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👉 Naturalisme Scientifique: ARTICLES (cliquer sur les titres ci-dessous)

  1. Présentation générale (1 et 2)
  2. Libre arbitre : KEZAKO ?
  3. Quelques citations de sceptiques concernant le Libre Arbitre
  4. Philosophie : des questions sans réponses ?
  5. Un Libre Arbitre... nécessaire ?
  6. Peut-on faire... autrement ?
  7. Les hypothèses au fil du Rasoir d'Ockham
  8. Libre Arbitre : une propriété émergente compatible avec la science ?
  9. Penser contre son cerveau
  10. Théorème du Libre Arbitre
  11. Délibération, décision... des preuves de Libre Arbitre ?
  12. Punir, sinon...
  13. Mais alors, sans culpabilité ni punition... que faire ?
  14. Les expertises psychiatriques en justice pénale : un scandale permanent
  15. Limite entre "santé" mentale et "pathologie" mentale
  16. Moi, moi, moi... Ayn Rand, la libertarienne adorée de Trump
  17. La sociologie, poil à gratter politique
  18. L'argument de la conséquence : conséquent ?
  19. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... nous affirme "librement" Sartre
  20. Blog de Blob
  21. L'émergence de LENIA
  22. Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences
  23. La science peut-elle aider à comprendre - voire infléchir - la moralité humaine ?
  24. Le côté obscur du Libre Arbitre
  25. Si un neuroscientifique nie le libre arbitre, comment peut-il rédiger un texte de consentement éclairé volontaire et proposer de le faire signer ?
  26. Le cerveau humain : normal... mais déficient
  27. Un sacré dilemme pour la "Morale"
  28. Fatalisme ? Fatal eror !
  29. Cellule de Mauthner, mouche... et Libre Arbitre
  30. Religions et enfants
  31. Un psychiatre sceptique du Libre Arbitre... à raison
  32. Steven Pinker nous explique le Libre Arbitre... mais mal
  33. Art, créativité, esthétique et naturalisme
  34. Combien de Mondes ? 8 milliards !
  35. Esthétique, éthique et toc (TikTok ?)
  36. Le peuple a-t-il toujours raison en démocratie ?
  37. Injustice, inégalité. Un traitement simple : les probiotiques !
  38. Immigration ? Emigration ? Remigration ?
  39. Sémantique, affects... politiques
  40. Violence, biais de négativité et extrême droite
  41. Changer les mots ou changer la réalité ?
  42. Banalité du mal
  43. Histoire : ni fierté, ni honte
  44. Chaos, entropie, origine de la vie.... et Dieu
  45. Bon Dieu, mais c'est bien sûr !
  46. Séparer l'Homme de l'Œuvre ?
  47. Du pain et des jeux
  48. Wokisme et cancel culture
  49. Ame : la controverse
  50. Corrélation ou causalité : l'embrouille !
  51. Dennet et le compatibilisme
  52. Economistes fous
  53. Autain contre Fourest : me too
  54. Le cas Kane
  55. Rapport XZTF22
  56. Searle, arc en ciel et... Libre Arbitre
  57. Saucisse de Frankfurt et courant alternatif
  58. Peter van Inwagen ne sait pas ce qu’est le Libre Arbitre... mais il y croit ! 
  59. Au royaume des fous furieux 
  60. Dignité humaine
  61. L'humain : un "robot" biologique ?
  62. Libre arbitre et intention
  63. Une Liberté à géométrie variable
  64. Philosophie "expérimentale"
  65. Experts, compétence et idéologie
  66. Dieu est mort... mais le cadavre convulse
  67. Nationalisme versus mondialisme
  68. Neuro... politique
  69. Le corbeau croasse et l'Homme croit
  70. Phénoménologie : une arnaque phénoménale ?
  71. Libet et la liberté (de la volonté) : encore une contrariété !
  72. La démocratie "travaillée" à la tronçonneuse façon Milei !
  73. MISTRAL souffle sur le libre arbitre ontologique... et le fait disparaître !
  74. Vous ne trouvez pas qu'il commence à faire un peu chaud ?
  75. Sophisme, quand tu nous tiens !
  76. Mais comment peut-on être de droite ? 
  77. La République des juges ?
  78. Alors, les religions : bon ou pas bon ?
  79. Pourquoi l’IA est-elle haïe ?
  80. Eliminons ?
  81. Qualia : voilà une question qu'elle est bonne !
  82. Qui mérite quoi ?
  83. Liberté d'expression
  84. Lucrèce : qui dit mieux ? Marc Aurèle ? Spinoza ?
  85. Coopération versus Trahison
  86. La Boussole de la Raison !
  87. Daniel Andler et la tentative de "dissolution" du libre arbitre !
  88. Matérialisme versus naturalisme 
  89. Sapolsky ! Enfin !!!!!!!!!!!!! 
  90. En avoir ou pas... des enfants
  91. Déterminisme ou superdéterminisme ?
  92. Manifeste déterministe et proposition de loi
  93. Sarko en prison ?
  94. Les patrons créent l'emploi ?
  95. Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?
  96. Conception actuelle de la Justice : incohérence à tous les étages !
  97. Morale / géopolitique : une confrontation inévitable ?
  98. Syndrome du hérisson et libre arbitre
  99. Peuple(s) "élu(s)" ?  
  100. Elon Musk : matérialiste ?
  101. Animal et animal... humain 
  102. Je résiste à tout... sauf au Chamallow 
  103. Humanité immature ?
  104. Intelligence collective et libre arbitre individuel
  105. La tentation techno-fasciste
  106. Hubris Urbi et Orbi
  107. Leçon de morale par Dominique de Villepin
  108. Misère de la métaphysique 
  109. Vie personnelle et naturalisme
  110. Entre chèvre et chou 
  111. Refondation de la responsabilité morale et du droit
  112. Toujours plus !
  113. Esclavage économique et Code noir
  114. Audiovisuel public dans le viseur de l’extrême droite ? 
  115. THÉORÈME DE NOETHER et libre arbitre
  116. Terre plate et libre arbitre
  117. Miracles ! Miracles ?
  118. La manipulation dans tous ses états... ou presque
  119. Gerard 't Hooft, un prix Nobel de physique, ne croit pas au libre arbitre !
  120. Le Monopoly, c'est la vie !
  121. Quand l’État est sourd, la rue finit par faire du bruit

