Le dilemme ou syndrome du hérisson est une métaphore des
relations humaines.
Et il y a quelques bonnes raisons de s'y intéresser quand on constate les difficultés rencontrées par les couples et les familles qui éclatent... Selon les données nationales, près d’1 famille sur 4 est
monoparentale en France, dont 82 % de mères seules (Insee, Observatoire des
territoires). 40 % de ces familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté, avec des difficultés accrues d’accès
au logement, à la garde d’enfants et aux loisirs. Syndrome du hérisson ?
Formulé par Arthur Schopenhauer en 1851 dans Parerga et
Paralipomena, puis repris par Sigmund Freud, le dilemme du hérisson illustre la
tension entre besoin de proximité et risque de blessure mutuelle. L'hivers, les hérissons, transis de froid, cherchent à se rapprocher
pour se réchauffer, mais leurs piquants les blessent. Ils oscillent entre
rapprochement et prise de distance, ce qui est inconfortable et générateur de conflits.
Cette métaphore traduit la difficulté humaine à trouver une
juste distance relationnelle : trop loin = solitude / trop près = souffrance.
Schopenhauer lui-même niait la pertinence du libre arbitre :
il affirmait que l’humain est déterminé par ses conditions d'existence au sens large.
Mais quelle peut être l’articulation entre scepticisme concernant
le libre arbitre et dilemme du hérisson ?
Si nos comportements et notre conscience sont déterminés, les blessures
relationnelles ne sont pas entièrement imputables à une « mauvaise volonté » librement choisie. Cela
favorise une tolérance accrue dans les relations. Le scepticisme dans le libre
arbitre aide à comprendre que la souffrance relationnelle est inévitable et non
le fruit d’un choix libre.
On ajuste alors la distance avec réalisme, plutôt que de
chercher une fusion impossible.
Puisque la liberté absolue n’existe pas dans ce paradigme matérialiste, il faut des normes
et médiations (règles, institutions, rituels) pour réguler la proximité. Ces
cadres compensent l’absence de libre arbitre et permettent une cohabitation
harmonieuse.
Ce scepticisme invite également à la modestie : nos attentes
envers autrui doivent être limitées. Ce qui réduit les frictions et encourage une
compassion pragmatique.
Le scepticisme sur le libre arbitre ne supprime évidemment pas
le dilemme du hérisson, mais il le rend gérable. Il transforme la tension
entre distance et proximité en une négociation consciente. En acceptant que
nos choix soient conditionnés, nous développons une attitude compatissante et
réaliste qui amortit les piquants du hérisson.
Ainsi, la philosophie du déterminisme devient un outil pour
penser la coexistence humaine : moins de culpabilité, plus de régulation, et
une recherche d’équilibre entre solitude glaciale et fusion étouffante.
L’histoire des relations internationales est jalonnée de dilemmes où la
morale semble céder la place à des considérations stratégiques. Ce glissement
interroge : les États agissent-ils uniquement selon leurs intérêts ou
cherchent-ils à arbitrer entre puissance et éthique ?
De quoi parle-t-on ?
La morale identifie les principes éthiques du moment et du lieu visant à distinguer le bien du mal,
souvent influencée par des valeurs universelles ou - plus localement - culturelles.
La géopolitique est l’analyse
des rivalités de pouvoir entre États, dictée par des enjeux économiques,
militaires et diplomatiques.
L’interaction entre ces deux notions est donc ambivalente : la morale peut
être utilisée comme argument pour justifier des actions stratégiques, mais
aussi constituer un frein à certaines décisions.
Quels sont les arguments en faveur de la primauté
géopolitique sur la morale ?
Le rapport de force
Dans les
relations internationales, la puissance conditionne la prise de décision.
Un État peut condamner moralement une action tout en s’y conformant pour
préserver ses intérêts plus ou moins perçus comme "vitaux". L’approvisionnement énergétique peut mener à des alliances avec des
régimes autoritaires, malgré des principes démocratiques affichés comme c'est le cas concernant la guerre en Ukraine : l'Europe - dépendante du point de vue énergétique - a continué d'acheter du gaz et du pétrole russe...
Le pragmatisme
face aux enjeux globaux
Les États
doivent parfois prendre des décisions moralement contestables sur le moment pour éviter
des crises considérées comme plus graves potentiellement. Ainsi, l’intervention militaire peut sembler justifiée pour garantir la stabilité
régionale, même si elle implique des pertes humaines pour éviter des pertes ultérieures plus importantes encore. Les frappes nucléaires des USA sur le Japon était au moins en partie destinées à faire l'économie de plusieurs milliers de soldats américains.
