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Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?

L'un des arguments des croyants dans le libre arbitre (LA) ontologique (on ne parle pas ici du sentiment de LA... Voir ici) est de considérer que tout in fine est quantique, et que "l'incertitude quantique" serait à l'œuvre dans l'existence "réelle", ontologique du libre arbitre. Il est vrai que si tout ce qui existe est déterminé par l'état antérieur de l'univers, on ne voit pas très bien comment un libre arbitre humain survolant les déterminants génétiques et environnementaux au sens large pourrait exister (sauf à croire au surnaturel, peut-être).

Quelques réflexions sur ce sujet complexe dans lequel physiques classique et quantique sont opérantes sans pouvoir se réunir (si vous avez la solution de la symbiose physique possible, postulez pour le Prix Nobel) :

  • Concernant le chaos déterministe auquel est confronté tout scientifique : la sensibilité exponentielle aux conditions initiales (effet papillon) et l'ignorance pratique infinie de celles-ci amène à un hasard qualifié d'épistémique (lié à notre connaissance). Les lois d'évolution déterministes (par exemple, équations de Newton etc.) sont intrinsèquement réversibles, mais le chaos introduit une irréversibilité pratique de la prédiction. La prédictibilité est impossible à long terme pour les trajectoires individuelles, mais excellente pour les propriétés statistiques (température, pression, etc.) en raison des propriétés d'ergodicité et de mélange. C'est ce que nous annonce la météo avec la probabilité de 70 % de "chance" d'avoir de la pluie demain.
  • Du côté quantique : il existe un indéterminisme fondamental de la nature (interprétation "majoritaire" de Copenhague mise en cause par celle de Bohm qui reste déterministe), confirmé par la violation des inégalités de Bell avec rejet des variables cachées locales. Le hasard est ici ontologique (lié à la nature même du réel). Ainsi, les lois de l’évolution sont déterministes pour la fonction d'onde (ψ) selon l'équation de Schrödinger, mais l'acte de mesure (effondrement de ψ) introduit un résultat intrinsèquement probabiliste. L'équation de Schrödinger est certes réversible, mais la réduction du paquet d'onde (la mesure) est un processus irréversible et probabiliste dans les résultats de mesures sur des systèmes individuels. Notons que ce hasard ontologique de la mécanique quantique est toutefois remis en cause par certains chercheurs n'adhérant pas à l'interprétation de Copenhague.

Pour simplifier : la loi de la gravité (classique) fait que le verre lâché se casse dans 99,2 % des cas (mesure) selon l'angle d'arrivée au sol, la qualité du verre etc. Idem pour la position du chat de Schrödinger (mort ou vivant / 0 ou 1) ou la position probable à 78 % (mesure) d'une particule (quantique). 

Les statistiques sont décidément partout.

Bref. Du point de vue de la pratique physique et de l'ingénierie, la différence entre l'imprévisibilité radicale du chaos déterministe et l'indéterminisme fondamental de la mécanique quantique (MQ) peut sembler mince, car dans les deux cas, on doit se contenter d'une description statistique ou probabiliste du futur. Le résultat pour l'observateur est une incertitude absolue sur la trajectoire individuelle d'une particule (MQ) ou d'un système déterministe chaotique (classique) à court, moyen ou long terme. 

Pour les tenants du LA ontologique, certains processus cérébraux (déclenchement de potentiels d'action ou la libération de neurotransmetteurs...) pourraient être affectés par l'aléa fondamental quantique (un véritable "jet de dés" ontologique). Une décision n'est plus une conséquence nécessaire des événements passés, car elle contiendrait un élément de hasard irréductible (l'absence de variables cachées locales).

Le problème est que le libre arbitre nécessite d'être libre et responsable / coupable (ce que faisait très efficacement la guillotine). Mais le hasard quantique crée de l'aléa, pas un LA ontologique. Un choix dicté par un événement aléatoire quantique est accidentel, et non contrôlé par la volonté de l'agent. Et personnes chez les partisans du LA ontologique (pas juste le sentiment de LA) ne répond à cette question primordiale. Pour cause. Le cerveau est un système chaud, humide et bruyant : conditions idéales pour que la décohérence se produise en un temps extrêmement court (de l’ordre de10⁻¹³ à 10⁻²⁰ secondes selon les estimations). Les neurones, synapses et réseaux cérébraux fonctionnent donc à un niveau classique : signaux électriques, potentiels d’action, neurotransmetteurs. 

Cependant, certains chercheurs explorent l’idée que des effets quantiques résiduels pourraient intervenir dans des structures particulières (par ex. microtubules intracellulaires, hypothèse Penrose-Hameroff). Ces théories restent très controversées et non confirmées expérimentalement. En fait, la majorité des neuroscientifiques considèrent que la conscience et le traitement de l’information cérébrale émergent de processus classiques, même si la matière de base (atomes, électrons) obéit à la MQ.

Sans compter que la charge de la preuve incombe aux partisans du LA... et que le rasoir d'Ockham les contredit.

