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Découvrez le sommaire des articles :

👉 Naturalisme Scientifique: ARTICLES (cliquer sur les titres ci-dessous)

  1. Présentation générale (1 et 2)
  2. Libre arbitre : KEZAKO ?
  3. Quelques citations de sceptiques concernant le Libre Arbitre
  4. Philosophie : des questions sans réponses ?
  5. Un Libre Arbitre... nécessaire ?
  6. Peut-on faire... autrement ?
  7. Les hypothèses au fil du Rasoir d'Ockham
  8. Libre Arbitre : une propriété émergente compatible avec la science ?
  9. Penser contre son cerveau
  10. Théorème du Libre Arbitre
  11. Délibération, décision... des preuves de Libre Arbitre ?
  12. Punir, sinon...
  13. Mais alors, sans culpabilité ni punition... que faire ?
  14. Les expertises psychiatriques en justice pénale : un scandale permanent
  15. Limite entre "santé" mentale et "pathologie" mentale
  16. Moi, moi, moi... Ayn Rand, la libertarienne adorée de Trump
  17. La sociologie, poil à gratter politique
  18. L'argument de la conséquence : conséquent ?
  19. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... nous affirme "librement" Sartre
  20. Blog de Blob
  21. L'émergence de LENIA
  22. Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences
  23. La science peut-elle aider à comprendre - voire infléchir - la moralité humaine ?
  24. Le côté obscur du Libre Arbitre
  25. Si un neuroscientifique nie le libre arbitre, comment peut-il rédiger un texte de consentement éclairé volontaire et proposer de le faire signer ?
  26. Le cerveau humain : normal... mais déficient
  27. Un sacré dilemme pour la "Morale"
  28. Fatalisme ? Fatal eror !
  29. Cellule de Mauthner, mouche... et Libre Arbitre
  30. Religions et enfants
  31. Un psychiatre sceptique du Libre Arbitre... à raison
  32. Steven Pinker nous explique le Libre Arbitre... mais mal
  33. Art, créativité, esthétique et naturalisme
  34. Combien de Mondes ? 8 milliards !
  35. Esthétique, éthique et toc (TikTok ?)
  36. Le peuple a-t-il toujours raison en démocratie ?
  37. Injustice, inégalité. Un traitement simple : les probiotiques !
  38. Immigration ? Emigration ? Remigration ?
  39. Sémantique, affects... politiques
  40. Violence, biais de négativité et extrême droite
  41. Changer les mots ou changer la réalité ?
  42. Banalité du mal
  43. Histoire : ni fierté, ni honte
  44. Chaos, entropie, origine de la vie.... et Dieu
  45. Bon Dieu, mais c'est bien sûr !
  46. Séparer l'Homme de l'Œuvre ?
  47. Du pain et des jeux
  48. Wokisme et cancel culture
  49. Ame : la controverse
  50. Corrélation ou causalité : l'embrouille !
  51. Dennet et le compatibilisme
  52. Economistes fous
  53. Autain contre Fourest : me too
  54. Le cas Kane
  55. Rapport XZTF22
  56. Searle, arc en ciel et... Libre Arbitre
  57. Saucisse de Frankfurt et courant alternatif
  58. Peter van Inwagen ne sait pas ce qu’est le Libre Arbitre... mais il y croit ! 
  59. Au royaume des fous furieux 
  60. Dignité humaine
  61. L'humain : un "robot" biologique ?
  62. Libre arbitre et intention
  63. Une Liberté à géométrie variable
  64. Philosophie "expérimentale"
  65. Experts, compétence et idéologie
  66. Dieu est mort... mais le cadavre convulse
  67. Nationalisme versus mondialisme
  68. Neuro... politique
  69. Le corbeau croasse et l'Homme croit
  70. Phénoménologie : une arnaque phénoménale ?
  71. Libet et la liberté (de la volonté) : encore une contrariété !
  72. La démocratie "travaillée" à la tronçonneuse façon Milei !
  73. MISTRAL souffle sur le libre arbitre ontologique... et le fait disparaître !
  74. Vous ne trouvez pas qu'il commence à faire un peu chaud ?
  75. Sophisme, quand tu nous tiens !
  76. Mais comment peut-on être de droite ? 
  77. La République des juges ?
  78. Alors, les religions : bon ou pas bon ?
  79. Pourquoi l’IA est-elle haïe ?
  80. Eliminons ?
  81. Qualia : voilà une question qu'elle est bonne !
  82. Qui mérite quoi ?
  83. Liberté d'expression
  84. Lucrèce : qui dit mieux ? Marc Aurèle ? Spinoza ?
  85. Coopération versus Trahison
  86. La Boussole de la Raison !
  87. Daniel Andler et la tentative de "dissolution" du libre arbitre !
  88. Matérialisme versus naturalisme 
  89. Sapolsky ! Enfin !!!!!!!!!!!!! 
  90. En avoir ou pas... des enfants
  91. Déterminisme ou superdéterminisme ?
  92. Manifeste déterministe et proposition de loi
  93. Sarko en prison ?
  94. Les patrons créent l'emploi ?
  95. Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?
  96. Conception actuelle de la Justice : incohérence à tous les étages !
  97. Morale / géopolitique : une confrontation inévitable ?
  98. Syndrome du hérisson et libre arbitre
  99. Peuple(s) "élu(s)" ?  
  100. Elon Musk : matérialiste ?
  101. Animal et animal... humain 
  102. Je résiste à tout... sauf au Chamallow 
  103. Humanité immature ?
  104. Intelligence collective et libre arbitre individuel
  105. La tentation techno-fasciste
  106. Hubris Urbi et Orbi
  107. Leçon de morale par Dominique de Villepin
  108. Misère de la métaphysique 
  109. Vie personnelle et naturalisme
  110. Entre chèvre et chou 
  111. Refondation de la responsabilité morale et du droit
  112. Toujours plus !
  113. Esclavage économique et Code noir
  114. Audiovisuel public dans le viseur de l’extrême droite ? 

