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Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?

L'un des arguments des croyants dans le libre arbitre (LA) ontologique (on ne parle pas ici du sentiment de LA... Voir ici) est de considérer que tout in fine est quantique, et que "l'incertitude quantique" serait à l'œuvre dans l'existence "réelle", ontologique du libre arbitre. Il est vrai que si tout ce qui existe est déterminé par l'état antérieur de l'univers, on ne voit pas très bien comment un libre arbitre humain survolant les déterminants génétiques et environnementaux au sens large pourrait exister (sauf à croire au surnaturel, peut-être).

Quelques réflexions sur ce sujet complexe dans lequel physiques classique et quantique sont opérantes sans pouvoir se réunir (si vous avez la solution de la symbiose physique possible, postulez pour le Prix Nobel) :

  • Concernant le chaos déterministe auquel est confronté tout scientifique : la sensibilité exponentielle aux conditions initiales (effet papillon) et l'ignorance pratique infinie de celles-ci amène à un hasard qualifié d'épistémique (lié à notre connaissance). Les lois d'évolution déterministes (par exemple, équations de Newton etc.) sont intrinsèquement réversibles, mais le chaos introduit une irréversibilité pratique de la prédiction. La prédictibilité est impossible à long terme pour les trajectoires individuelles, mais excellente pour les propriétés statistiques (température, pression, etc.) en raison des propriétés d'ergodicité et de mélange. C'est ce que nous annonce la météo avec la probabilité de 70 % de "chance" d'avoir de la pluie demain.
  • Du côté quantique : il existe un indéterminisme fondamental de la nature (interprétation "majoritaire" de Copenhague mise en cause par celle de Bohm qui reste déterministe), confirmé par la violation des inégalités de Bell avec rejet des variables cachées locales. Le hasard est ici ontologique (lié à la nature même du réel). Ainsi, les lois de l’évolution sont déterministes pour la fonction d'onde (ψ) selon l'équation de Schrödinger, mais l'acte de mesure (effondrement de ψ) introduit un résultat intrinsèquement probabiliste. L'équation de Schrödinger est certes réversible, mais la réduction du paquet d'onde (la mesure) est un processus irréversible et probabiliste dans les résultats de mesures sur des systèmes individuels.

Pour simplifier : la loi de la gravité (classique) fait que le verre lâché se casse dans 99,2 % des cas (mesure) selon l'angle d'arrivée au sol, la qualité du verre etc. Idem pour la position du chat de Schrödinger (mort ou vivant / 0 ou 1) ou la position probable à 78 % (mesure) d'une particule (quantique). 

Les statistiques sont décidément partout.

Bref. Du point de vue de la pratique physique et de l'ingénierie, la différence entre l'imprévisibilité radicale du chaos déterministe et l'indéterminisme fondamental de la mécanique quantique (MQ) peut sembler mince, car dans les deux cas, on doit se contenter d'une description statistique ou probabiliste du futur. Le résultat pour l'observateur est une incertitude absolue sur la trajectoire individuelle d'une particule (MQ) ou d'un système déterministe chaotique (classique) à court, moyen ou long terme. 

Pour les tenants du LA ontologique, certains processus cérébraux (déclenchement de potentiels d'action ou la libération de neurotransmetteurs...) pourraient être affectés par l'aléa fondamental quantique (un véritable "jet de dés" ontologique). Une décision n'est plus une conséquence nécessaire des événements passés, car elle contiendrait un élément de hasard irréductible (l'absence de variables cachées locales).

Le problème est que le libre arbitre nécessite d'être libre et responsable / coupable (ce que faisait très efficacement la guillotine). Mais le hasard quantique crée de l'aléa, pas un LA ontologique. Un choix dicté par un événement aléatoire quantique est accidentel, et non contrôlé par la volonté de l'agent. Et personnes chez les partisans du LA ontologique (pas juste le sentiment de LA) ne répond à cette question primordiale. Pour cause. Le cerveau est un système chaud, humide et bruyant : conditions idéales pour que la décohérence se produise en un temps extrêmement court (de l’ordre de10⁻¹³ à 10⁻²⁰ secondes selon les estimations). Les neurones, synapses et réseaux cérébraux fonctionnent donc à un niveau classique : signaux électriques, potentiels d’action, neurotransmetteurs. 

Cependant, certains chercheurs explorent l’idée que des effets quantiques résiduels pourraient intervenir dans des structures particulières (par ex. microtubules intracellulaires, hypothèse Penrose-Hameroff). Ces théories restent très controversées et non confirmées expérimentalement. En fait, la majorité des neuroscientifiques considèrent que la conscience et le traitement de l’information cérébrale émergent de processus classiques, même si la matière de base (atomes, électrons) obéit à la MQ.

Sans compter que la charge de la preuve incombe aux partisans du LA... et que le rasoir d'Ockham les contredit.