Dans le cadre de la survie à tout prix, cette incertitude - quelle que soit la réalité sous-jacente (déterministe ou indéterministe) - est insupportable et nécessite d'entrevoir les conséquences éventuellement péjoratives de nos décisions (délibérations plus ou longues). D'où l'émergence de la notion de choix supposés libres alors qu'ils sont soit déterminés (chaos / physique classique), soit indéterminés (MQ) dans le cadre d'une conscience jouant aux dés. 

La belle liberté de pensée que voilà ! 

A laquelle on s'accroche désespérément pour des raisons "sociales" de responsabilité - qui perdurent dans tous les cas de figure -, mais aussi de culpabilité (punition / on pouvait faire autrement que ce qu'on a fait...), culpabilité qui ne peut pourtant exister dans aucun des cas décrits précédemment (MC ou MQ). Et ce avec tous les dégâts et passions tristes que cette conception de l'humain implique (voir Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences et Le côté obscur du libre arbitre).

Si vous souhaitez en savoir plus sur le hasard quantique en écoutant notre Prix Nobel Alain Aspect :


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Matérialisme versus naturalisme

Le matérialisme et le naturalisme sont deux courants philosophiques qui partagent des similitudes, notamment leur rejet des explications surnaturelles, d'une quelconque transcendance, de l'hypothèse d'un dieu quel qu'il soit... Cependant, pour certains philosophes, ces courants semblent diverger sur quelques points fondamentaux concernant la nature de la réalité et la portée de la connaissance.

Le matérialisme (Démocrite, Épicure, Lucrèce, La Mettrie, Diderot, d'Holbach, Marx, Engels...) est une doctrine selon laquelle la seule réalité existante est la matière et ses propriétés. Tout ce qui existe, y compris la conscience, la pensée, les émotions, est une manifestation émergente de la matière potentiellement réductible à des processus matériels.
Le matérialisme (physicalisme) donne la primauté à la matière. Il n'y a pas d'esprit ou d'âme immatérielle qui existerait indépendamment du corps ou de la matière. Les phénomènes mentaux, psychologiques et même sociaux sont expliqués en termes de processus physiques et chimiques au niveau le plus fondamental (ex : le cerveau et ses interactions neuronales). 
Le matérialisme s'oppose fermement au dualisme (séparation corps / esprit cher à Descartes) et au spiritualisme : tous les événements sont le résultat de chaînes causales matérielles bien souvent chaotiques (voir Chaos...). 
En l'absence de preuves établies, il n'y a pas de "force vitale" ou de "volonté divine" qui dirigerait les phénomènes rejetant ainsi catégoriquement l'existence de toute entité ou explication qui transcenderait le monde physique et ses lois.

De l'autre côté, le naturalisme (Stoïciens, Spinoza, la majorité des philosophes analytiques contemporains, les philosophes des sciences) est une doctrine philosophique qui se prétend plus large en affirmant que tout ce qui existe fait partie de la nature, et que la nature est le seul domaine d'étude valable. 
Il s'appuie fortement sur les méthodes et les découvertes des sciences naturelles pour comprendre le monde. Les phénomènes du monde, y compris les phénomènes humains (conscience, morale), peuvent être expliqués par des lois naturelles et des chaînes causales propres à la nature, sans recourir à des principes extérieurs.

A ce stade, on ne voit pas bien pourquoi il faudrait différencier les deux approches. 

Il faut donc entrer dans quelques subtilités supplémentaires qui font tout le sel de la philosophie.
On peut dire que tout matérialisme est un naturalisme, car si tout est matière, alors tout est naturel. Cependant, l'inverse n'est pas nécessairement vrai, car tout naturalisme n'est pas nécessairement un matérialisme "strict"


Ainsi, un naturaliste peut accepter l'existence de phénomènes naturels (comme la conscience ou les lois de la physique) sans les réduire nécessairement à des entités purement matérielles. Le naturalisme est une position qui se veut - pour certains - plus large, moins "engagée" ontologiquement que le matérialisme sur la nature ultime des constituants du monde. Le naturalisme n'est pas une doctrine a priori qui imposerait le déterminisme à la nature, mais plutôt une approche qui s'ajusterait aux preuves scientifiques, en tenant compte par exemple de l'indétermination quantique (hasard "pur" échappant (?) au chaos déterministe). 
Cependant, l'indéterminisme quantique n'implique fort heureusement pas un chaos total au niveau macroscopique. Les effets quantiques se "moyennent" souvent à grande échelle, ce qui fait que le monde macroscopique apparaît largement déterministe ou prédictible, même si le fond est probabiliste. Le chaos déterministe est d'ailleurs un concept de la physique classique qui montre que même des systèmes déterministes peuvent être imprédictibles en raison de leur sensibilité extrême aux conditions initiales, sans être pour autant l'indéterminisme fondamental de la mécanique quantique tel que décrit dans le modèle standard quantique actuel. 
La physique moderne (mécanique quantique, théories des cordes) a déjà tellement élargi la notion de "matière" (champs, énergie, information fondamentale) que la distinction devient moins pertinente, et que ce que certains naturalistes appellent un principe "non-matériel" pourrait simplement être une forme plus subtile de la "matière" d'une "manière" que nous ne comprenons pas encore.
Mais les recherchent s'intensifient comme le montre cette étude (2025)... sur des bases matérialistes !