Présentation générale (1)

L'idéologie - terme bien trop souvent considéré négativement - est à nouveau l'éléphant au milieu de la pièce, notamment dans le contexte géopolitique actuel. 


De fait, entre spiritualisme (idéalisme) et naturalisme (matérialisme), il faut nécessairement "choisir" !
Que ce choix soit pleinement conscient ou non... (voir "MATÉRIALISME ou IDÉALISME" ?)

C'est ce que nous dit d'ailleurs Blaise Pascal, à raison : 

« Le juste est de ne point parier. Mais il faut parier. 
Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. »

Le naturalisme scientifique, également appelé physicalisme ou matérialisme scientifique, est une démarche philosophique - que l'on doit notamment au philosophe David Hume ("Traité de la nature humaine" - 1739*) - qui postule que tous les phénomènes observables dans l'univers, incluant les objets physiques, les propriétés mentales, les processus cognitifs et les expériences subjectives, les interactions sociales etc. peuvent être en principe expliqués exclusivement par des lois naturelles et des processus physico-chimiques (voir l'ouvrage de Daniel Martin).
N.B : le matérialisme du point de vue philosophique n'a rien à voir avec le matérialisme en tant que consumérisme !

Pour le philosophe Miguel Espinoza : 

« Concernant le naturalisme réaliste universel, la nature est un réseau compact de causes multiples et variées »

Autrement dit, rien n'existe hors du cadre de la nature et de la physique (déterministe et indéterminisme quantique), soit une position opposée au spiritualisme ou à l'idéalisme. 