Dans le cadre de la survie à tout prix, cette incertitude - quelle que soit la réalité sous-jacente (déterministe ou indéterministe) - est insupportable et nécessite d'entrevoir les conséquences éventuellement péjoratives de nos décisions (délibérations plus ou longues). D'où l'émergence de la notion de choix supposés libres alors qu'ils sont soit déterminés (chaos / physique classique), soit indéterminés (MQ) dans le cadre d'une conscience jouant aux dés. 

La belle liberté de pensée que voilà ! 

A laquelle on s'accroche désespérément pour des raisons "sociales" de responsabilité - qui perdurent dans tous les cas de figure -, mais aussi de culpabilité (punition / on pouvait faire autrement que ce qu'on a fait...), culpabilité qui ne peut pourtant exister dans aucun des cas décrits précédemment (MC ou MQ). Et ce avec tous les dégâts et passions tristes que cette conception de l'humain implique (voir Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences et Le côté obscur du libre arbitre).

Si vous souhaitez en savoir plus sur le hasard quantique en écoutant notre Prix Nobel Alain Aspect :


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Matérialisme versus naturalisme

Le matérialisme et le naturalisme sont deux courants philosophiques qui partagent des similitudes, notamment leur rejet des explications surnaturelles, d'une quelconque transcendance, de l'hypothèse d'un dieu quel qu'il soit... Cependant, pour certains philosophes, ces courants semblent diverger sur quelques points fondamentaux concernant la nature de la réalité et la portée de la connaissance.

Le matérialisme (Démocrite, Épicure, Lucrèce, La Mettrie, Diderot, d'Holbach, Marx, Engels...) est une doctrine selon laquelle la seule réalité existante est la matière et ses propriétés. Tout ce qui existe, y compris la conscience, la pensée, les émotions, est une manifestation émergente de la matière potentiellement réductible à des processus matériels.
Le matérialisme (physicalisme) donne la primauté à la matière. Il n'y a pas d'esprit ou d'âme immatérielle qui existerait indépendamment du corps ou de la matière. Les phénomènes mentaux, psychologiques et même sociaux sont expliqués en termes de processus physiques et chimiques au niveau le plus fondamental (ex : le cerveau et ses interactions neuronales). 
Le matérialisme s'oppose fermement au dualisme (séparation corps / esprit cher à Descartes) et au spiritualisme : tous les événements sont le résultat de chaînes causales matérielles bien souvent chaotiques (voir Chaos...). 
En l'absence de preuves établies, il n'y a pas de "force vitale" ou de "volonté divine" qui dirigerait les phénomènes rejetant ainsi catégoriquement l'existence de toute entité ou explication qui transcenderait le monde physique et ses lois.

De l'autre côté, le naturalisme (Stoïciens, Spinoza, la majorité des philosophes analytiques contemporains, les philosophes des sciences) est une doctrine philosophique qui se prétend plus large en affirmant que tout ce qui existe fait partie de la nature, et que la nature est le seul domaine d'étude valable. 
Il s'appuie fortement sur les méthodes et les découvertes des sciences naturelles pour comprendre le monde. Les phénomènes du monde, y compris les phénomènes humains (conscience, morale), peuvent être expliqués par des lois naturelles et des chaînes causales propres à la nature, sans recourir à des principes extérieurs.

A ce stade, on ne voit pas bien pourquoi il faudrait différencier les deux approches. 

Il faut donc entrer dans quelques subtilités supplémentaires qui font tout le sel de la philosophie.
On peut dire que tout matérialisme est un naturalisme, car si tout est matière, alors tout est naturel. Cependant, l'inverse n'est pas nécessairement vrai, car tout naturalisme n'est pas nécessairement un matérialisme "strict"


Ainsi, un naturaliste peut accepter l'existence de phénomènes naturels (comme la conscience ou les lois de la physique) sans les réduire nécessairement à des entités purement matérielles. Le naturalisme est une position qui se veut - pour certains - plus large, moins "engagée" ontologiquement que le matérialisme sur la nature ultime des constituants du monde. Le naturalisme n'est pas une doctrine a priori qui imposerait le déterminisme à la nature, mais plutôt une approche qui s'ajusterait aux preuves scientifiques, en tenant compte par exemple de l'indétermination quantique (hasard "pur" échappant (?) au chaos déterministe). 
Cependant, l'indéterminisme quantique n'implique fort heureusement pas un chaos total au niveau macroscopique. Les effets quantiques se "moyennent" souvent à grande échelle, ce qui fait que le monde macroscopique apparaît largement déterministe ou prédictible, même si le fond est probabiliste. Le chaos déterministe est d'ailleurs un concept de la physique classique qui montre que même des systèmes déterministes peuvent être imprédictibles en raison de leur sensibilité extrême aux conditions initiales, sans être pour autant l'indéterminisme fondamental de la mécanique quantique tel que décrit dans le modèle standard quantique actuel. 
La physique moderne (mécanique quantique, théories des cordes) a déjà tellement élargi la notion de "matière" (champs, énergie, information fondamentale) que la distinction devient moins pertinente, et que ce que certains naturalistes appellent un principe "non-matériel" pourrait simplement être une forme plus subtile de la "matière" d'une "manière" que nous ne comprenons pas encore.
Mais les recherchent s'intensifient comme le montre cette étude (2025)... sur des bases matérialistes !