Affirmer que tout est Matière d'un côté ou que tout est Nature de l'autre... La belle affaire. On a le sentiment de se retrouver au milieu des querelles byzantines concernant le sexe des anges, une incongruité en la Matière si je puis dire. Et le débat ne date pas d'hier.

En termes d'efficacité et d'heuristique : est-ce que l'une ou l'autre position est susceptible de fournir - par exemple en sciences - des avancées différentes en quantité ou en qualité ? C'est loin d'être le cas. En fait, pour la plupart des scientifiques, dans les applications quotidiennes, le chevauchement des deux concepts est si important que la distinction semble superflue.

On peut même se demander si ces pseudo différences entre matérialisme et naturalisme ne résident pas dans des résidus spiritualistes non assumés du côté de certains naturalistes proclamés comme notamment les philosophes Marcel Conche ou Daniel Andler, tous deux hostiles à remettre en question un libre arbitre incompatible pourtant avec le matérialisme. Les difficultés de ces naturalistes à abandonner toute forme de réductionnisme radical peut parfois ressembler à une tentative de préserver un espace pour des phénomènes qui, bien que qualifiés de "naturels", semblent échapper à une explication purement matérielle ; un peu comme un "résidu" du spiritualisme et/ou du dualisme qu'ils rejettent pourtant explicitement... Pourquoi vouloir que la conscience ou l'information ne soit pas entièrement et fondamentalement matérielle, si l'on rejette par ailleurs le surnaturel ? 

Par exemple, certains naturalistes comme David Chalmers avancent que l'expérience subjective (les qualia) ne peut pas être pleinement expliquée par les seules propriétés physiques du cerveau. Ce seraient des "propriétés naturelles" qui émergent du cerveau, mais leur nature qualitative ne serait pas réductible à des faits neuronaux ! (voir "Qualia : voilà une question qu'elle est bonne !").

Les matérialistes rétorquent : si ce n'est pas purement physique, qu'est-ce que c'est alors ? N'est-ce pas plutôt une manière détournée de réintroduire une forme de dualisme des propriétés, où la conscience serait une "chose" naturelle mais non physique ? 
Certains autres naturalistes déclarés - des "platoniciens modérés" adeptes d'un certain "monde des idées" (?) - affirment que les entités mathématiques ou les lois de la logique ont une existence objective et naturelle, non créée par l'esprit humain ni réductible à des configurations matérielles. 
Les critiques matérialistes peuvent alors se demander : si les entités mathématiques ou les lois de la logique ne sont pas matérielles, quel serait donc leur statut ? Ne sommes nous pas en train de postuler ici des "formes" ou des "idées" à la manière platonicienne, ce qui, bien que "naturel" aux yeux de ces naturalistes déclarés, s'éloigne de la matérialité ? 

Autre exemple concernant les différences supposées entre émergence "faible" et "forte"
L'émergence faible est compatible avec le matérialisme : les propriétés émergentes sont imprévisibles au niveau inférieur, mais entièrement causées et constituées par ce niveau inférieur (ex : les propriétés de l'eau à partir de H2O). 
L'émergence forte, en revanche, suggère que les propriétés émergentes ont des pouvoirs causaux nouveaux et fondamentaux qui ne peuvent pas être expliqués ou dérivés des propriétés des parties. C'est cette  conception que les matérialistes soupçonnent de flirter avec des explications non physiques. 

Quant aux attaques concernant un "matérialisme vulgaire" : certains naturalistes - sans doute plus élégants que les pauvres matérialistes bas du front comme moi - veulent congédier cette conception matérialisme qui réduirait par exemple l'amour à de simples décharges neuronales sans saisir la richesse de l'expérience vécue. Pourtant, c'est bien une affaire de neurones et de synapses (quoi d'autre ?) dans le cadre de la sélection naturelle, de même que les circuits neuronaux de la faim, de la peur, de la colère... Et ce n'est pas parce que nous ressentons les qualia correspondants (coup de foudre, décharge d'adrénaline etc.) que ce processus échappe aux lois physicalistes / matérialistes. Pas de cupidon à l'horizon, mais un habillage sentimental et orgasmique pour favoriser la reproduction de l'individu et de l'espèce, lune de miel comprise. 
Et alors ? 


Les quelques naturalistes concernés par ces ambiguïtés semblent vouloir garder le beurre (rejeter le surnaturel) et l'argent du beurre (préserver une "exception" non physique pour la conscience ou d'autres phénomènes). 


Nous laisserons la crémière tranquille concernant cette affaire : retournons plutôt à la paillasse et aux éprouvettes !
Pour tout dire, vous l'aurez compris, je suis matérialiste et naturaliste.
Si, si, ça existe !

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Intelligence collective et libre arbitre individuel

L’intelligence collective (IC) est devenue un objet central dans les discours institutionnels, les pratiques organisationnelles et les recherches en sciences humaines et sociales.