Comme le souligne Miguel Espinoza, les "concepts" idéalistes (spiritualistes) sont pures folies philosophiques qui avancent des idées aussi absurdes que : 
"Le mouvement n'existe pas ; le monde est un rêve ; le monde est ma sensation ; l'idée de l'homme est plus réel que l'homme concret de chair et d'os ; les objets n'existent que tant que quelqu'un les perçoit ; l'espace et le temps sont des formes pures a priori de la sensibilité ; l'esprit peut exister sans le cerveau ; notre esprit est immortel ; les animaux sont des machines ; notre cerveau-esprit est un ordinateur ; les symboles permettent de construire des mondes ; le Moi Absolu Infini... etc. Quiconque connaît ne serait-ce qu'une partie de l'histoire de la philosophie idéaliste pourra facilement allonger cette liste d'absurdités. Il n'est pas nécessaire d'être Sancho Pança, il suffit d'être raisonnable pour être perplexe. Comment affirmer que le mouvement n'existe pas si pour penser cette proposition il faut une activité neuronale, si, pour l'exprimer à haute voix, il faut bouger la langue ? Si le monde dépend de ma sensation, comment expliquer que les choses existaient avant ma naissance et existaient après ma mort ? Comment croire que l'espace serait une forme pure a priori de ma sensibilité alors même qu'il est la demeure des choses, des animaux et des étoiles ? D'ailleurs, avec des symboles on construit des œuvres d'art, des théories, pas des mondes. Ce qui est paradoxal dans cette situation, c'est que de telles affirmations ont été faites par des personnes intelligentes et cultivées.
La folie philosophique serait-elle essentielle à la condition humaine ?" (Réf.)
Ce qui n'implique pas pour autant une "sacralisation" de la science qui se voudrait la nouvelle religion "positiviste" : la recherche des lois naturelles est laborieuse, exigeante, évolutive... à l'inverse des textes "sacrés" "révélés", datés, contradictoires et figés pour l'éternité... mais riches d'exégèses diverses destinées notamment à atténuer  - à l'aune de notre morale actuelle - les horreurs "divines" des textes fondateurs.

Donc dans la conception philosophique naturaliste (matérialiste), toute action, pensée, intention, sensation etc. est le fruit des déterminations et indéterminations diverses (internes et externes à l'individu), en interactions permanente dans le cadre de la survie (théorie de l'évolution). Ce qui exclut toute possibilité de libre arbitre humain "réel" (ontologique), l'un des sujets les plus prégnants de l'humanité (voir "Libre arbitre : QUEZACO ?")

Et l'on ne peut pas faire l'économie de cette question de fond. Dans la vie quotidienne, il est indispensable de prendre des décisions et d'adopter des positions, même face à des questions complexes. L'hypothèse - de loin la plus crédible - est celle où la sensation de libre arbitre est une émergence de processus déterministes du cerveau, façonnée par l'évolution pour améliorer notre survie et notre capacité à naviguer dans des environnements sociaux complexes. Cette conception matérialiste philosophique et scientifique permet d'expliquer comment nous percevons notre capacité à faire des choix tout en reconnaissant que ces choix sont déterminés par des facteurs génétiques et environnementaux. Cela suggère que, bien que nous ressentions une forme de liberté, celle-ci est en fait encadrée par des déterminismes sous-jacents, connus ou inconnus.

Le "cogito ergo sum" cartésien s'inverse et devient "sum ergo cogito" dans une vision naturaliste scientifique où l'existence est "première" et la pensée un "produit" - une propriété émergente - de l'existence ; non l'inverse. Descartes a séparé l'esprit du corps dans une dualité que scientifiquement plus personne ne reconnaît mais qui reste au cœur du concept de libre arbitre ontologique, alors que pour le Naturalisme Scientifique, tout provient du corps - esprit compris - en interaction avec l'environnement.