Présentation générale (1)

L'idéologie - terme bien trop souvent considéré négativement - est à nouveau l'éléphant au milieu de la pièce, notamment dans le contexte géopolitique actuel. 


De fait, entre spiritualisme (idéalisme) et naturalisme (matérialisme), il faut nécessairement "choisir" !
Que ce choix soit pleinement conscient ou non... (voir "MATÉRIALISME ou IDÉALISME" ?)

C'est ce que nous dit d'ailleurs Blaise Pascal, à raison : 

« Le juste est de ne point parier. Mais il faut parier. 
Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. »

Le naturalisme scientifique, également appelé physicalisme ou matérialisme scientifique, est une démarche philosophique - que l'on doit notamment au philosophe David Hume ("Traité de la nature humaine" - 1739*) - qui postule que tous les phénomènes observables dans l'univers, incluant les objets physiques, les propriétés mentales, les processus cognitifs et les expériences subjectives, les interactions sociales etc. peuvent être en principe expliqués exclusivement par des lois naturelles et des processus physico-chimiques (voir l'ouvrage de Daniel Martin).
N.B : le matérialisme du point de vue philosophique n'a rien à voir avec le matérialisme en tant que consumérisme !

Pour le philosophe Miguel Espinoza : 

« Concernant le naturalisme réaliste universel, la nature est un réseau compact de causes multiples et variées »

Autrement dit, rien n'existe hors du cadre de la nature et de la physique (déterministe et indéterminisme quantique), soit une position opposée au spiritualisme ou à l'idéalisme