Une grande flexibilité
des principes moraux en fonction des intérêts des états
La morale est
souvent invoquée selon les circonstances, à géométrie variable, et les États peuvent modifier
leur position en fonction des enjeux géopolitiques. L’attitude des grandes puissances envers certaines guerres ou dictatures
varie selon leurs besoins stratégiques (guerre en Irak en
2003 / retrait de la liste noire américaine du terroriste d’Ahmed
Al-Charaa - l’homme fort de la Syrie - avant sa visite officielle à Washington etc.).
De l'autre côté, quels sont lesarguments en faveur d’une morale
influençant la géopolitique ?
L’impact de
l’opinion publique est loin d'être négligeable comme l'ont montré les manifestations étudiantes américaines (et internationales) contre la guerre au Vietnam. Globalement, selon le régime en place, les sociétés
influencent peu ou prou les choix politiques, rendant difficile l’abandon total des
valeurs morales.
L’évolution des
mentalités face aux enjeux mondiaux fait naître une conscience
écologique et sociale qui pousse les États à tenir compte des principes moraux
dans leurs décisions géopolitiques (développement durable comme critère influençant les alliances
et les politiques économiques).
Finalement, la frontière entre morale et géopolitique est mouvante et dictée par les
circonstances. Dans un monde où les intérêts stratégiques prédominent comme actuellement, la
morale n’est jamais totalement absente, mais elle se voit souvent soumise aux
réalités du pouvoir. Cette tension persiste et constitue l’un des grands défis
des relations internationales modernes.
Au fond du fond, la géopolitique n'est qu'une affaire de rivalités, guerres, violences et autres invasions criminelles dans l'intérêt du plus fort. Ce fut un humain contre un autre, un clan contre un autre, un village contre un autre, un pays contre un autre... jusqu'aux guerres mondiales avec les alliances que l'on a connues.
Du point de vue spiritualiste - avec libre arbitre -, l'autre est différent et surtout moins bien que moi, ma famille, ma culture mon clan : il faut l'éliminer ou le dominer dans le cadre d'une survie à court terme. Le problème est que seule la coopération - et non la trahison - peut permettre la survie à long terme (voir Un sacré dilemme pour la morale) ! Tout particulièrement dans un monde qui possède l'arme atomique un peu partout...
Dans un monde matérialiste - sans libre arbitre -, toutes ces rivalités mortifères, cette haine des uns envers les autres ne signifient plus rien si personne ne peut faire autrement que ce qu'il fait, déterminé qu'il est. Ce qui impose le respect des cultures et des opinions différentes à partir du moment où les "trahisons" - qui ne disparaîtrons probablement jamais tout à fait (maladie mentale, éducation etc.) - seront traitées avec fermeté ; mais dans le respect de la personne et des peuples. Une morale qui prendrait enfin le pas sur la géopolitique.
Mais tout ceci passe par la philosophie, les sciences et l'éducation en général.
Ce qui s'appelle...
Pour conclure, une citation attribuée au mathématicien
Al-Khwarizmi à qui l'on demandait quelle était la valeur d’un être humain.
Il répondit :
Si une personne possède la morale, elle vaut 1.
Si elle y ajoute la beauté, ajoutez un zéro : elle vaut 10.
Si elle possède la richesse, ajoutez un autre zéro : elle
vaut 100.
Si elle a une noble lignée, ajoutez encore un zéro : elle
vaut 1000.
Mais si le 1, c’est-à-dire la morale, disparaît, alors il ne
reste que des zéros, sans aucune valeur.
Les neurosciences - qui n’arrivent pas à
trouver de libre arbitre dans le cerveau mais seulement un circuit (connectome) de la sensation
de liberté de choix (voirSearle, arc en ciel et... libre arbitre) - n’en
finissent pas d’inquiéter les juristes qui tiennent à sauver
à tout prix cette chimère de libre arbitre.
Une lutte
de pouvoir entre médecine et droit ? Le bon temps des punitions (peines
rétributives) pourrait devenir has been ? Quelle horreur !
Il suffit de lire des articles de spécialistes du
droit pour voir l’ampleur des dégâts intellectuels sous forme de concours d'incohérences scientifiques et philosophiques.
Voyons quelques perles de cette spécialiste du droit :
« … si l’existence de déterminants
neurobiologiques est indéniable, ils cohabitent et/ou rentrent en conflit avec d’autres déterminants de nature
sociale et, c’est justement parce qu’il existe une compétition entre ces
différents facteurs biologiques et culturels, que l’idée de liberté reste plausible. »
Si l’on comprend bien l'autrice, des
déterminants « neurobiologiques » + des déterminants « sociaux »
en interaction permanente permettraient de s’affranchir d’une détermination
chaotique laissant la place à une liberté ontologique ? Matérialisme +
matérialisme = spiritualisme ?