Cette IC intervient dans tous les recoins de notre vie commune (votes en politique, décisions en entreprise, dans les collectivités « participatives » et associations diverses etc. Bref, partout en société. Chaque individu nécessairement singulier (génétique / environnement / stochastique) apporte ce qu’il est, est influencé, modifie ses convictions et décisions en fonction des nouveaux déterminants auxquels il est confronté. 

Cette vidéo du Docteur en Ethologie Mehdi Moussaïd montre bien les enjeux de cette IC :

Cette IC qui semble faire bien "mieux" que la plupart des individus pris séparément laisse entière la question de savoir comment on en arrive à l'Amérique de Trump, la Russie de Poutine ou la Chine de de Xi Jinping... pour ne prendre que des exemples de l'actualité sans remonter à Hitler porté par l'IC allemande en 1933. Mais le fond de mon propos n'est pas là. 

Ce qui motive cet article est l'inconsistance pour moi des prémisses philosophico-scientifiques compatibilistes de cet excellent chercheur.

Pour Mehdi Moussaïd, chaque cobaye arrive avec son libre arbitre (quelle en est sa définition personnelle ? voir Libre arbitre : KEZAKO ?) tout en montrant dans ses expériences que les avis / décisions changent en fonction des déterminants et manipulations non choisis "librement". La cohérence globale du propos est mise à mal mais Mehdi Moussaïd ne fait ici que conforter ce que disent malheureusement nombre de scientifiques et de philosophes pour lesquels libre arbitre et déterminants font bon ménage (compatibilisme). Dans d'autres propos, il semble montrer que le libre arbitre n'existe pas... Il serait bon dans ce cas de ne pas en parler comme s'il existait !

Rappelons que la notion d'émergence de nouvelles propriétés ne doit rien à la magie d'un libre arbitre ontologique (voir L'émergence de Lenia et Libre arbitre : une propriété émergente compatible avec la science ?). De la même manière, l'impossibilité de connaître toutes les caractéristiques d'une seule molécule de gaz (= les déterminants qui font un "individu non prévisible") n'empêche pas pour autant la prévisibilité d'un grand nombre de molécules. Si vous lancez un dé une fois, le résultat est imprévisible. Si vous le lancez un milliard de fois, vous êtes certain que la moyenne sera très proche de 3,5. Pour un gaz, c'est la même chose : les comportements individuels extrêmes s'annulent. 

L'impossibilité de connaître l'unité n'empêche pas la certitude sur la masse. En fait, c'est précisément parce qu'elles sont si nombreuses que les erreurs de prédiction individuelles deviennent négligeables. Ce qui est à rapprocher de la notion de chaos déterministe (voir Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?).

Finalement, nul besoin d'un pseudo libre arbitre ontologique - qui est d'ailleurs incompatible avec les lois déterministes et indéterministes de le la Nature - pour travailler en sciences humaines. 

Ceci ne remet pas en cause les résultats forts intéressants de ce chercheur mais montre que la science sans conscience philosophique étayée entretient des idées reçues délétères (voir Le côté obscur du libre arbitre).

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Découvrez le sommaire des articles :

👉 Naturalisme Scientifique: ARTICLES (cliquer sur les titres ci-dessous)