Comme le souligne Miguel Espinoza, les "concepts" idéalistes (spiritualistes) sont pures folies philosophiques qui avancent des idées aussi absurdes que : 
"Le mouvement n'existe pas ; le monde est un rêve ; le monde est ma sensation ; l'idée de l'homme est plus réel que l'homme concret de chair et d'os ; les objets n'existent que tant que quelqu'un les perçoit ; l'espace et le temps sont des formes pures a priori de la sensibilité ; l'esprit peut exister sans le cerveau ; notre esprit est immortel ; les animaux sont des machines ; notre cerveau-esprit est un ordinateur ; les symboles permettent de construire des mondes ; le Moi Absolu Infini... etc. Quiconque connaît ne serait-ce qu'une partie de l'histoire de la philosophie idéaliste pourra facilement allonger cette liste d'absurdités. Il n'est pas nécessaire d'être Sancho Pança, il suffit d'être raisonnable pour être perplexe. Comment affirmer que le mouvement n'existe pas si pour penser cette proposition il faut une activité neuronale, si, pour l'exprimer à haute voix, il faut bouger la langue ? Si le monde dépend de ma sensation, comment expliquer que les choses existaient avant ma naissance et existaient après ma mort ? Comment croire que l'espace serait une forme pure a priori de ma sensibilité alors même qu'il est la demeure des choses, des animaux et des étoiles ? D'ailleurs, avec des symboles on construit des œuvres d'art, des théories, pas des mondes. Ce qui est paradoxal dans cette situation, c'est que de telles affirmations ont été faites par des personnes intelligentes et cultivées.
La folie philosophique serait-elle essentielle à la condition humaine ?" (Réf.)
Ce qui n'implique pas pour autant une "sacralisation" de la science qui se voudrait la nouvelle religion "positiviste" : la recherche des lois naturelles est laborieuse, exigeante, évolutive... à l'inverse des textes "sacrés" "révélés", datés, contradictoires et figés pour l'éternité... mais riches d'exégèses diverses destinées notamment à atténuer  - à l'aune de notre morale actuelle - les horreurs "divines" des textes fondateurs.

Donc dans la conception philosophique naturaliste (matérialiste), toute action, pensée, intention, sensation etc. est le fruit des déterminations et indéterminations diverses (internes et externes à l'individu), en interactions permanente dans le cadre de la survie (théorie de l'évolution). Ce qui exclut toute possibilité de libre arbitre humain "réel" (ontologique), l'un des sujets les plus prégnants de l'humanité (voir "Libre arbitre : QUEZACO ?")

Et l'on ne peut pas faire l'économie de cette question de fond. Dans la vie quotidienne, il est indispensable de prendre des décisions et d'adopter des positions, même face à des questions complexes. L'hypothèse - de loin la plus crédible - est celle où la sensation de libre arbitre est une émergence de processus déterministes du cerveau, façonnée par l'évolution pour améliorer notre survie et notre capacité à naviguer dans des environnements sociaux complexes. Cette conception matérialiste philosophique et scientifique permet d'expliquer comment nous percevons notre capacité à faire des choix tout en reconnaissant que ces choix sont déterminés par des facteurs génétiques et environnementaux. Cela suggère que, bien que nous ressentions une forme de liberté, celle-ci est en fait encadrée par des déterminismes sous-jacents, connus ou inconnus.

Le "cogito ergo sum" cartésien s'inverse et devient "sum ergo cogito" dans une vision naturaliste scientifique où l'existence est "première" et la pensée un "produit" - une propriété émergente - de l'existence ; non l'inverse. Descartes a séparé l'esprit du corps dans une dualité que scientifiquement plus personne ne reconnaît mais qui reste au cœur du concept de libre arbitre ontologique, alors que pour le Naturalisme Scientifique, tout provient du corps - esprit compris - en interaction avec l'environnement.

Quelle réponse avez-vous à cette question cruciale : comment se fait-il que des spécialistes de tous domaines (philosophie, justice, économie, politique, sciences sociales...), bardés pourtant des mêmes diplômes, en viennent à prononcer des avis contraires, des convictions différentes si un libre arbitre survolait les déterminants de toutes sortes et avait le dernier mot d'un spécialiste à l'autre, indépendamment des diverses déterminations non choisies librement ? Tout le monde devrait être d'accord sur tout si ce libre arbitre était équitablement partagé et tout puissant chez les humains (à l'exceptions des malades mentaux qui n'en auraient plus ?). Et comme personne (ou presque) n'est d'accord avec son voisin, cela reviendrait à penser qu'il existerait autant de "libres arbitres" (LA) que d'individus ? Certains en auraient "beaucoup", d'autres moins... Ce qui, de fait, ressemble fort à un... déterminant ; soit l'inverse du LA qui devrait être la chose la mieux partagée chez l'humain pour les tenants de cette chimère ! 
Un peu comme " l'Esprit SAINT" - censé guider les cardinaux pour le meilleur choix de Pape - et qui leur souffle à l'oreille des noms différents. D'où des fumées noires pendant quelque jours voire semaines... Joueur cet Esprit SAINT ! A moins que ce ne soient les déterminations cardinales différentes qui s'affrontent ? En fait, pas plus que les malades mentaux, les humains "normaux" et les cardinaux n'ont une faculté proprement surnaturelle, Libre Arbitre ou Esprit SAINT, en contradiction frontale avec les lois naturelles qui gouvernent toute matière ; cerveau compris

Cette perspective n'élimine pas pour autant l'importance de la responsabilité et de l'éthique dans nos actions. Au contraire, elle nous pousse à être plus compassionnels et compréhensifs envers les circonstances déterminantes des autres (humains comme animaux), tout en cherchant des moyens d'améliorer l'équité et la justice dans la société.