« Par ailleurs, les découvertes sur la plasticité
du cerveau, et sa capacité à se façonner en fonction de l’expérience vécue et
des apprentissages à tous les âges de la vie, sont inconciliables avec un déterminisme strict et ouvrent l’horizon des
possibles. »
L’expérience vécue, les apprentissages chez l’humain
- comme chez l’animal - permettent de s’adapter au mieux possible (survie) dans
un univers bien souvent hostile. A quel moment et par quel(s) mécanisme(s) de « plasticité
cérébrale » les déterminants de l’enfance feraient émerger quelque chose -
le libre arbitre - qui n’aurait plus rien à voir avec les déterminations
préalables ?
« Enfin, il faut tenir compte de l’irréductible
fantaisie de l’être humain, qui est capable de se comporter de manière tout à
fait irrationnelle. En conséquence de quoi, il nous semble que le comportement
humain restera toujours imprévisible.»
Certes. Mais cette fantaisie, cette imprévisibilité irrationnelle
humaine (comme animale) n’est pas l’œuvre d’un processus magique mais de l’indétermination
/ imprévisibilité issue du chaos déterministe (voir Fatalisme ? Fatal error !). Il est vrai que les propos des diverses citations ci-dessus montrent toute l'ampleur de l'irrationalité humaine.
Plus loin :
« Quoi qu’il en soit et, en définitive, il apparaît que le
dualisme cartésien ne peut plus sérieusement être soutenu. Comme Spinoza
l’avait soutenu en son temps, le mental n’est pas fondamentalement séparé du
biologique. Nos pensées affectent notre corps et notre cerveau. Et inversement,
tout changement dans le cerveau ou le corps affecte le fonctionnement mental.
Il existe donc une interaction bidimensionnelle entre le fonctionnement mental
et le fonctionnement cérébral. Toutefois, ceci ne remet nullement en cause l’existence et la possibilité du libre-arbitre. »
Et bien si, justement. Un argument d’autorité sans fondement, sans justification quelconque, sinon le sentiment que l'on ressent d'une liberté de choix (connectome déjà cité). Quant à la référence concernant Spinoza que l'autrice semble apprécier : ce grand philosophe combattait pied à pied la chimère du libre arbitre. Comprenne qui pourra.
Plus loin :
« Ainsi donc, alors que la psychanalyse enseigne depuis déjà plus
d’un siècle que nous ne sommes pas seuls maîtres en notre demeure... ».
Je ne suis pas seul maître en ma demeure ? Ce type de formulation
est terriblement inepte. Qui est ce « je » sinon l’amalgame complexe d’un
corps biologique doté d’un inconscient, d’une mémoire vive et d'une autre enfouie, d’une conscience
qui ne peut pas tenir compte en permanence de tous les biais cognitifs etc. L’autrice
renoue ici avec la dualité cartésienne dont elle a dit tout le mal qu’elle en
pensait - à juste titre - dans son paragraphe précédent.
Plus loin :
« Autrement dit, dans cette perspective, nous ne serions rien de plus
que les cellules qui nous composent.
Ben oui ; jusqu'à preuve du contraire. Preuve que nul n'apporte.
« (Mais) qui dit déterminisme biologique, dit absence de responsabilité… »
Faux. Personne ne dit qu’il n’existe qu’un déterminisme biologique.
Le déterminisme social joue son rôle (Bourdieu), et la survie tient compte des
déterminants sociaux + biologiques dans un chaos imprévisible (effet « papillon »)
qui nécessite l’outil statistique… Ce qui est valable pour la météo (soleil avec
70 % de chance demain) est aussi valable pour la dangerosité du délinquant.
Aucune certitude absolue ; et c’est tout le problème.
« Le naturalisme ne conduit pas nécessairement au réductionnisme.
S’il est vrai qu’il existe de nombreux déterminants au niveau biologique, il
se pourrait qu’à un niveau supérieur, la conscience libre conserve
un rôle causal. »
Il se pourrait ? Dans la même veine, il se pourrait que n’importe
quoi existe (enfer / paradis / sainte trinité / vie éternelle / complot mondial
de tel groupe ou tel autre…). Et qui a montré que la conscience est libre ? Et qu’elle pourrait avoir un rôle causal ?
« Si le processus de décision est initié au niveau cérébral, la conscience
du sujet et sa volonté ne sont pas tout à fait impuissantes. »
Ce n’est pas que conscience et volonté sont « impuissantes » ; c’est qu’elles
sont déterminées - si ce ne sont pas simplement des épiphénomènes - par les
lois naturelles comme tout ce qui existe.
« A propos du choix « libre » : « Il est vrai
que nous ne sommes pas en mesure de déterminer si ce choix est véritablement
libre ou s’il est déterminé à un autre niveau… ».
Il faudrait savoir ! Un peu de lucidité ne fait pas de mal.