  1. Présentation générale (1 et 2)
  2. Libre arbitre : KEZAKO ?
  3. Quelques citations de sceptiques concernant le Libre Arbitre
  4. Philosophie : des questions sans réponses ?
  5. Un Libre Arbitre... nécessaire ?
  6. Peut-on faire... autrement ?
  7. Les hypothèses au fil du Rasoir d'Ockham
  8. Libre Arbitre : une propriété émergente compatible avec la science ?
  9. Penser contre son cerveau
  10. Théorème du Libre Arbitre
  11. Délibération, décision... des preuves de Libre Arbitre ?
  12. Punir, sinon...
  13. Mais alors, sans culpabilité ni punition... que faire ?
  14. Les expertises psychiatriques en justice pénale : un scandale permanent
  15. Limite entre "santé" mentale et "pathologie" mentale
  16. Moi, moi, moi... Ayn Rand, la libertarienne adorée de Trump
  17. La sociologie, poil à gratter politique
  18. L'argument de la conséquence : conséquent ?
  19. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... nous affirme "librement" Sartre
  20. Blog de Blob
  21. L'émergence de LENIA
  22. Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences
  23. La science peut-elle aider à comprendre - voire infléchir - la moralité humaine ?
  24. Le côté obscur du Libre Arbitre
  25. Si un neuroscientifique nie le libre arbitre, comment peut-il rédiger un texte de consentement éclairé volontaire et proposer de le faire signer ?
  26. Le cerveau humain : normal... mais déficient
  27. Un sacré dilemme pour la "Morale"
  28. Fatalisme ? Fatal eror !
  29. Cellule de Mauthner, mouche... et Libre Arbitre
  30. Religions et enfants
  31. Un psychiatre sceptique du Libre Arbitre... à raison
  32. Steven Pinker nous explique le Libre Arbitre... mais mal
  33. Art, créativité, esthétique et naturalisme
  34. Combien de Mondes ? 8 milliards !
  35. Esthétique, éthique et toc (TikTok ?)
  36. Le peuple a-t-il toujours raison en démocratie ?
  37. Injustice, inégalité. Un traitement simple : les probiotiques !
  38. Immigration ? Emigration ? Remigration ?
  39. Sémantique, affects... politiques
  40. Violence, biais de négativité et extrême droite
  41. Changer les mots ou changer la réalité ?
  42. Banalité du mal
  43. Histoire : ni fierté, ni honte
  44. Chaos, entropie, origine de la vie.... et Dieu
  45. Bon Dieu, mais c'est bien sûr !
  46. Séparer l'Homme de l'Œuvre ?
  47. Du pain et des jeux
  48. Wokisme et cancel culture
  49. Ame : la controverse
  50. Corrélation ou causalité : l'embrouille !
  51. Dennet et le compatibilisme
  52. Economistes fous
  53. Autain contre Fourest : me too
  54. Le cas Kane
  55. Rapport XZTF22
  56. Searle, arc en ciel et... Libre Arbitre
  57. Saucisse de Frankfurt et courant alternatif
  58. Peter van Inwagen ne sait pas ce qu’est le Libre Arbitre... mais il y croit ! 
  59. Au royaume des fous furieux 
  60. Dignité humaine
  61. L'humain : un "robot" biologique ?
  62. Libre arbitre et intention
  63. Une Liberté à géométrie variable
  64. Philosophie "expérimentale"
  65. Experts, compétence et idéologie
  66. Dieu est mort... mais le cadavre convulse
  67. Nationalisme versus mondialisme
  68. Neuro... politique
  69. Le corbeau croasse et l'Homme croit
  70. Phénoménologie : une arnaque phénoménale ?
  71. Libet et la liberté (de la volonté) : encore une contrariété !
  72. La démocratie "travaillée" à la tronçonneuse façon Milei !
  73. MISTRAL souffle sur le libre arbitre ontologique... et le fait disparaître !
  74. Vous ne trouvez pas qu'il commence à faire un peu chaud ?
  75. Sophisme, quand tu nous tiens !
  76. Mais comment peut-on être de droite ? 
  77. La République des juges ?
  78. Alors, les religions : bon ou pas bon ?
  79. Pourquoi l’IA est-elle haïe ?
  80. Eliminons ?
  81. Qualia : voilà une question qu'elle est bonne !
  82. Qui mérite quoi ?
  83. Liberté d'expression
  84. Lucrèce : qui dit mieux ? Marc Aurèle ? Spinoza ?
  85. Coopération versus Trahison
  86. La Boussole de la Raison !
  87. Daniel Andler et la tentative de "dissolution" du libre arbitre !
  88. Matérialisme versus naturalisme 
  89. Sapolsky ! Enfin !!!!!!!!!!!!! 
  90. En avoir ou pas... des enfants
  91. Déterminisme ou superdéterminisme ?
  92. Manifeste déterministe et proposition de loi
  93. Sarko en prison ?
  94. Les patrons créent l'emploi ?
  95. Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?
  96. Conception actuelle de la Justice : incohérence à tous les étages !
  97. Morale / géopolitique : une confrontation inévitable ?
  98. Syndrome du hérisson et libre arbitre
  99. Peuple(s) "élu(s)" ?  
  100. Elon Musk : matérialiste ?
  101. Animal et animal... humain 
  102. Je résiste à tout... sauf au Chamallow 
  103. Humanité immature ?
  104. Intelligence collective et libre arbitre individuel
  105. La tentation techno-fasciste
  106. Hubris Urbi et Orbi
  107. Leçon de morale par Dominique de Villepin
  108. Misère de la métaphysique 
  109. Vie personnelle et naturalisme
  110. Entre chèvre et chou 
  111. Refondation de la responsabilité morale et du droit
  112. Toujours plus !

Art, créativité, esthétique et naturalisme

Pour la plupart des artistes, il ne peut y avoir de déterminisme dans leur inspiration, leurs créations, qui ne peuvent de toute évidence pas être "trivialement" le fruit de réactions physiques ou chimiques : l'Art est pour eux d'une autre nature. Ils sont le plus souvent de fervents partisans du libre arbitre et s'emportent facilement s'ils sont confrontés à des arguments contraires comme ceux du naturalisme, une sorte d'injure envers leur liberté et leur talent.


Pourtant, comme l'écrit le philosophe Miguel Espinoza : 

« La créativité (...) et l’imagination signifient un commencement nouveau de l’activité consciente. Mais il ne faudrait pas tomber dans le travers, assez courant, de considérer ce nouveau commencement comme un départ absolu - rien ne vient de rien. L’imagination n’est pas un commencement absolu de la conscience mais sa capacité à combiner inconsciemment ou consciemment, d’une nouvelle manière, les éléments qu’elle maîtrise ou qui la conforment. »

Ce qui semble évident pour Salvador Dali :

 "Ceux qui ne veulent rien imiter ne produisent rien."