Au moment historique où se développent des concepts aussi aberrants que celui des vérités alternatives, des post-vérités où chacun s'enferme dans sa bulle de convictions irrationnelles ("grâce" aux réseaux sociaux notamment), la recherche d'un socle commun des réalités semble une nécessité urgente et absolue dans le cadre d'une laïcité étendue et d'un contrat social acceptable par tous. La science s'est construite contre le "sens commun", contre les vérités et idées reçues, mais on n'a toujours pas actualisé le corpus psychologique et intellectuel correspondant. On continue de penser et de parler comme Aristote ! (voir https://www.youtube.com/watch?v=oKUOFUlUTsY).

Soit l'importance d'un universalisme inclusif - qui ne nie pas les identités - mais qui abandonne les énoncés métaphysiques (transcendance / ontologie / qu'est-ce que l'être ? / quelle est la nature de la réalité ? / dieu existe-t-il ? / l'âme est-elle immortelle ? etc.), soit autant d'entités contradictoires, non vérifiables empiriquement dans le cadre de notre vie commune.

Pourrait-on enfin focaliser notre réflexion sur ce que l'on sait plutôt que sur ce que l'on ne sait pasCar le choix entre spiritualisme et matérialisme est tout sauf une discussion de salon en fin de soirée. Les conséquences sont "déterminantes" pour l'humanité et son écosystème à l'heure de la bombe nucléaire, des massacres en tous genres, du "moi d'abord" contre tous les autres.

Nos pires erreurs ne découlent pas de ce que nous ne savons pas, mais de ce que nous sommes persuadés de savoir. Sans omettre le fait qu'une théorie scientifique puisse avoir des conséquences qui choquent nos convictions ou qui contredisent nos valeurs, mais ce n'est pas pour autant une raison suffisante de la rejeter.

"La science n'est pas une illusion... et ce serait une illusion de croire que nous puissions trouver ailleurs ce qu'elle ne peut pas nous donner" (S. Freud)

Ci-dessous un vidéo de Présentation générale (1) suivie  d'une seconde partie (Présentation générale 2) concernant les conséquences sociales, économiques, politiques, judiciaires etc. de cette approche philosophique et scientifique permise par le naturalisme scientifique.

Autre possibilité : voir la chaîne Youtube présentant 9 vidéos.

Bonne lecture !

Cliquer sur le carré en bas à droite de l'écran vidéo 
pour la voir en plein écran



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"Présentation générale 2"
Dans cette vidéo, il sera question des conséquences du Naturalisme Scientifique. 


Si vous souhaitez avoir - en 2 heures - une vision d'ensemble sur ce problème de fond philosophique et scientifique concernant le libre arbitre, voici une vidéo anglophone (traduction française possible). Notons que le terme de responsabilité humaine énoncé dans cette vidéo ne fait pas la distinction, pourtant absolument nécessaire, entre la culpabilité (l'individu pourrait faire "autrement" que ce qu'il fait) et la responsabilité interindividuelle et sociale qui doit être conservée, sans punition (voir Naturalisme Scientifique: Mais alors, sans culpabilité ni punition possible... que faire ?).


Terminons sur une petite note d'humour avec cette vidéo du trop méconnu Didier Bénureau et ses 400.000 francs : une ode à la survie au sens large
Survie qui passe ici par l'accumulation de pâtes en vue de pénuries possibles (guerre etc.) ; rivalités et "distinction" afin de s'extraire de la "masse" en montrant sa supériorité... 
Au delà du sketch, cette survie à tout prix est omniprésente dans les concepts humains de moralité, de justice, de droit, de solidarité, des sciences (biologie et psychologie évolutionnaires, médecine...), des religions (vie éternelle) etc. 
Toute vie humaine (et animale) est peu ou prou centrée sur cette recherche permanente de la survie. 
C'est globalement ce que ce blog tente humblement d'explorer 😇


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Et pour aller plus loin, le livre "La dernière blessure" 
centré sur la notion du libre arbitre (illusoire)... 
en cliquant sur l'image ci-dessous


Esclavage économique et Code noir

... soit la continuité d’une même logique de déshumanisation.