Affirmer que tout est Matière d'un côté ou que tout est Nature de l'autre... La belle affaire. On a le sentiment de se retrouver au milieu des querelles byzantines concernant le sexe des anges, une incongruité en la Matière si je puis dire. Et le débat ne date pas d'hier.

En termes d'efficacité et d'heuristique : est-ce que l'une ou l'autre position est susceptible de fournir - par exemple en sciences - des avancées différentes en quantité ou en qualité ? C'est loin d'être le cas. En fait, pour la plupart des scientifiques, dans les applications quotidiennes, le chevauchement des deux concepts est si important que la distinction semble superflue.

On peut même se demander si ces pseudo différences entre matérialisme et naturalisme ne résident pas dans des résidus spiritualistes non assumés du côté de certains naturalistes proclamés comme notamment les philosophes Marcel Conche ou Daniel Andler, tous deux hostiles à remettre en question un libre arbitre incompatible pourtant avec le matérialisme. Les difficultés de ces naturalistes à abandonner toute forme de réductionnisme radical peut parfois ressembler à une tentative de préserver un espace pour des phénomènes qui, bien que qualifiés de "naturels", semblent échapper à une explication purement matérielle ; un peu comme un "résidu" du spiritualisme et/ou du dualisme qu'ils rejettent pourtant explicitement... Pourquoi vouloir que la conscience ou l'information ne soit pas entièrement et fondamentalement matérielle, si l'on rejette par ailleurs le surnaturel ? 

Par exemple, certains naturalistes comme David Chalmers avancent que l'expérience subjective (les qualia) ne peut pas être pleinement expliquée par les seules propriétés physiques du cerveau. Ce seraient des "propriétés naturelles" qui émergent du cerveau, mais leur nature qualitative ne serait pas réductible à des faits neuronaux ! (voir "Qualia : voilà une question qu'elle est bonne !").

Les matérialistes rétorquent : si ce n'est pas purement physique, qu'est-ce que c'est alors ? N'est-ce pas plutôt une manière détournée de réintroduire une forme de dualisme des propriétés, où la conscience serait une "chose" naturelle mais non physique ? 
Certains autres naturalistes déclarés - des "platoniciens modérés" adeptes d'un certain "monde des idées" (?) - affirment que les entités mathématiques ou les lois de la logique ont une existence objective et naturelle, non créée par l'esprit humain ni réductible à des configurations matérielles. 
Les critiques matérialistes peuvent alors se demander : si les entités mathématiques ou les lois de la logique ne sont pas matérielles, quel serait donc leur statut ? Ne sommes nous pas en train de postuler ici des "formes" ou des "idées" à la manière platonicienne, ce qui, bien que "naturel" aux yeux de ces naturalistes déclarés, s'éloigne de la matérialité ? 

Autre exemple concernant les différences supposées entre émergence "faible" et "forte"
L'émergence faible est compatible avec le matérialisme : les propriétés émergentes sont imprévisibles au niveau inférieur, mais entièrement causées et constituées par ce niveau inférieur (ex : les propriétés de l'eau à partir de H2O). 
L'émergence forte, en revanche, suggère que les propriétés émergentes ont des pouvoirs causaux nouveaux et fondamentaux qui ne peuvent pas être expliqués ou dérivés des propriétés des parties. C'est cette  conception que les matérialistes soupçonnent de flirter avec des explications non physiques. 

Quant aux attaques concernant un "matérialisme vulgaire" : certains naturalistes - sans doute plus élégants que les pauvres matérialistes bas du front comme moi - veulent congédier cette conception matérialisme qui réduirait par exemple l'amour à de simples décharges neuronales sans saisir la richesse de l'expérience vécue. Pourtant, c'est bien une affaire de neurones et de synapses (quoi d'autre ?) dans le cadre de la sélection naturelle, de même que les circuits neuronaux de la faim, de la peur, de la colère... Et ce n'est pas parce que nous ressentons les qualia correspondants (coup de foudre, décharge d'adrénaline etc.) que ce processus échappe aux lois physicalistes / matérialistes. Pas de cupidon à l'horizon, mais un habillage sentimental et orgasmique pour favoriser la reproduction de l'individu et de l'espèce, lune de miel comprise. 
Et alors ? 


Les quelques naturalistes concernés par ces ambiguïtés semblent vouloir garder le beurre (rejeter le surnaturel) et l'argent du beurre (préserver une "exception" non physique pour la conscience ou d'autres phénomènes). 