Quelle réponse avez-vous à cette question cruciale : comment se fait-il que des spécialistes de tous domaines (philosophie, justice, économie, politique, sciences sociales...), bardés pourtant des mêmes diplômes, en viennent à prononcer des avis contraires, des convictions différentes si un libre arbitre survolait les déterminants de toutes sortes et avait le dernier mot d'un spécialiste à l'autre, indépendamment des diverses déterminations non choisies librement ? Tout le monde devrait être d'accord sur tout si ce libre arbitre était équitablement partagé et tout puissant chez les humains (à l'exceptions des malades mentaux qui n'en auraient plus ?). Et comme personne (ou presque) n'est d'accord avec son voisin, cela reviendrait à penser qu'il existerait autant de "libres arbitres" (LA) que d'individus ? Certains en auraient "beaucoup", d'autres moins... Ce qui, de fait, ressemble fort à un... déterminant ; soit l'inverse du LA qui devrait être la chose la mieux partagée chez l'humain pour les tenants de cette chimère ! 
Un peu comme " l'Esprit SAINT" - censé guider les cardinaux pour le meilleur choix de Pape - et qui leur souffle à l'oreille des noms différents. D'où des fumées noires pendant quelque jours voire semaines... Joueur cet Esprit SAINT ! A moins que ce ne soient les déterminations cardinales différentes qui s'affrontent ? En fait, pas plus que les malades mentaux, les humains "normaux" et les cardinaux n'ont une faculté proprement surnaturelle, Libre Arbitre ou Esprit SAINT, en contradiction frontale avec les lois naturelles qui gouvernent toute matière ; cerveau compris. 

Cette perspective n'élimine pas pour autant l'importance de la responsabilité et de l'éthique dans nos actions. Au contraire, elle nous pousse à être plus compassionnels et compréhensifs envers les circonstances déterminantes des autres (humains comme animaux), tout en cherchant des moyens d'améliorer l'équité et la justice dans la société.

Au moment historique où se développent des concepts aussi aberrants que celui des vérités alternatives, des post-vérités où chacun s'enferme dans sa bulle de convictions irrationnelles ("grâce" aux réseaux sociaux notamment), la recherche d'un socle commun des réalités semble une nécessité urgente et absolue dans le cadre d'une laïcité étendue et d'un contrat social acceptable par tous. La science s'est construite contre le "sens commun", contre les vérités et idées reçues, mais on n'a toujours pas actualisé le corpus psychologique et intellectuel correspondant. On continue de penser et de parler comme Aristote ! (voir https://www.youtube.com/watch?v=oKUOFUlUTsY).

Soit l'importance d'un universalisme inclusif - qui ne nie pas les identités - mais qui abandonne les énoncés métaphysiques (transcendance / ontologie / qu'est-ce que l'être ? / quelle est la nature de la réalité ? / dieu existe-t-il ? / l'âme est-elle immortelle ? etc.), soit autant d'entités contradictoires, non vérifiables empiriquement dans le cadre de notre vie commune.

Pourrait-on enfin focaliser notre réflexion sur ce que l'on sait plutôt que sur ce que l'on ne sait pas ? Car le choix entre spiritualisme et matérialisme est tout sauf une discussion de salon en fin de soirée. Les conséquences sont "déterminantes" pour l'humanité et son écosystème à l'heure de la bombe nucléaire, des massacres en tous genres, du "moi d'abord" contre tous les autres.

Nos pires erreurs ne découlent pas de ce que nous ne savons pas, mais de ce que nous sommes persuadés de savoir. Sans omettre le fait qu'une théorie scientifique puisse avoir des conséquences qui choquent nos convictions ou qui contredisent nos valeurs, mais ce n'est pas pour autant une raison suffisante de la rejeter.

"La science n'est pas une illusion... et ce serait une illusion de croire que nous puissions trouver ailleurs ce qu'elle ne peut pas nous donner" (S. Freud)

Ci-dessous un vidéo de Présentation générale (1) suivie  d'une seconde partie (Présentation générale 2) concernant les conséquences sociales, économiques, politiques, judiciaires etc. de cette approche philosophique et scientifique permise par le naturalisme scientifique.

Autre possibilité : voir la chaîne Youtube présentant 9 vidéos.

Bonne lecture !