Alléluia ! Le Code noir va être abrogé en France en 2026 !!!!

Mieux vaut tard que jamais. On peut dire qu'il n'était de toute façon plus appliqué et que son abrogation n'est qu'une formalité symbolique. Pour autant, l’esclavage n’a pas disparu - il a changé de forme.

Les travaux juridiques et historiques récents montrent que l’esclavage n’est pas un phénomène révolu.
Les formes contemporaines d’asservissement — travail forcé, servitude domestique, traite humaine, exploitation économique extrême — touchent aujourd’hui près de 46 millions de personnes selon l’ONG Walk Free (estimation 2016) (Mission de recherche Droit et Justice.)

Les chercheurs soulignent une continuité historique entre l’esclavage colonial (notamment celui régi par le Code noir de 1685 promulgué par Louis XIV) et les formes actuelles d’exploitation.
Les ouvrages dirigés par Jean‑François Niort, Olivier Pluen ou Tanguy Le Marc’hadour montrent que l’esclavage colonial reposait sur une logique juridique de réification : faire de l’être humain une propriété, un objet, un capital (OpenEdition Books apu.univ-artois.fr.)

Cette logique n’a pourtant pas disparu : elle s’est déplacée dans les structures économiques mondialisées.

Le Code noir : une anthropologie de l’humain comme “chose”

Les analyses juridiques du Code noir montrent que l’esclave y est défini comme un être juridiquement hybride, à la fois personne et bien meuble.
Cette ambiguïté permettait :

  • de le punir comme un humain,
  • mais de l’exploiter comme un objet économique.

Les historiens du droit parlent d’une “semi‑réification” de l’être humain (Bibliographie numérique d'histoire du droit.)

Le Code noir construit une “autre humanité”, définie comme susceptible d’être mise en esclavage.
Cette altérité est mouvante : elle dépend des besoins économiques, des intérêts coloniaux, des rapports de force géopolitiques (Bibliographie numérique d'histoire du droit.)

Les travaux de Niort et Pluen montrent que l’esclavage colonial n’était pas seulement un système raciste : c’était un système économique, structuré pour maximiser la production sucrière, caféière, cotonnière, etc.
Le droit servait à sécuriser l’investissement et stabiliser la main‑d’œuvre (Mission de recherche Droit et Justice.)

L’esclavage économique contemporain : phénomène massif et globalisé

Les formes modernes d’asservissement — travail forcé, traite, servitude — touchent aujourd’hui des dizaines de millions de personnes dans le monde, selon les estimations internationales reprises par les chercheurs (Mission de recherche Droit et Justice.)

a) Travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement mondialisées

Dans de nombreux secteurs (textile, électronique, agriculture, pêche), des travailleurs sont :

  • endettés,
  • privés de papiers,
  • enfermés dans des contrats coercitifs,
  • soumis à des horaires extrêmes,
  • empêchés de quitter leur emploi.

Ces pratiques sont régulièrement documentées par les ONG et les institutions internationales.

b) Servitude domestique

Dans certains pays du Golfe, mais aussi en Europe, des femmes migrantes sont maintenues dans des conditions proches de l’esclavage : confiscation du passeport, isolement, absence de salaire, violences.

c) Traite sexuelle et exploitation des mineurs

La traite humaine à des fins d’exploitation sexuelle constitue l’une des formes les plus lucratives d’esclavage moderne.

d) Travail forcé dans l’agriculture

Dans plusieurs régions du monde, des travailleurs saisonniers sont soumis à des conditions de travail et de logement indignes, parfois sous la menace de violences.

Les mécanismes sont les mêmes qu’au XVIIe siècle.

Les chercheurs soulignent que les formes contemporaines d’asservissement reposent sur les mêmes logiques que l’esclavage colonial :

  • réduction de l’humain à une ressource économique,
  • contrôle de la mobilité,
  • violence ou menace de violence,
  • dépendance économique organisée,
  • déshumanisation culturelle,
  • profit maximal pour l’exploitant.

Une anthropologie détestable. 