Nous laisserons la crémière tranquille concernant cette affaire : retournons plutôt à la paillasse et aux éprouvettes !
Pour tout dire, vous l'aurez compris, je suis matérialiste et naturaliste.
Si, si, ça existe !

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Intelligence collective et libre arbitre individuel

L’intelligence collective (IC) est devenue un objet central dans les discours institutionnels, les pratiques organisationnelles et les recherches en sciences humaines et sociales.

Cette IC intervient dans tous les recoins de notre vie commune (votes en politique, décisions en entreprise, dans les collectivités « participatives » et associations diverses etc. Bref, partout en société. Chaque individu nécessairement singulier (génétique / environnement / stochastique) apporte ce qu’il est, est influencé, modifie ses convictions et décisions en fonction des nouveaux déterminants auxquels il est confronté. 

Cette vidéo du Docteur en Ethologie Mehdi Moussaïd montre bien les enjeux de cette IC :

Cette IC qui semble faire bien "mieux" que la plupart des individus pris séparément laisse entière la question de savoir comment on en arrive à l'Amérique de Trump, la Russie de Poutine ou la Chine de de Xi Jinping... pour ne prendre que des exemples de l'actualité sans remonter à Hitler porté par l'IC allemande en 1933. Mais le fond de mon propos n'est pas là. 

Ce qui motive cet article est l'inconsistance pour moi des prémisses philosophico-scientifiques compatibilistes de cet excellent chercheur.

Pour Mehdi Moussaïd, chaque cobaye arrive avec son libre arbitre (quelle en est sa définition personnelle ? voir Libre arbitre : KEZAKO ?) tout en montrant dans ses expériences que les avis / décisions changent en fonction des déterminants et manipulations non choisis "librement". La cohérence globale du propos est mise à mal mais Mehdi Moussaïd ne fait ici que conforter ce que disent malheureusement nombre de scientifiques et de philosophes pour lesquels libre arbitre et déterminants font bon ménage (compatibilisme). Dans d'autres propos, il semble montrer que le libre arbitre n'existe pas... Il serait bon dans ce cas de ne pas en parler comme s'il existait !

Rappelons que la notion d'émergence de nouvelles propriétés ne doit rien à la magie d'un libre arbitre ontologique (voir L'émergence de Lenia et Libre arbitre : une propriété émergente compatible avec la science ?). De la même manière, l'impossibilité de connaître toutes les caractéristiques d'une seule molécule de gaz (= les déterminants qui font un "individu non prévisible") n'empêche pas pour autant la prévisibilité d'un grand nombre de molécules. Si vous lancez un dé une fois, le résultat est imprévisible. Si vous le lancez un milliard de fois, vous êtes certain que la moyenne sera très proche de 3,5. Pour un gaz, c'est la même chose : les comportements individuels extrêmes s'annulent. 

L'impossibilité de connaître l'unité n'empêche pas la certitude sur la masse. En fait, c'est précisément parce qu'elles sont si nombreuses que les erreurs de prédiction individuelles deviennent négligeables. Ce qui est à rapprocher de la notion de chaos déterministe (voir Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?).

Finalement, nul besoin d'un pseudo libre arbitre ontologique - qui est d'ailleurs incompatible avec les lois déterministes et indéterministes de le la Nature - pour travailler en sciences humaines. 

Ceci ne remet pas en cause les résultats forts intéressants de ce chercheur mais montre que la science sans conscience philosophique étayée entretient des idées reçues délétères (voir Le côté obscur du libre arbitre).

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Fatalisme ? Fatal error !