Cliquer sur le carré en bas à droite de l'écran vidéo 
pour la voir en plein écran



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"Présentation générale 2"
Dans cette vidéo, il sera question des conséquences du Naturalisme Scientifique. 


Si vous souhaitez avoir - en 2 heures - une vision d'ensemble sur ce problème de fond philosophique et scientifique concernant le libre arbitre, voici une vidéo anglophone (traduction française possible). Notons que le terme de responsabilité humaine énoncé dans cette vidéo ne fait pas la distinction, pourtant absolument nécessaire, entre la culpabilité (l'individu pourrait faire "autrement" que ce qu'il fait) et la responsabilité interindividuelle et sociale qui doit être conservée, sans punition (voir Naturalisme Scientifique: Mais alors, sans culpabilité ni punition possible... que faire ?).


Terminons sur une petite note d'humour avec cette vidéo du trop méconnu Didier Bénureau et ses 400.000 francs : une ode à la survie au sens large. 
Survie qui passe ici par l'accumulation de pâtes en vue de pénuries possibles (guerre etc.) ; rivalités et "distinction" afin de s'extraire de la "masse" en montrant sa supériorité... 
Au delà du sketch, cette survie à tout prix est omniprésente dans les concepts humains de moralité, de justice, de droit, de solidarité, des sciences (biologie et psychologie évolutionnaires, médecine...), des religions (vie éternelle) etc. 
Toute vie humaine (et animale) est peu ou prou centrée sur cette recherche permanente de la survie. 
C'est globalement ce que ce blog tente humblement d'explorer 😇


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Et pour aller plus loin, le livre "La dernière blessure" 
centré sur la notion du libre arbitre (illusoire)... 
en cliquant sur l'image ci-dessous


Quand l’État est sourd, la rue finit par faire du bruit

Les manifestations du 17 octobre 2026 ont marqué un tournant. 

Entre 550 000 et 800 000 personnes selon les sources ont défilé contre la vie chère, dans un contexte de convergence des luttes entre lycéens, étudiants, anciens Gilets jaunes et autres colères sociales. 

En marge de ces manifestations, des scènes de casse, de pillage et d’affrontements ont éclaté dans plusieurs villes. Ces images ne sont pas nées du néant. Elles s’inscrivent dans une séquence plus longue : celle d’un mouvement lycéen démarré mi-septembre, centré sur l’état dégradé des établissements, les absences non remplacées et le fonctionnement opaque de Parcoursup.

Soit des revendications anciennes... mais des réponses plus que "diluées".

Car les problèmes soulevés par les lycéens ne datent pas de la rentrée 2026. 

  • Parcoursup, mis en place en 2018, cristallise des années de critiques sur son manque de transparence, le stress généré et le nombre de jeunes laissés sans affectation. 
  • Les bâtiments scolaires souffrent d’un sous-investissement chronique. 
  • Les remplacements d’enseignants manquants restent insuffisants dans une part significative des établissements. 

Ces questions ont été soulevées à plusieurs reprises, sans jamais recevoir de réponse à la hauteur des besoins.

Face à la mobilisation, le gouvernement a multiplié les réunions avec les organisations lycéennes. Trois rencontres ont notamment eu lieu avec le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray. La troisième, le 15 octobre, s’est terminée par le départ anticipé des représentants lycéens, qui ont déclaré n’avoir pas été écoutés et ont refusé le rendez-vous suivant, estimant que « ça ne servait à rien ». 

Les annonces concrètes se sont limitées à des mesures partielles : le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants - dans des matières qu'ils ne connaissent pas pour certains (où étaient donc cachés ces profs ???) - permettrait théoriquement de réduire le nombre d’établissements en grande difficulté. Plus une plateforme de consultation jugée insuffisante par les organisations, et des engagements sur Parcoursup renvoyés à fin octobre. Aucun plan d’ampleur concernant le bâti scolaire ni remise en cause structurelle du système d’orientation n’a été acté.