Arrêtons cette liste d’incohérences à la Prévert. Si l'on se fie à ce que l'on sait (lois naturelles) et non à ce que l'on ne sait pas, personne ne peut
être coupable de ce qu’il est ; donc pas de « punition »
possible, mais une responsabilité qui reste entière du fait qu’on n'est pas
seul au monde.
Convenons que le libre arbitre "ontologique" serait un phénomène "extraordinaire" dans le cadre des lois naturelles. Et pour accepter des phénomènes extraordinaires, il faudrait des preuves tout aussi extraordinaires !! Sans aucun acharnement à son égard du fait de la bouillie philosophico-scientifique qui règne dans notre culture, on est encore très loin du compte avec cet article de P. Larrieu.
Ainsi, dans un cadre matérialiste, le concept de liberté n'est que la capacité d’un système déterminé à agir
selon ses propres mécanismes internes, sans contrainte externe ou interne (type maladie / accident...) qui entraverait sa volonté causalement déterminée.
L'un des arguments des croyants dans le libre arbitre (LA) ontologique (on ne parle pas ici du sentiment de LA... Voir ici) est de considérer que tout in fine est quantique, et que "l'incertitude quantique" serait à l'œuvre dans l'existence "réelle", ontologique du libre arbitre. Il est vrai que si tout ce qui existe est déterminé par l'état antérieur de l'univers, on ne voit pas très bien comment un libre arbitre humain survolant les déterminants génétiques et environnementaux au sens large pourrait exister (sauf à croire au surnaturel, peut-être).
Quelques réflexions sur ce sujet complexe dans lequel physiques classique et quantique sont opérantes sans pouvoir se réunir (si vous avez la solution de la symbiose physique possible, postulez pour le Prix Nobel) :
Concernant le chaos déterministe auquel est confronté tout scientifique : la sensibilité exponentielle aux conditions initiales (effet
papillon) et l'ignorance pratique infinie de celles-ci amène à un hasard qualifié d'épistémique (lié à
notre connaissance). Les lois d'évolution déterministes (par exemple, équations de
Newton etc.) sont intrinsèquement réversibles, mais le chaos
introduit une irréversibilité pratique de la prédiction. La prédictibilité est impossible à long terme pour les trajectoires
individuelles, mais excellente pour les propriétés statistiques (température,
pression, etc.) en raison des propriétés d'ergodicité et de mélange. C'est ce que nous annonce la météo avec la probabilité de 70 % de "chance" d'avoir de la pluie demain.
Du côté quantique : il existe un indéterminisme fondamental de la nature (interprétation "majoritaire" de Copenhague mise en cause par celle de Bohm qui reste déterministe), confirmé par la
violation des inégalités de Bell avec rejet des variables cachées locales. Le
hasard est ici ontologique (lié à la nature même du réel). Ainsi, les lois de l’évolution sont déterministes pour la fonction
d'onde (ψ) selon l'équation de Schrödinger, mais l'acte de mesure (effondrement
de ψ) introduit un résultat intrinsèquement probabiliste. L'équation de
Schrödinger est certes réversible, mais la réduction du paquet d'onde (la mesure) est
un processus irréversible et probabiliste dans les résultats de mesures sur des systèmes
individuels.
Pour simplifier : la loi de la gravité (classique) fait que le verre lâché se
casse dans 99,2 % des cas (mesure) selon l'angle d'arrivée au sol, la qualité
du verre etc. Idem pour la position du chat de Schrödinger (mort ou vivant / 0 ou 1) ou
la position probable à 78 % (mesure) d'une particule (quantique).
Les statistiques sont décidément partout.
Bref. Du point de vue de la pratique physique et de
l'ingénierie, la différence entre l'imprévisibilité radicale du
chaos déterministe et l'indéterminisme fondamental de la mécanique
quantique (MQ) peut sembler mince, car dans les deux cas, on doit se contenter
d'une description statistique ou probabiliste du futur. Le
résultat pour l'observateur est une incertitude absolue sur la
trajectoire individuelle d'une particule (MQ) ou d'un système déterministe chaotique
(classique) à court, moyen ou long terme.
Pour les tenants du LA ontologique, certains
processus cérébraux (déclenchement de potentiels d'action ou
la libération de neurotransmetteurs...) pourraient être affectés par l'aléa
fondamental quantique (un véritable "jet de dés"
ontologique). Une décision n'est plus une conséquence
nécessaire des événements passés, car elle contiendrait un élément de hasard
irréductible (l'absence de variables cachées locales).