De son côté, Paul Valery avait déjà montré comment la pensée créative échappe au contrôle volontaire (Introduction à la méthode de Léonard de Vinci - 1895).
Pour le philosophe Gilles Deleuze : « Le peintre ne peint pas sur une toile vierge, ni l’écrivain n’écrit sur une page blanche, mais la page ou la toile sont déjà tellement couvertes de clichés préexistants, préétablis, qu’il faut d’abord effacer, nettoyer, laminer, même déchiqueter pour faire passer un courant d’air issu du chaos qui nous apporte la vision ».

Les activités mentales dans le domaine de la création artistique, au même titre que la philosophie, les sciences etc. sont des produits du cerveau dans le cadre de l’évolution. 

« Le modèle probabiliste de la théorie du chaos cérébral ne se définit pas comme une désorganisation hasardeuse du système nerveux central, mais par une limite de prédictibilité de ses réactions et de son fonctionnement. Il n’affirme pas que le cerveau est indéterminé ou aléatoire, bien au contraire, mais que son extrême sensibilité aux variations de ses conditions initiales rend ses comportements tout simplement impossibles à anticiper avec exactitude. A l’image d’un nuage, d’une goutte d’eau sur la membrane d’un haut-parleur, des entrelacements de vaisseaux sanguins ou des galaxies, le cerveau dessine des formes qui, bien que répondant à un ordre statistique global, manifestent à une échelle microscopique un chaos local, échappant, au moins en partie, à la prévision. » Réf.

Ce que l'on peut mettre en évidence dans des expériences comme celle-ci : le musée Mauritshuis de La Haye a présenté les résultats d’une recherche en neuroscience menée sur son chef d’œuvre “La Jeune Fille à la Perle” de Vermeer. Cette étude récente montre que regarder un "vrai" tableau au musée Mauritshuis active le cerveau différemment par rapport à une reproduction du même tableau. La réaction émotionnelle du spectateur est dix fois plus forte lorsqu’il se trouve face à face avec le tableau dans le musée. Les chercheurs ont utilisé des électroencéphalogrammes (EEG) pour révéler que les œuvres d’art réelles, dont “La Jeune Fille à la perle”, suscitent une réaction positive puissante bien supérieure à celle des reproductions. Le secret de l’attraction de la « Fille » repose également sur un phénomène neurologique unique. Contrairement à d’autres peintures, elle parvient à « captiver » le spectateur, dans une « boucle d’attention soutenue ». Comme pour la plupart des visages, les visiteurs regardent d’abord les yeux et la bouche de la Fille, mais leur attention se déplace ensuite vers la perle, qui ramène ensuite l’attention sur les yeux et la bouche, puis sur la perle, et ainsi de suite. Un autre résultat frappant de l’étude est le fait que, lorsque quelqu’un regarde la Fille, c’est le précunéus qui est de loin la partie la plus stimulée de son cerveau (le précunéus est impliqué dans le sens de soi, l’introspection et les souvenirs épisodiques) Réf.


L’histoire de l’art est souvent racontée comme une succession de génies individuels, de ruptures stylistiques et de révolutions esthétiques. Pourtant, si l’on adopte une perspective issue des sciences de la complexité, un autre récit apparaît : les mouvements artistiques ne sont pas seulement le produit d’intentions individuelles, mais l’expression de dynamiques collectives, de conditions matérielles, et de structures émergentes comparables à celles observées dans les systèmes chaotiques aves ses attracteurs étranges dans tous les domaines, dont celui de la culture en évolution, dont l'Art. Dans le cadre de l'impressionnisme, chaque artiste - Monet, Renoir, Sisley, Pissarro, Morisot, Cézanne… - a exploré une zone différente de l’attracteur (N.B : Dans la théorie du chaos déterministe [Naturalisme scientifique], un attracteur étrange est une structure stable dans un système dynamique vers laquelle les trajectoires convergent même si le système est sensible aux conditions initiales, et même si aucune trajectoire n’est identique. Il ne s’agit pas d’un point fixe, mais d’une forme d’organisation émergente, reconnaissable, cohérente, mais jamais parfaitement répétée. C’est une forme sans plan, un ordre sans architecte.)

L’artiste n’est plus un créateur ex nihilo, mais un agent dans un système dynamique avec ses bifurcations, ses transitions de phase. Un Mozart ne pouvait pas créer sa musique au paléolithique : il fallait tous ses « ancêtres » musiciens pour en arriver là. L’art a également une histoire, avec ses déterminants propres. Après l’art pictural académique survient l’impressionnisme - non sans mal d’ailleurs - accompagné par des inventions qui montrent l’interconnexion entre les différentes activités humaines comme l'invention du tube de peinture souple par l'industrie à partir du milieu du XIXème siècle, le train qui permet de se rendre à la campagne... ce qui a permis à de jeunes peintres parisiens de sortir des ateliers pour peindre en plein air et saisir l'instant, la lumière. L’impressionnisme, loin d’être une simple coïncidence de talents, peut être compris comme un attracteur étrange culturel : une forme stable émergente vers laquelle convergent des trajectoires individuelles, sociales, techniques et économiques, sans qu’aucune ne l’ait explicitement planifiée.

