Césars contemporains les propos de l'esclave qui se tenait aux côtés du général victorieux lors de son triomphe afin de lui rappeler sa condition de mortel (Memento mori).


Le naturalisme scientifique offre une voie de sortie : comprendre nos déterminations pour mieux les dépasser, et réinscrire l’humanité dans la continuité du vivant plutôt que dans sa domination. 
Une responsabilité pour chacun d'entre nous !

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