Ce que Code noir et esclavage économique ont en commun :

Une vision utilitariste et instrumentale de l’être humain :

Dans les deux cas, l’humain est réduit à :

  • une force de travail,
  • un capital,
  • un coût,
  • un rendement.

Cette vision est explicitement décrite dans les analyses du Code noir, qui montrent comment le droit colonial organisait la propriété humaine pour des raisons économiques (OpenEdition Books.)

Une anthropologie fondée sur la négation de la liberté

Le Code noir nie explicitement la liberté de l’esclave.
Les formes modernes d’esclavage nient la liberté de manière plus subtile : par la dette, la précarité, la dépendance, la menace, la contrainte économique.

On construit un groupe humain perçu comme :

  • moins digne,
  • moins rationnel,
  • moins “méritant”,
  • moins “libre”.

Cette altérité justifie l’exploitation. 

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Pourquoi la méritocratie et le libre arbitre sont des fictions utiles à l’exploitation

Le matérialisme : l’humain comme produit de déterminations

Dans une perspective matérialiste, l’être humain n’est pas un sujet libre, auto‑créateur.
Il est le résultat :

  • de déterminations biologiques,
  • sociales,
  • économiques,
  • culturelles,
  • historiques.

Le libre arbitre est une fiction métaphysique sans fondement empirique. La méritocratie ne peu être qu'une idéologie justificatrice reposant sur l’idée que chacun “mérite” sa position sociale.

Or, si l’on adopte une perspective matérialiste :

  • personne ne choisit "librement" son milieu social,
  • personne ne choisit "librement" ses capacités initiales,
  • personne ne choisit "librement" ses opportunités,
  • personne ne choisit "librement" ses déterminants.

La méritocratie sert donc à légitimer les inégalités, comme le Code noir servait à légitimer la propriété humaine.

Pourquoi cette fiction est utile au capitalisme contemporain ?

Le capitalisme mondialisé a besoin :

  • d’une main‑d’œuvre très bon marché,
  • d’une mobilité contrainte,
  • d’une acceptation des inégalités extrêmes.

La fiction du libre arbitre permet de dire :

“S’ils sont pauvres, c’est qu’ils n’ont pas fait les bons choix.”

Exactement comme la fiction raciale du Code noir permettait de dire :

“S’ils sont esclaves, c’est du fait de leur nature.”

Dans les deux cas, la fiction sert à masquer les déterminations réelles et à déresponsabiliser les structures économiques.

Conclusion : une même "logique" défaillante à deux époques différentes.

L’esclavage colonial et l’esclavage économique contemporain ne sont pas strictement identiques, mais ils reposent sur une même structure anthropologique :

  • réduction de l’humain à un instrument,
  • négation de sa liberté d'action,
  • fabrication d’une altérité exploitable,
  • justification idéologique (race hier, méritocratie aujourd’hui),
  • profit économique comme moteur central.

Les analyses juridiques et historiques montrent que l’esclavage n’a jamais été un accident moral : c’est un dispositif économique, soutenu par une anthropologie dégradante de l’être humain.

Une lecture matérialiste permet de comprendre cette continuité : si le libre arbitre est une illusion, alors la méritocratie l’est aussi — et les systèmes d’exploitation reposent sur des fictions – plus ou moins conscientes chez les individus et les cultures - destinées à masquer les déterminations réelles.

A quand la fin de l'esclavage économique ?

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Audiovisuel public dans le viseur de l’extrême droite ?

Depuis deux ans, l’audiovisuel public français est devenu l’une des cibles privilégiées de l’extrême droite. On sent bien que l’horizon des Présidentielles se rapproche. La prise de contrôle de différents médias (magazines / chaînes de télévision / maisons d’édition etc.) - notamment par la galaxie Bolloré -, est au cœur de la bataille idéologique de ces prochains mois.


Ce qui n’était autrefois qu’un discours périphérique - dénonciation d’une prétendue « gauchisation » des rédactions - s’est transformé en offensive structurée, mêlant initiatives parlementaires, opérations médiatiques et campagnes d’opinion.

La création, en 2025, d’une commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public, à l’initiative du groupe d’extrême droite UDR, marque un tournant notable. Officiellement destinée à examiner le fonctionnement des médias publics, elle s’est rapidement révélée être un instrument politique.