Le problème est que le libre arbitre nécessite
d'être libre etresponsable / coupable (ce que faisait très efficacement la guillotine). Mais le hasard quantique crée de l'aléa,
pas un LA ontologique. Un choix dicté par un événement
aléatoire quantique est accidentel, et non contrôlé par la volonté
de l'agent. Et personnes chez les partisans du LA ontologique (pas juste le sentiment de LA) ne répond à cette question primordiale. Pour cause. Le cerveau est un système chaud, humide et
bruyant : conditions idéales pour que la décohérence se produise en un temps
extrêmement court (de l’ordre de10⁻¹³ à 10⁻²⁰ secondes selon les estimations). Les neurones,
synapses et réseaux cérébraux fonctionnent donc à un niveau classique : signaux
électriques, potentiels d’action, neurotransmetteurs.
Cependant, certains
chercheurs explorent l’idée que des effets quantiques résiduels pourraient
intervenir dans des structures particulières (par ex. microtubules
intracellulaires, hypothèse Penrose-Hameroff). Ces théories restent très
controversées et non confirmées expérimentalement. En fait, la majorité des neuroscientifiques considèrent
que la conscience et le traitement de l’information cérébrale émergent de
processus classiques, même si la matière de base (atomes, électrons) obéit à la
MQ.
Sans compter que la charge de la preuve incombe aux partisans du LA... et que le rasoir d'Ockham les contredit.
Dans le cadre de la survie à tout prix, cette incertitude - quelle que soit la réalité sous-jacente (déterministe ou indéterministe) - est insupportable et nécessite d'entrevoir les conséquences éventuellement péjoratives de nos décisions (délibérations plus ou longues). D'où l'émergence de la notion de choix supposés libres alors qu'ils sont soit déterminés (chaos / physique classique), soit indéterminés (MQ) dans le cadre d'une conscience jouant aux dés.
La belle liberté de pensée que voilà !
A laquelle on s'accroche désespérément pour des raisons "sociales" de responsabilité - qui perdurent dans tous les cas de figure -, mais aussi de culpabilité (punition / on pouvait faire autrement que ce qu'on a fait...), culpabilité qui ne peut pourtant exister dans aucun des cas décrits précédemment (MC ou MQ). Et ce avec tous les dégâts et passions tristes que cette conception de l'humain implique (voir Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences et Le côté obscur du libre arbitre).
Si vous souhaitez en savoir plus sur le hasard quantique en écoutant notre Prix Nobel Alain Aspect :
________________________________
Et pour aller plus loin, le livre "La dernière blessure" centré sur la notion du libre arbitre (illusoire)... en cliquant sur l'image ci-dessous
Prenons une petite entreprise qui fabrique des boites de vitesses pour l'industrie automobile. Va-t-elle embaucher ? Oui si le "donneur d'ordre" (Stellantis etc.) en a besoin. Lui-même doit s'adapter à la demande "macroéconomique" : pas de demande de voitures, pas d'emplois à créer.
Qui maîtrise le phénomène ? Pas l'industriel qui peut faire toutes les campagnes marketing qu'il veut sans que cela puisse assurer des ventes de voitures si les gens n'ont pas de quoi payer la voiture électrique ou n'ont aucune envie pour le nouveau modèle proposé au salon annuel de l'automobile...
En fait, tout se passe en économie libérale comme dans l'évolution darwinienne biologique : mutations qui sont - pour faire court - sélectionnées par un environnement propice ou non à cette "mutation". L'exemple des start-up de l'économie numérique en sont un exemple parfait. Beaucoup d'entre elles meurent au champ d'honneur de la création d'emplois.
Dans cet écosystème économique darwinien, les entrepreneurs sont donc contraints - sous peine de faillite - de s'adapter à la demande environnementale (recours à des sous-traitants corvéables à merci, éjectés si trop "coûteux" ; emplois intérimaires comme variable d'ajustement etc.) ; demande environnementale qui dépend elle-même de l'économie du pays, sinon du monde entier dans le cadre de la mondialisation en marche. Les taxes de Trump sont un bon exemple de notre dépendance à la mondialisation en termes d'emplois dans certains secteurs de l'économie française.
Dans ce contexte, faut-il privilégier "la politique de l'offre" mise en place en France depuis 2017 avec plusieurs centaines de milliards annuels confiés aux entreprises, sans condition, sans contrepartie, avec des résultats plus que mitigés. Bien que les partisans de la politique de l'offre mettent en avant l'attractivité retrouvée
de la France et la création d'emplois, la relation de cause à effet n'a
pas été scientifiquement établie. Par exemple, la transformation de
l'impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) n'a
pas eu d'effet direct sur l'investissement, selon les rapports
d'évaluation. Certaines entreprises bénéficient d’aides tout en réduisant leurs effectifs ou en versant des dividendes élevés. Sans compter que la politique de l'offre coûte environ 60
milliards d'euros annuels en moindres rentrées fiscales. La question est
de savoir si cet investissement en vaut la peine, surtout en période de
faible demande.