Ce calendrier (prière de se référer aux calendes grecques), les réformes insuffisantes et les montants proposés idoines ont envoyé un signal clair : le temps des lycéens n’est pas celui de l’exécutif. Sans être grand devin, il semble bien que les annonces étaient calibrées pour tenir jusqu’aux vacances de la Toussaint, dans l’espoir d’un essoufflement du mouvement.

Cette séquence s’inscrit dans une histoire plus longue. Les Gilets jaunes avaient déjà mis en lumière, dès 2018, un sentiment de déconnexion entre les décisions prises à Paris et le vécu quotidien d’une partie de la population. La pandémie de Covid a interrompu brutalement ce mouvement, sans qu’un vrai travail de résolution des causes profondes (pouvoir d’achat, services publics, fiscalité) ne soit mené ensuite. Les revendications lycéennes et étudiantes se sont ajoutées à ce stock de colères non traitées. Quand plusieurs générations et catégories sociales se retrouvent avec le même diagnostic - l’État n’écoute que sous la pression de la rue - le dialogue institutionnel perd de sa crédibilité.

La violence qui a émaillé certaines journées n’est pas la revendication elle-même. La majorité des participants aux mobilisations lycéennes et à la journée du 17 octobre n’a rien cassé. Mais le sentiment d’impasse crée les conditions dans lesquelles une minorité peut passer à l’acte et se sentir légitimée à casser en visant les devantures "capitalistes" et les sièges du pouvoir en place, dont la police et sa doctrine du maintien de l'ordre (voir les critiques en fin d'article). 

Les fameux black blocs (« groupe d’individus cagoulés et vêtus de noir qui recourt, à la faveur de manifestations sur la voie publique, à des actions violentes concertées », selon le Journal officiel) semblent vouloir créer le chaos pour le chaos. Rien ne tombe du ciel et les déterminants de ces comportements apparemment "gratuits" ne le sont pas : ils ont, comme le reste des comportements personnels et sociaux, une histoire. Un gouvernement qui traite pendant des années les demandes par des demi-mesures et des reports finit par transformer la rue en seul canal audible. Cela n’absout pas les auteurs d’exactions. Cela explique pourquoi le terrain était favorable.

Quelle est la responsabilité première ?

Politiquement, la responsabilité première incombe à ceux qui détiennent le pouvoir de décision et de budget. Ce n’est pas le gouvernement qui a ordonné la casse. Mais c’est lui qui a eu des années pour investir dans les établissements, réformer en profondeur l’orientation post-bac et répondre aux alertes répétées sur les moyens de l’Éducation nationale. En choisissant de traiter le symptôme plutôt que le fond, il a contribué à rendre la confrontation presque inévitable. Qui sème le vent...

Cette absence de moyens financiers et de volonté politique n’est pas une fatalité. Elle découle de choix. Parmi ceux-ci figure le refus répété d’une fiscalité plus équitable concernant les très hauts patrimoines. La taxe dite « Zucman » - un impôt minimum de 2 % sur le patrimoine net des foyers dépassant 100 millions d’euros, soit environ 1 800 contribuables - a été débattue à plusieurs reprises, votée une première fois à l’Assemblée avant d’être rejetée, puis écartée des budgets successifs, y compris dans les discussions d’octobre 2026. Ses défenseurs estiment qu’elle pourrait rapporter entre 15 et 25 milliards d’euros par an. Ces sommes permettraient notamment de financer massivement la rénovation du bâti scolaire, le recrutement d’enseignants et l’amélioration des conditions d’étude, sans alourdir la charge des classes moyennes et populaires.

Refuser cette piste, année après année, tout en invoquant les contraintes budgétaires pour justifier l’immobilisme sur l’école, constitue une erreur historique. Elle confirme aux yeux d’une partie de la jeunesse - la France de demain - que les priorités de l’État ne sont pas les siennes. Tant que ce décalage ne sera pas comblé par des choix fiscaux et budgétaires cohérents, les conditions d’une nouvelle flambée resteront réunies. 

La casse n’est jamais une solution. Mais le silence prolongé face à des revendications légitimes en est souvent la cause première.