Autre déterminant dans le cas de l'impressionnisme : le développement de la technique photographique à la même époque remet en cause ce qui jusqu'alors avait été l'une des fonctions principales de l'art : la représentation la plus fidèle possible de la réalité. Ces éléments, et d’autres, ont amené les impressionnistes à explorer d’autres sujets, d’autres façons de peindre qui privilégient la vision de l'artiste, son impression face au réel, et non la simple description « photographique » du réel. Un Monet au XVème siècle est improbable, et de toute façon nullement en adéquation avec ce qui était attendu d’un peintre à cette époque. Il a peut-être ouvert la voie à l’abstraction du fait de ses problèmes de cataracte[1], un déterminant dont il se serait bien passé. Un peintre cubiste au XIIIème siècle ne serait qu’un enfant ou un fou ; pas un Picasso. Faire écouter Mozart à des peuples "premiers" n'aurait peut-être pas grande signification pour les membres de ces communautés qui n’ont pas le contexte culturel musical préalable pour apprécier ce type de musique. Il serait bien difficile d’interpréter objectivement leurs réactions et l'on ne peut affirmer qu'il existerait une transcendance esthétique musicale universelle devant laquelle on devrait se prosterner. Il semble bien exister selon les contextes culturels des différences de perception émotionnelle. 

Ainsi, une étude menée auprès du peuple Tsimané en Bolivie a révélé que, contrairement aux auditeurs occidentaux, ils ne faisaient pas de distinction significative entre les accords consonants (jugés "agréables") et les accords dissonants (jugés "désagréables") de la musique occidentale. Pour eux, les deux types d'harmonies étaient considérés comme aussi plaisants. Cela suggère que notre préférence pour la consonance est en grande partie une construction culturelle et non une réaction universelle. Certains témoignages, bien qu'anecdotiques, rapportent que des tribus africaines ont pu percevoir la musique classique occidentale comme "stressante, rigide et désordonnée". La complexité de l'orchestration et la structure rigide des compositions occidentales peuvent entrer en conflit avec les traditions musicales locales, souvent basées sur la polyrythmie et l'improvisation.

Je connais même un dissident qui préfère Salieri à Mozart : c'est dire !

On peut également voir l’art comme une fonction sociale complexe comme le proposait magistralement le sociologue Pierre Bourdieu :

« La pratique culturelle sert à différencier les classes et les fractions de classe, à justifier la domination des unes par les autres. »[2]

Le bon goût, le mauvais goût, le dégoût du goût des autres[3]... plus généralement, la culture, comme le reste du vivant, semble obéir aux mêmes exigences de l’évolution Darwinienne[4], et individuellement, de la classe sociale. 

Pour Pierre Bourdieu :

« Le privilège du sociologue, s’il y en a un, n’est pas de se tenir en survol au-dessus de ceux qu’il classe, mais de se savoir classé et de savoir à peu près où il se situe dans les classements. À ceux qui, croyant s’assurer ainsi une revanche, me demandent quels sont mes goûts en peinture ou en musique, je réponds - et ce n’est pas un jeu - : ceux qui correspondent à ma place dans le classement. »[5]

Un exemple très personnel : le tableau ci-dessous du peintre Bruno TESSIER* est « horrible » pour une frange de la population, mais terriblement parlant pour moi : c’est le spectateur qui "fait aussi" le tableau. 

*Bruno TESSIER sur Instagram

En l’occurrence, j’y vois le petit enfant rose que l’on reste tout au long de sa vie, quoi qu’on en dise, avec les égratignures plus ou moins profondes (sous forme d'agrafes) que tout enfant a connues.
Cet enfant doit porter, tel Atlas portant le Monde, une tête d’adulte avec ses propres souffrances et celles du Monde (maladies, guerres, massacres divers...). Le tout sur un fond cosmologique goudronneux de physique classique mâtinée de quantique, soit autant d’impossibilité de connaître et de comprendre réellement ce que nous faisons là...

Pour moi, voici l’Homme (Ecce homo).

Et le cadre doré n’est pas arbitraire : il fait référence (toujours pour moi seulement peut-être) au contraste entre les conventions d’encadrement classique mettant en valeur des scènes bibliques ou autres sujets convenus et un contenu qui renvoie intensément aux questions de la connaissance, de la métaphysique et de l’humilité qui devrait être la nôtre.

Le naturalisme scientifique ne sous-entend pas que seule la science est digne d’intérêt et que les autres activités, dont les arts, seraient inutiles ou futiles. 

Esthétique ou non, tout plaisir comme celui de déguster un croissant chaud dans un bol de chocolat au lait est essentiel, évidemment. Nul besoin d’analyser les particules élémentaires du croissant à cet instant, mais elles sont bien là. Nul besoin d’analyser au microscope les pigments du tableau « Salvator Mundi » pour en apprécier la beauté mystique, à moins de vouloir vérifier qu’il est bien de Léonard, ce qui est un autre sujet, purement scientifique cette fois ! La beauté du monde s'impose à notre sensibilité mais elle est sérieusement mise en doute en cas de maladie, de handicap, de deuil, de catastrophe.