Le fatalisme (de "fatum" = destin) est une croyance selon laquelle les événements sont prédestinés et que les efforts humains pour les influencer ou les changer sont voués à l'échec. Certes, la mort du vivant est certaine... mais quand et comment ? Même pour celui qui veut se pendre dans 5 minutes, la corde peut le trahir.
Cette croyance dans un fatalisme généralisé peut être attrayante pour certains, car elle offre un certain réconfort face à l'incertitude et à la complexité du monde (il existe plus de parties d'échecs différentes possibles - 10 puissance 120 - que d'atomes dans l'univers !) ; mais une telle complexité est désespérante pour d'autres. Cependant, le fatalisme est incompatible avec le naturalisme scientifique, qui reconnaît que le monde est gouverné par des lois naturelles déterministes, mais pas nécessairement prédictibles.
Car il faut compter avec le chaos déterministe, un concept clé en physique et en mathématiques, qui décrit les systèmes complexes qui sont sensibles aux conditions initiales. Même les plus petites différences dans les conditions initiales peuvent entraîner des résultats très différents à long terme, ce qui rend impossible de prédire avec certitude l'issue future d'un système complexe.
Un exemple classique de déterminisme chaotique est le système météorologique. Même avec les meilleurs modèles climatiques et les ordinateurs les plus puissants, il est impossible de prévoir avec certitude le temps qu'il fera plus d'une semaine à l'avance. Les petites perturbations dans l'atmosphère peuvent entraîner des changements radicaux dans la trajectoire des tempêtes et des systèmes météorologiques, ce qui rend toute prédiction à long terme impossible. Et à court terme, tout autant : essayez donc de prévoir où va tomber précisément - et quand - la première goutte d'un nuage menaçant ! C'est un système très sensible aux conditions initiales. 
Ce que l'on peut voir à portée de main et de gravité avec deux bouts de bois relié à Oxford :
Et tout ne se passe pas comme on pourrait l'espérer lors des interactions de déterminants dont certains - sortes de "variables cachées" - sont indétectables en pratique :
"Dans leur article sur les approches évolutionnistes de l’étude de la santé publique, Wells et al. mettent en avant les recherches de Gibson et Mace qui examinent l’impact de l’installation de robinets d’eau sur une communauté située à Arsi, dans le sud de l’Éthiopie. Avant l’installation, les femmes étaient souvent chargées de transporter l’eau dans leur communauté dans des pots en argile. L’installation de robinets d’eau éliminerait cette tâche longue et fastidieuse de leurs activités quotidiennes. Alors que l’on pourrait supposer que ce changement de mode de vie hautement souhaitable permettrait d’investir davantage dans la garde des enfants, ce qui se traduirait par une meilleure qualité de vie pour les enfants, Gibson et Mace ont trouvé quelque chose de tout à fait différent. L'installation de robinets d'eau a été associée à la malnutrition chez les enfants, tout en prédisant une amélioration de la fertilité chez les femmes plutôt qu'une amélioration de la santé. Les interprétations suggèrent que les ressources déjà rares dont disposent les ménages ont été réparties entre un plus grand nombre d'enfants, ce qui a facilité ce déclin de la nutrition des enfants !"*

Il fallait des robinets + une augmentation des apports nutritionnels.

Et puis, il y a la notion d'attracteur étrange, concept utilisé en théorie du chaos pour décrire l'ensemble des états limites auxquels peut tendre un système dynamique après un certain temps (le mieux est de voir la vidéo pour mieux visualiser ce concept).

Cliquer sur le carré en bas à droite de l'écran vidéo pour voir en plein écran

Le déterminisme chaotique a des implications importantes pour le débat sur le libre arbitre
Bien que le monde soit gouverné par des lois déterministes / indéterministes, il est impossible de prédire avec certitude l'avenir en raison de cette sensibilité aux conditions initiales. Cela signifie que même si le passé a déterminé le présent, le présent ne détermine pas nécessairement l'avenir de manière prévisible. On pourrait d'ailleurs rapprocher les attracteurs étranges caractérisés par une complexité et une non-linéarité de ce qui se passe dans les comportements humains qui répondent rarement à des stimuli de manière linéaire mais sont influencés par une multiplicité de facteurs internes (souvent inconscients) et externes, aboutissant à des résultats imprévisibles et complexes. Ce qui donne en partie la sensation de volonté libre.
En outre, les attracteurs étranges peuvent présenter des propriétés auto-organisatrices et émergentes, avec de nouvelles structures apparaissant spontanément à partir d'interactions complexes entre les composants du système. 
Exemple bien connu : un essaim d'étourneaux volant de manière apparemment désordonnée. Chaque oiseau suit des règles locales simples (éviter les collisions, aligner sa vitesse), mais l'essaim entier forme des motifs cohérents, un attracteur étrange émergeant de l'interaction des déterminants individuels.
Pour aller plus loin, voir "En 5 niveaux de difficulté : comment fonctionne un banc de poissons". 
De même, les comportements humains peuvent être influencés par des phénomènes d'auto-organisation et d'émergence, où des cultures, des modes de pensée et des tendances sociales se forment spontanément - après une transition de phase - à partir d'interactions complexes entre les individus. Enfin, les attracteurs étranges peuvent alterner entre des phases de chaos et d'ordre, où les transitions entre ces phases peuvent être abruptes et imprévisibles. Cette dualité entre chaos et ordre peut être également observée dans les comportements humains où des périodes de stabilité et de routine peuvent être suivies par des moments de transition, de transformation, voire de bascule imprévisibles (révolution, chute du mur de Berlin, invasion de l'Ukraine, guerre à Gaza etc.).
Mais ces incertitudes fondamentales signifient que les humains ont toujours la possibilité de faire des choix et d'influer sur les événements. Bien que ces choix soient eux-mêmes déterminés par des facteurs tels que la biologie, l'environnement et l'expérience, ils ne sont pas nécessairement prévisibles ou prédestinés. Cela signifie que les humains ont la capacité de prendre des décisions et d'agir en fonction de leurs propres valeurs et objectifs dans le cadre d'une évolution culturelle permanente.
Le fatalisme est donc une illusion qui ignore les complexités et ambiguïtés du monde naturel. Le naturalisme scientifique reconnaît que le monde est gouverné par des lois déterministes et indéterministes (quantique), mais reconnaît également que ces lois ne peuvent pas être utilisées pour prédire l'avenir avec certitude en raison de la sensibilité aux conditions initiales. Cette incertitude fondamentale signifie que les humains ont toujours la capacité de faire des choix et d'influer sur les événements, même si ces choix sont eux-mêmes déterminés - donc non "libres" façon libre arbitre - par des facteurs externes et internes. 