Le rapporteur de la commission, Charles Alloncle (UDR), a multiplié les accusations contre France Télévisions, Radio France et France Médias Monde.
Avant même la fin des auditions, il dénonçait déjà un « système idéologique » et une « orientation politique dominante » dans les rédactions.

Pourtant, au fil des travaux, aucune preuve solide n’est venue étayer ces affirmations.
Le président de la commission lui‑même, Jérémie Patrier‑Leitus (Horizons), a reconnu publiquement que les séances avaient été marquées par des attaques personnelles, des séquences de mise en scène et une recherche de « coups d’éclat » plutôt que d’analyse. Cette dérive a été relevée par plusieurs députés, qui ont dénoncé une instrumentalisation de l’outil parlementaire.

Le récit d’une “gauchisation” : un mythe utile

L’idée d’une « gauchisation » de l’audiovisuel public est devenue un élément central de la rhétorique de l’extrême droite.
Elle permet de présenter les médias publics comme un adversaire politique, un bastion idéologique à abattre.

Ce récit repose sur trois ressorts :

  • La suspicion généralisée : toute ligne éditoriale non alignée est interprétée comme militante.
  • La confusion entre pluralisme et partialité : la diversité des voix est présentée comme un biais.
  • La personnalisation des attaques : dirigeants et journalistes sont accusés d’agir pour un “camp”.

Or, les études indépendantes sur les médias publics montrent au contraire une pluralité de sensibilités, une charte d’indépendance stricte, et un contrôle démocratique exercé par le Parlement et l’Arcom.

Dans ce contexte, le rôle d’Éric Morillot est révélateur. Animateur et polémiste, il publie en 2026 « Les intouchables de l’audiovisuel public », ouvrage qui compile et amplifie les accusations portées par l’extrême droite.

Le livre reprend les thèmes désormais classiques : « caste » de privilégiés, dérives idéologiques, confiscation du débat public et dépenses injustifiées.

Ces affirmations reposent davantage sur une interprétation militante que sur les conclusions de la commission d’enquête.

Morillot va plus loin en appelant à un référendum sur l’avenir de l’audiovisuel public, proposition qui rejoint les programmes du RN et de l’UDR visant à privatiser France Télévisions, réduire drastiquement les budgets, voire supprimer le service public audiovisuel.

Une stratégie politique cohérente : affaiblir un contre‑pouvoir

L’offensive contre l’audiovisuel public n’est pas un accident.
Elle s’inscrit dans une stratégie politique plus large, observable dans plusieurs pays européens : affaiblir les institutions médiatiques indépendantes pour mieux contrôler la fabrique de l’opinion.

Car l’audiovisuel public représente un contre‑pouvoir qui garantit un accès égalitaire à l’information, échappe aux logiques de marché, est financé par les citoyens, et est soumis à des obligations de pluralisme. Pour l’extrême droite, il constitue donc un obstacle à la construction d’un récit politique homogène.

En le présentant comme un acteur partisan, elle cherche à délégitimer ses productions, affaiblir la confiance du public et préparer une privatisation ou une mise sous tutelle.

Un paradoxe démocratique : attaquer ce qui appartient à tous

L’audiovisuel public n’est pas un appareil idéologique.
C’est un bien commun, financé par l’impôt, contrôlé par le Parlement, et chargé d’une mission démocratique : informer, éduquer, cultiver.

L’attaquer au nom d’une supposée “neutralité” revient à fragiliser un pilier du pluralisme, réduire la diversité des voix et renforcer la dépendance aux logiques commerciales ou partisanes.

La commission d’enquête, loin d’avoir démontré une quelconque “gauchisation”, a surtout révélé la violence de l’offensive politique menée contre le service public

Un combat qui dépasse de loin les médias

Ce qui se joue autour de l’audiovisuel public dépasse largement la question des programmes ou des rédactions.
C’est une bataille pour la maîtrise du récit démocratique, pour la définition de ce qui est légitime, audible, acceptable.

En visant l’audiovisuel public, l’extrême droite ne cherche pas seulement à critiquer un secteur : elle cherche à affaiblir un contre‑pouvoir essentiel, afin de remodeler l’espace public à son avantage.

N’oublions pas que dans une démocratie, affaiblir ce qui garantit le pluralisme revient à affaiblir la démocratie elle‑même.

Si vous avez un peu de temps pour en savoir un peu plus :


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