En tout cas, la production artistique humaine n’est pas en lien avec une transcendance quelconque, ni un argument contre le matérialisme comme certains voudraient nous le faire croire. Il suffit de voir ce que certains oiseaux sont capables de faire du point de vue fonctionnel et esthétique pour s’en convaincre...

La beauté et l’architecture du nid construit par le mâle est une indication précieuse intervenant dans le choix de la femelle en montrant la capacité du mâle à construire un abri solide, confortable et sécurisé pour la reproduction et la sauvegarde des oisillons. Un « beau » nid peut protéger les œufs et les jeunes des intempéries, des parasites et des prédateurs, attestant la santé, l’intelligence et la créativité du mâle ; soit autant de qualités recherchées par la femelle. 

Mais pourquoi des objets en plastique de couleur bleu ? Peut-être parce que cette couleur est assez rare dans la nature. Ce qui est rare est cher ! Une façon de montrer ses compétences, sa capacité d'investissement, sa "distinction" comme nous dirait le sociologue Pierre Bourdieu... Ainsi, l’esthétique d’un nid peut être considérée comme un "signal honnête" de la qualité génétique du mâle, ce qui augmente ses chances d’être choisi par la femelle et de transmettre ses gènes à la génération suivante : c’est ce qu’on appelle la sélection sexuelle, un mécanisme évolutif qui favorise l’apparition et le maintien de certains traits dans le cadre de la reproduction. 

On retrouve chez l’humain cette même tendance naturelle, mais à un plus haut degré de sophistication : tous les ados mâles savent bien qu’il est important de chanter en s’accompagnant à la guitare pour séduire une belle ou un beau. 

L’artiste en herbe semble être - peut-être à tort - beaucoup plus intéressant qu’un(e) étudiant(e) en comptabilité qui ne joue pas de la guitare ou du piano. Seul l'avenir le dira, de façon chaotique... L'humain est certes passé maître dans la sophistication de la séduction comme on peut le constater dans le film "Orgueil et préjugés" dans lequel Joe Wright filme le romantisme comme un art de la nuance, de la pudeur et de la révélation progressive. Il ne s'agit pas pour autant d'une question de nature différente de celle de l'animal, mais bien d'une simple différence de degrés où désirs et sentiments se côtoient, rivalisant avec la survie financière de la famille.

Pour en revenir au sujet principal, voici quelques avis sur l'importance et le sens de l'art par quelques intellectuels bien connus :

      « Nous avons l'art afin de ne pas mourir de la vérité. »

   Friedrich Nietzsche

      « L'essence de l'art, c'est la vérité se mettant elle-même en œuvre. »                    

Martin Heidegger

      « L'art ne reproduit pas le visible ; il rend visible. »  

   Paul Klee

      « L'art lave notre âme de la poussière du quotidien. »

   Pablo Picasso

      « L'art est la seule forme de révolte qui vaille. »       

   Albert Camus

      « La beauté est dans l’œil de celui qui regarde. »       

   Oscar Wilde

Pourquoi l'Art ? 

Peut-être parce que le monde n'est pas parfait !

Ah, j'oubliais ! L'art est bon pour la santé comme le montrent quelques études* :

« Les arts favorisent le développement de l’enfant en contribuant au lien mère-enfant, à l’acquisition du langage et à la réussite scolaire(...) Les arts influencent les déterminants sociaux de la santé tels que la cohésion sociale et la réduction des inégalités et iniquités sociales. »


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*1) Short and long term outcomes for culturally and linguistically diverse (CALD) and at-risk communities in participatory music programs: A systematic review

2) Musical training as an alternative and effective method for neuro-education and neuro-rehabilitation

3) The Restorative and Transformative Power of the Arts in Conflict Resolution

[1] « La Cataracte opérée de Monet » - http://peintresetsante.blogspot.com/2012/09/la-cataracte-operee-de-monet.html

[2] « La Distinction » - 1979

[3] « Bacri vs Bourdieu : le (dé) goût des autres » - VIDEO Youtube https://www.youtube.com/watch?v=bz_P7Rz7K5g

[4] On pourrait considérer que le « passage de relais » culturel d’une génération sur l’autre serait plutôt de type Lamarckien, beaucoup plus rapide que la lente évolution Darwinienne, grâce notamment aux neurones miroirs - cf. « The neurons that shaped civilization » - https://www.ted.com/talks/vilayanur_ramachandran_the_neurons_that_shaped_civilization

[5] « Questions de sociologie » - 1980 - Les Editions de Minuit -https://monoskop.org/images/4/47/Bourdieu_Pierre_Questions_de_sociologie_2002.pdf

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Pour aller plus loin : le livre "La dernière blessure" centré sur la notion du libre arbitre (illusoire)... en cliquant sur l'image ci-dessous