Comme le précise cette excellente étude** critiquant la méthodologie de certains travaux en philosophie expérimentale concernant les conceptions profanes du libre arbitre :

"Il existe une différence importante entre le fait que quelque chose soit prédestiné et le fait qu’il soit déterminé. Dans un univers fataliste, une action doit se produire indépendamment du passé et des lois de la nature ; par conséquent, on ne peut éviter une action, quoi qu’on fasse. Par exemple, si vous êtes prédestiné à tuer votre parent, vous le tuerez quels que soient vos désirs, vos souhaits ou vos décisions, quel que soit votre état mental ou les actions que vous effectuez. Le déterminisme n’est pas du fatalisme ; il n’implique pas qu’un agent doive agir d’une certaine manière quel que soit son état mental. Le déterminisme nécessite causalement une action particulière à un moment particulier et exclut les alternatives, mais il n’implique pas qu’un agent accomplisse cet acte quoi qu’il arrive, ou indépendamment des événements passés ou des lois de la nature.
Le déterminisme et le fatalisme sont des notions différentes, bien que les personnes peu familiarisées avec la philosophie aient tendance à les confondre. Soit dit en passant, être prédestiné est différent d’être prévisible. Par exemple, même si l’on prédit avec une précision de 100 % que son cancer sera guéri et que la guérison est prévisible, cela ne signifie pas que sa guérison est fatale. Cela n’équivaut pas à l’idée que son cancer sera guéri quoi qu’il arrive."

*https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6387503/

**  "Avons-nous des intuitions (in)compatibilistes ? Un aperçu de la recherche expérimentale" - https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11070465/

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Chaos, entropie, origine de la vie... et Dieu

Tout est bon pour mitonner un bouillon de mauvaise foi en y ajoutant une pincée d'inculture scientifique.

Ainsi, les spiritualistes croient déstabiliser les matérialistes en leur objectant - sur leur propre terrain, scientifique (!) - que l'entropie et le second théorème de la thermodynamique interdisent toute organisation spontanée de la matière, et donc l'apparition du vivant. Il faudrait donc nécessairement Dieu pour expliquer l'apparition du vivant.

Fichtre. Ce qui nécessite quelques explications.

Tout d'abord, du point de vue matérialiste, le chaos déterministe (et indéterministe) passe son temps à organiser / désorganiser la matière avec des particularités comme la sensibilité aux conditions initiales, la formation d'attracteurs étranges etc. (voir Fatalisme ? Fatal error !). Même des systèmes gouvernés par des équations simples (comme une suite récurrente du second degré, au programme du lycée général) peuvent suivre des dynamiques complexes avec des systèmes non linéaires qui ne se reproduisent jamais exactement en étant égales à elle-même.

Pour ne prendre que ce point, la sensibilité du chaos déterministe aux conditions initiales est bien connue et parfaitement décrite - à l'atome près ! - par cette vidéo du physicien quantique Julien Bobroff :


Où l'on voit que le fameux effet papillon peut ne résider que dans un seul atome "différent" !!! Étonnant, non ?

De son côté, l'entropie est une idée importante en physique (et en informatique). On peut la voir comme une façon de mesurer le désordre. Plus il y a de désordre, plus l’entropie est grande. Par exemple, imaginez une boîte remplie de pièces de puzzle en vrac. L’entropie est grande parce que tout est mélangé. Mais si vous assemblez le puzzle en y mettant votre énergie, l’entropie diminue ponctuellement mais il faut compter avec l'énergie dépensée pour aboutir à cet ordre comme nous l'explique l'ineffable Pr Fabrizio Brucella avec le paradoxe du démon de Maxwell :


En gros, quand l’entropie augmente, cela signifie que les choses deviennent plus désordonnées nous conduisant directement - mais pas demain - à la mort thermique de l'univers. C’est comme quand les ados augmentent l'entropie de l'univers laissant "un peu" de désordre dans leur chambre... car l'énergie individuelle n'est pas infinie et il y a bien d'autres possibilités prioritaires d'user de son énergie à cet âge, ce qui augmente l'entropie, bien que les modalités puissent dépendre du sexe...

Le second théorème de la thermodynamique est une autre idée importante. Il énonce notamment que certaines choses ne peuvent pas se produire à l’envers. Par exemple, un verre cassé ne peut pas se réparer tout seul (je ne parle pas des magiciens qui sont en fait des extraterrestres ayant construit les pyramides sur une terre plate, comme chacun sait).

La question "vitale" devient : si l'entropie augmente (désordre croissant) depuis le début des temps, comment des "ordres" locaux  - telle la vie - peuvent-ils se constituer ?