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Les critiques internationales sur le maintien de l’ordre français ne sont pas nouvelles, mais elles se sont nettement intensifiées en octobre 2026 avec le mouvement lycéen. Elles portent principalement sur l’usage disproportionné de la force, l’emploi d’armes dites « intermédiaires » considérées comme particulièrement dangereuses, le traitement des mineurs et le nombre massif d’interpellations.

Human Rights Watch a publié le 14 octobre un texte très critique. L’organisation dénonce le déploiement de forces anti-émeutes lourdement équipées face à des adolescents, l’usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes, de matraques et de balles en caoutchouc. Elle cite notamment le cas d’un garçon de 15 ans qui a perdu une main à cause d’une grenade explosive et d’un autre de 14 ans dont la mâchoire a été fracturée par une grenade lacrymogène tirée à bout portant. Human Rights Watch souligne que la grande majorité des manifestations était pacifique et que plus de 6 800 personnes ont été interpellées, dont environ 86 % de mineurs.

Amnesty International a appelé les autorités à « désamorcer les tensions », à protéger le droit de manifester pacifiquement et à cesser le recours disproportionné à la force. Elle a dénoncé des tirs de grenades lacrymogènes jugés imprudents, des balles en caoutchouc ayant causé des blessures graves et des techniques de contrainte brutales à l’encontre de mineurs.

Les Nations unies se sont également exprimées :

- Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a indiqué suivre « avec inquiétude » les incidents et a demandé aux forces de l’ordre de ne pas faire un usage disproportionné de la force tout en respectant le droit de manifester pacifiquement.

- La Rapporteure spéciale sur la liberté d’association et de réunion pacifique a rappelé aux autorités françaises l’obligation de respecter l’intégrité physique de tous les manifestants.

- Des alertes antérieures (Comité des droits de l’homme de l’ONU en 2024, Comité contre la torture en 2025) avaient déjà demandé à la France de réexaminer l’usage des armes intermédiaires, en particulier les grenades explosives et les lanceurs de balles de défense (LBD).

Les points qui reviennent le plus souvent concernant la gestion du maintien de l'ordre en France :

1. L’arsenal « intermédiaire » français est jugé atypique en Europe 

La France est l’un des rares pays d’Europe occidentale à utiliser massivement les LBD (lanceurs de balles de défense, souvent appelés flash-balls) et certaines grenades explosives ou assourdissantes lors de manifestations politiques. Plusieurs chercheurs et organisations soulignent que ces armes sont rarement ou jamais employées dans le maintien de l’ordre au Royaume-Uni, en Italie ou en Allemagne (sauf cas très limités). En Espagne, elles sont autorisées mais ont causé nettement moins de blessures graves. La doctrine française est souvent opposée aux approches de « désescalade » privilégiées en Suède, aux Pays-Bas ou en Allemagne (officiers de dialogue, séparation précoce des groupes violents, recours minimal à la force).

2. Le volume des interpellations

Plus de 6 800 gardes à vue en quelques semaines, dont une très large majorité de mineurs, est jugé excessif. Beaucoup d’organisations y voient une logique de dissuasion plutôt que de poursuite d’infractions individuelles caractérisées.

3. La continuité des critiques

 Ces observations s’inscrivent dans une série d’alertes plus anciennes : Gilets jaunes (2018-2019), Sainte-Soline (2023), émeutes de 2023, etc. La Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe avait déjà recommandé en 2019 de suspendre l’usage du LBD. Le Comité des droits de l’homme de l’ONU a réitéré des préoccupations en 2024.

En résumé, les critiques étrangères convergent sur un diagnostic : la doctrine française de maintien de l’ordre, avec son recours fréquent à des armes potentiellement mutilantes et une approche peu orientée vers la désescalade, produit un niveau de blessures graves (surtout chez les jeunes) que l’on ne retrouve pas à la même échelle dans les autres démocraties européennes. 

Ces critiques sont portées par des organisations de défense des droits humains, des experts de l’ONU et une partie de la presse internationale, et elles se sont particulièrement cristallisées autour du traitement des lycéens en octobre 2026.

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