En période de
récession ou de faible demande, les politiques favorables à la demande peuvent
être plus efficaces pour stimuler rapidement l'économie.
Le curseur entre offre et demande est difficile à ajuster, certes.
Mais en cette période de dette abyssale où les besoins de financement sont criants (impératifs écologiques / services publics en déshérence / guerre en Europe / pauvreté : 12 millions de personnesconcernées en 2025,
soit environ18,5 % de
la population...), une taxe minime annuelle (2 %) sur les plus hauts revenus et patrimoines (taxe Zucman qui fait l'objet de propos infâmes) semble incontournable du point de vue symbolique et logique. Certes, quelques rares start-up "anormalement" survalorisées - Mistral par ex. - doivent faire l'objet d'une attention particulière en l'absence de liquidité, ce que prévoyait la taxe proposée. Les français semblent à 80 % en accord avec cette taxe... mais le centre, la droite et l'extrême droite parlementaires ont rejeté cette taxe Zucman le 31/10/2025, montrant par là leur détermination inique à protéger les ultra riches. L'argument déversé à pleins tomberaux par des pseudo économistes frayant avec les organes de presse des milliardaires (Europe 1, BFM, CNews, JDD etc.) affirme que cette taxe ruinerait l'économie française. Et ça fonctionne comme des phares figeant la réflexion des pauvres lapins que nous sommes.
Dans cette logique "plus les riches sont riches, mieux l'économie se portera", on se demande bien pourquoi il ne faudrait pas donner encore beaucoup plus aux gagnants du système actuel en taxant encore un peu plus les pauvres et la classe dite moyenne. Mais la règle bien connue des exploiteurs est de prendre tout... à conditions que les exploités puissent survivre a minima : ne pas tuer la poule aux œufs d'or.
L'un des arguments contre la taxe est d'affirmer, ce qui est vrai, que cette ponction sur les ultra riches ne résoudra pas le problème global des difficultés budgétaires. Mais qui dit cela ? Personne. C'est juste une façon de détourner le regard des lapins.
Point essentiel : rappelons qu'une fortune de plus de 100 millions d'euros ne peut être que le fruit de l'accaparement par une "élite" du fruit du travail des collaborateurs, car le mérite et/ou le talent des entrepreneurs sont des déterminations particulières non librement contrôlables, mais en aucun cas la manifestation d'un pseudo libre arbitre de "qualité" supérieure au voisin (voir "Qui mérite quoi ?"). Lorsque les ultrariches se plaignent d'impôt supplémentaires qui serait "confiscatoires", on devrait dire que ce sont eux - les détenteurs de capital ou les ultrariches - qui captent une
part disproportionnée de la valeur créée par les collaborateurs. On pourrait
ainsi parler de « prélèvements privés confiscatoires »,
puisque la rémunération du travail est réduite pour profiter aux dividendes,
stock-options et autres rentes. Quant aux héritiers/rentiers, ils n'ont rien fait d'autre que naître au bon endroit.
Les stratagèmes pour ne pas payer d'impôts montrent toute l'intelligence humaine déployée pour voler légalement la communauté.
Un bel exemple : le «
mécanisme Lombard »
renvoie non pas à une loi écrite, mais à une pratique financière qui peut
être utilisée par de très hauts patrimoines pour réduire leur imposition. C’est un prêt garanti par un portefeuille d’actifs financiers
(actions, obligations, fonds, etc.). La banque prête une somme d’argent
importante à son client, à un taux défiant toute concurrence fiscale (1,5 % environ) en prenant en gage ses titres. Le client conserve la
propriété de ses titres qui peuvent continuer à générer dividendes ou
plus-values, et obtient de la liquidité immédiate sans avoir à vendre.
Exemple : un milliardaire détient 100 M€ d’actions. S’il vend 10 M€ pour acheter une
villa, il va devoir payer l’impôt sur la plus-value. Avec un crédit Lombard, il met ses
actions en garantie et emprunte 10 M€ auprès de sa banque. Il achète la villa : pas d’impôt immédiat, les actions restent en portefeuille. Idem pour son train de vie au quotidien : pourquoi payer des impôts quand on peut emprunter à une banque et annuler ses revenus imposables ?
Ce que font des milliers de "riches" en France... comme Elon Musk aux USA qui n'aime pas non plus les impôts tout en étant sponsorisé par l'état dans ses activités commerciales lucratives... Les "holdings" fournissent à ce titre et à d'autres (transmission du patrimoine) une enveloppe idéale pour échapper au fisc.
Sans oublier les autres détournements du fonctionnement du système bancaire. Par exemple :
"Le scandale CumCum (du latin cum, pour « avec dividendes ») de 2018.