Pour le physicien américain Jeremy England, il n'y a pas de contradiction : la vie sur Terre utilise l’énergie solaire pour maintenir des structures complexes et ordonnées, comme les cellules vivantes. Elles réduisent temporairement l’entropie du système en créant de l’ordre. Cependant, cette réduction d’entropie est temporaire et nécessite un apport constant d’énergie pour être maintenue. Cette perspective offre un nouvel éclairage sur l’origine et la nature de la vie, suggérant que cette dernière pourrait être une conséquence inévitable des lois fondamentales de la physique.

Ainsi, plutôt que de violer la seconde loi de la thermodynamique, la vie s’inscrirait dans le cadre de cette loi en utilisant l’énergie disponible dans son environnement pour contrer temporairement l’entropie et créer de l’ordre. Mais le bébé qui grandit, mange, boit etc. désorganise son environnement (et celui des parents) en augmentant l'entropie de l'ensemble et en obéissant toujours à la seconde loi de la thermodynamique, voire même à la volonté des parents ; enfin parfois. 
Paradoxalement, le vivant est "fabriqué" pour survivre et se reproduire à tout prix en produisant de l'ordre qui brûle de l'énergie (soleil, pétrole, gaz...), ce qui augmente drastiquement l'entropie et le désordre (CO2, pollution, atteinte à la biodiversité...) tout en détruisant le milieu (dérèglement climatique, mise en danger des ressources en air, eau, nourriture...). Pour un peu, on pourrait penser (à tort car aucune intention ne peut se concevoir ici) que les lois naturelles créent la vie pour accélérer un peu plus l'entropie globale...

Du coup l'injonction biblique destinée à Noé après le génocide aquatique est quelque peu problématique :

 "Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre" 

Fort heureusement, dans son encyclique « Laudato si’ » concernant notamment la sauvegarde de la maison commune, le pape François a déploré le saccage de la Nature imprudemment encouragé par le texte divin :

« Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. »

Le Pape ne va tout de même pas jusqu'à prôner la régulation des naissances par des moyens "artificiels", seules méthodes réellement efficaces (pilule, stérilet...). Il ne faudrait pas que les catholiques se fassent "grand remplacer" par des religions concurrentes !

Finalement, contrairement à ce que certains persistent à affirmer, la thermodynamique n'exclut en rien l'évolution du désordre vers l'ordre en certaines régions d'un système... comme un bébé, mais pas que. Ce qui ruine l’objection des spiritualistes qui auraient bien aimé pouvoir s’appuyer sur la science pour démontrer Dieu. 

Raté.

Concernant l'origine de la vie, le prix Nobel de chimie Ilya Prigogine nous éclaire, un peu :

« C'est par une succession d'instabilités que la vie est apparue. C'est la nécessité, c'est-à-dire la constitution physicochimique du système et les contraintes que le milieu lui impose, qui détermine le seuil d'instabilité du système. Et c'est le hasard qui décide quelle fluctuation sera amplifiée après que le système a atteint ce seuil et vers quelle structure, quel type de fonctionnement il se dirige parmi tous ceux que rendent possibles les contraintes imposées par le milieu. »[1]

Cette vidéo « Entropie et origine de la vie » (chaîne youtube "Livres et science") va vous en dire beaucoup plus !

On peut compléter avec cette vidéo vertigineuse : "L'origine de la vie, que sait-on en 2020 ?" (abiogenèse) ou encore "Quelle est l'origine de la vie ?". N.B : certains raccourcis dans le cadre de la vulgarisation de phénomènes complexes comme "la cellule cherche à se fabriquer une membrane" ne sont pas corrects. La cellule n'a évidemment pas "conscience" de devoir chercher quoi que ce soit. Il s'agit en fait d'un processus chaotique avec sélection parmi des milliers de tentatives infructueuses de certains très rares résultats adaptés aux conditions de l'environnement.

Voir également cette vidéo de l'excellente chaîne "Sciences étonnantes" : "L'ARN aux Origines de la Vie sur Terre ? — Le Monde à ARN"

Au passage et pour en revenir au fond : appliquées à notre sujet du Libre Arbitre (LA) dans le cadre du naturalisme scientifique, les lois naturelles à travers les lois thermodynamiques s’opposent frontalement au concept de LAL'énergie peut être transformée d'une forme en une autre, mais elle ne peut jamais être créée ni détruite : 

Supposons qu'un acte librement choisi nécessite le déclenchement d'une série d'événements neuronaux qui commencent par le mouvement d'une molécule stationnaire. Selon la loi de la conservation de l'énergie, cette molécule ne sera déplacée que par la collision d'une autre molécule avec elle ou par l'influence d'une autre force physique. Si la molécule devait se déplacer d'une manière librement choisie par la force de la volonté, cela signifie qu'une nouvelle énergie serait introduite dans l'univers, violant ainsi la conservation de l'énergie. En conséquence, si tous les échanges et conversions d'énergie dans un organisme vivant sont conservés (principe de la thermodynamique), alors choisir "librement" une action est impossible. C’est l’un des arguments scientifiques les plus forts contre un Libre Arbitre « réel », ontologique. 