L’objectif d’une opération de CumCum est d’échapper aux prévisions de l’article 119 bis, 2, du Code général des impôts. Selon ce texte, les dividendes versés à des personnes non domiciliées ou établies sur le territoire français doivent faire l’objet d’une retenue à la source.
Concrètement, il consiste pour un actionnaire d’une
entreprise à transférer temporairement la propriété de ses actions, quelques jours avant la
distribution des dividendes à des sociétés-écrans ou à des établissements bancaires offshore. Après le versement des dividendes, les actions et l’argent étaient restitués à leur propriétaire initial." Net d'impôt !
Le pacte Dutreil n'est pas mal non plus... dans ses dévoiements. Il était censé initialement permettre la transmission des entreprises sans devoir vendre une partie de l'entreprise afin de pérenniser l'outil de travail.
Voici une comparaison chiffrée :
Pour une PME
familiale de 5 M€, le pacte Dutreil réduit les droits de succession de
2,25 M€ à 562 500 €, soit une économie de 1,687 M€.
Pour un grand
groupe de 500 M€, les droits passent de 225 M€ à 56,25 M€, soit
une économie colossale de 168,75 M€.
Analyse détaillée
1. PME familiale (5 M€)
Sans
Dutreil : 5 000 000 × 45 % = 2 250 000 €.
Avec
Dutreil : seule 25 % de la valeur est imposable → 1
250 000 × 45 % = 562 500 €.
Économie
:1 687 500 €. Ici, l’avantage fiscal correspond bien à l’esprit
de la loi : éviter qu’une PME doive être vendue pour payer les droits.
Avec
Dutreil : base imposable réduite à 125 000 000 € →
125 000 000 × 45 % = 56 250 000 €.
Économie
:168 750 000 €. Ici, l’économie est gigantesque et illustre le dévoiement
dénoncé : un outil pensé pour les PME devient une niche fiscale pour les
grandes fortunes.
Lecture
stratégique
Esprit
initial : protéger les entreprises familiales
locales, préserver l’emploi et le savoir-faire.
Dévoiement
: transmission de patrimoines colossaux avec une fiscalité réduite de
façon disproportionnée.
Le magazine Challenges rappelait récemment que, alors qu’elles pesaient 6 % du PIB en 1996, les 500 plus grandes fortunes représentaient 42 % du PIB en 2024. De la loi naturelle de gravitation qui semblait déterminer le ruissellement de l'eau vers le bas, tout comme celui de la richesse, on en est arrivé à un ruissellement qui part du bas vers le haut.
Les lois de la physique en restent baba.
En fait, une prouesse métaphysique basée sur une pseudo qualité "supérieure" des héritiers et des entrepreneurs à succès (je ne parle pas ici des TPE et PME qui ont parfois du mal à survivre).
Ce qui n'empêche évidemment pas par ailleurs de faire le ménage dans les dépenses étatiques structurelles qui sont nécessaires !
L'économiste et philosophe Frédéric Lordon fait le point :
Et à propos du bien commun, voici une expérience riche !
_________________________________________________
Et pour aller plus loin, le livre "La dernière blessure" centré sur la notion du libre arbitre (illusoire)... en cliquant sur l'image ci-dessous
Après le bracelet, la déchéance de la Légion d'Honneur, les barreaux ? Jusqu'où descendra le parrain de la droite française ?
Rappel de quelques faits concernant la "chronologie" Sarkozy – Kadhafi
Année
Événements
clés
Implications
2007
Nicolas
Sarkozy est élu président. Des témoignages ultérieurs affirment que sa
campagne aurait reçu des fonds occultes du régime Kadhafi.
Début des
soupçons de financement illégal.
2008–2010
Relations
officielles fluctuantes : accueil fastueux de Kadhafi à Paris (2007), puis
refroidissement.
La France
cherche à garder une influence stratégique en Libye.
Février 2011
Soulèvement
en Libye dans le sillage du « Printemps arabe ».
Kadhafi
réprime violemment, l’Occident s’inquiète d’un massacre.
Mars 2011
Sarkozy
reconnaît le Conseil national de transition (CNT) comme représentant légitime
du peuple libyen. La France pousse à l’ONU pour la résolution 1973 (zone
d’exclusion aérienne).
La France
prend la tête de l’intervention.
19 mars 2011
Début des
frappes aériennes françaises contre les forces de Kadhafi.
La France
est le premier pays à frapper, rôle décisif dans la guerre.
Octobre 2011
Mort de
Kadhafi à Syrte.
Fin du
régime, mais début du chaos libyen.
2012
Médiapart
publie des documents affirmant que la campagne de 2007 a été financée par la
Libye.
Début de
l’affaire judiciaire.
2013–2018
Enquêtes
judiciaires, auditions, mises en examen de Sarkozy et de ses proches.
Lien entre
financement occulte et guerre de 2011 évoqué par certains témoins.
2020–2023
Multiplication
des révélations et témoignages d’intermédiaires.
L’hypothèse
d’un financement libyen gagne en crédibilité judiciaire.
Septembre
2025
Sarkozy est
condamné à 5 ans de prison pour « association de malfaiteurs
» dans l’affaire des financements libyens.
Première
condamnation d’un ancien président français pour ce type de faits.
En dehors de Nicolas Sarkozy, sept autres personnes ont été
condamnées, dont les anciens ministres Claude Guéant et Brice Hortefeux. Ces
derniers ont été condamnés à respectivement six ans et deux ans de prison par
le tribunal correctionnel de Paris. Au delà des polémiques concernant cette décision judiciaire qui considère que nous avons été gouvernés durant 5 années par un gang de malfaiteurs (!), on est évidemment fondé à se poser quelques questions sur la relation à géométrie variable "je t'aime moi non plus" entre les deux chefs d'état.
Ainsi,
Sarkozy a été l’un des premiers dirigeants occidentaux à plaider pour une
intervention militaire contre le régime de Kadhafi, au moment du soulèvement de
2011.
La France a été le premier pays à reconnaître officiellement le Conseil
national de transition (CNT) comme représentant légitime du peuple libyen.
Paris a poussé au vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de
l’ONU, qui autorisait une zone d’exclusion aérienne et des frappes pour «
protéger les civils ». L’aviation française a été la première à frapper les
forces de Kadhafi.
Cette intervention, menée avec le Royaume-Uni et les États-Unis, a contribué
à l’effondrement du régime et à la mort de Kadhafi en octobre 2011. Beaucoup de
Libyens considèrent que Sarkozy a joué un rôle décisif dans la destruction de
leur État et le chaos qui a suivi.
Certains observateurs et proches de Kadhafi avancent que l’empressement de Sarkozy à intervenir militairement en Libye visait aussi à faire disparaître un régime qui détenait des preuves compromettantes de ce financement. Ahmad el-Kadhafi, un cousin du dirigeant libyen déchu, « salue la justice française pour cette décision » et appelle « le président Macron à ouvrir rapidement une enquête sur ce qu’il s'est passé en 2011, et sur les raisons pour lesquelles M. Sarkozy est intervenu en Libye ».
Cette thèse reste débattue, mais elle nourrit une forte suspicion
dans l’opinion publique libyenne et française.
Au passage, ce sont ceux-là mêmes qui ont les mots les plus durs envers les délinquants de toute sorte, critiquant une justice laxiste à longueur de temps - la droite pour faire simple -, qui trouvent scandaleuses les décisions qui les concernent (Marine Le Pen récemment). Mais il faudrait aussi se méfier de ses soutiens qui ne sont pas à l'abri d'un lapsus disons... gênant.
Toujours en passant, une remarque que l'on entend jamais et qui en dit long sur les différents usages du pouvoir à gauche et à droite (voir le tableau en fin d'article) :
À gauche : les déficits de probité sont surtout individuels (Cahuzac,
Thévenoud, Kucheida) et reposent sur des fautes personnelles (fraude,
mensonge, abus de position).
À droite : les affaires majeures sont souvent systémiques et
collectives (Karachi, Bygmalion, Bettencourt, Balkany, financement libyen, Le Pen).
Elles impliquent des réseaux, des intermédiaires, et une logique de clan, de bande
organisée.
Il faut bien avouer que le désamour envers nos politiciens a quelques raisons d'être quand ils nous disent bien se connaître eux-mêmes au point de pouvoir dire...
Un danger majeur pour la démocratie. " Il ne faut jamais donner le pouvoir à ceux qui le
veulent " (Platon ?)
En conclusion, Sarkozy a été l’architecte politique et
militaire de l’intervention occidentale en Libye qui a
précipité la chute de Kadhafi. Sur le plan judiciaire, il est aujourd’hui
condamné pour ses liens financiers occultes avec ce même régime, ce qui jette
une ombre sur les motivations réelles de son action en 2011. Il n’est pas récidiviste au sens juridique,
mais il l’est au sens politique et médiatique,
puisqu’il cumule désormais plusieurs condamnations inédites pour un ancien
président de la République.
Il y aura appel de cette condamnation, avec peut-être quelques éléments nouveaux afin d'éclairer ce qui ressemble à un scandale d'état, pour le moins. Je fais confiance à la défense pour que le parrain de la droite ne fasse que très peu de prison. La délinquance en col blanc qui ne touche, comme ici, que la probité au sommet de l'état - et donc la totalité d'un pays -, est un moindre mal en comparaison d'un SDF en col sale qui chaparde.