« Un acte de libre arbitre nécessite d'influencer la matière d'une manière ou d'une autre, par exemple en faisant aller une molécule vers la droite alors qu'elle serait naturellement allée vers la gauche. Si je faisais en sorte que cette molécule aille droit par moi-même, je violerais la conservation de l'énergie en introduisant une nouvelle force dans l'équilibre des forces existant. J'aurais créé quelque chose à partir de rien. Peut-être pourrions-nous dire que la force est conservée si la force que j'applique provient de la libération d'énergie chimique stockée dans mon cerveau. Le problème est que le déclenchement de cette libération nécessite toujours un apport d'énergie venu de nulle part. Ainsi, il semblerait que toute force exercée par ma volonté, si une telle force existe, ne peut être libre. »*

Ce qui a le mérite d'être clair. 
Il faudrait un jour que des philosophes ou scientifiques se disant matérialistes nous expliquent comment tout est affaire de détermination (et d'indéterminisme quantique) dans l'univers sauf... la volonté humaine qui posséderait sa propre énergie qui viendrait... de rien.

Mais tout ceci est bien évidemment insuffisant pour convaincre un spiritualiste qui n'a que faire de la science ou qui, conscient du risque rationnel, va s'évertuer à "prouver" dieu en tordant cette pauvre science qui ne "mérite" pas d'être ainsi traitée (voir Chaos,entropie, origine de la vie... et Dieu).

[1] « Hasard & nécessité » 

« Joseph Delboeuf on time as the mechanism of freewill » - Notons que Delboeuf a affirmé (1880) l’existence du LA  du fait de « retards moléculaires » qui permettrait la liberté de la volonté. Personne n’a jamais pu mettre en évidence une telle hypothèse.
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Et pour aller plus loin, le livre "La dernière blessure" centré sur la notion du libre arbitre (illusoire)... en cliquant sur l'image ci-dessous

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Découvrez le sommaire des articles :

👉 Naturalisme Scientifique: ARTICLES (cliquer sur les titres ci-dessous)

  1. Présentation générale (1 et 2)
  2. Libre arbitre : KEZAKO ?
  3. Quelques citations de sceptiques concernant le Libre Arbitre
  4. Philosophie : des questions sans réponses ?
  5. Un Libre Arbitre... nécessaire ?
  6. Peut-on faire... autrement ?
  7. Les hypothèses au fil du Rasoir d'Ockham
  8. Libre Arbitre : une propriété émergente compatible avec la science ?
  9. Penser contre son cerveau
  10. Théorème du Libre Arbitre
  11. Délibération, décision... des preuves de Libre Arbitre ?
  12. Punir, sinon...
  13. Mais alors, sans culpabilité ni punition... que faire ?
  14. Les expertises psychiatriques en justice pénale : un scandale permanent
  15. Limite entre "santé" mentale et "pathologie" mentale
  16. Moi, moi, moi... Ayn Rand, la libertarienne adorée de Trump
  17. La sociologie, poil à gratter politique
  18. L'argument de la conséquence : conséquent ?
  19. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... nous affirme "librement" Sartre
  20. Blog de Blob
  21. L'émergence de LENIA
  22. Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences
  23. La science peut-elle aider à comprendre - voire infléchir - la moralité humaine ?
  24. Le côté obscur du Libre Arbitre
  25. Si un neuroscientifique nie le libre arbitre, comment peut-il rédiger un texte de consentement éclairé volontaire et proposer de le faire signer ?
  26. Le cerveau humain : normal... mais déficient
  27. Un sacré dilemme pour la "Morale"
  28. Fatalisme ? Fatal eror !
  29. Cellule de Mauthner, mouche... et Libre Arbitre
  30. Religions et enfants
  31. Un psychiatre sceptique du Libre Arbitre... à raison
  32. Steven Pinker nous explique le Libre Arbitre... mais mal
  33. Art, créativité, esthétique et naturalisme
  34. Combien de Mondes ? 8 milliards !
  35. Esthétique, éthique et toc (TikTok ?)
  36. Le peuple a-t-il toujours raison en démocratie ?
  37. Injustice, inégalité. Un traitement simple : les probiotiques !
  38. Immigration ? Emigration ? Remigration ?
  39. Sémantique, affects... politiques
  40. Violence, biais de négativité et extrême droite
  41. Changer les mots ou changer la réalité ?
  42. Banalité du mal
  43. Histoire : ni fierté, ni honte
  44. Chaos, entropie, origine de la vie.... et Dieu
  45. Bon Dieu, mais c'est bien sûr !
  46. Séparer l'Homme de l'Œuvre ?
  47. Du pain et des jeux
  48. Wokisme et cancel culture
  49. Ame : la controverse
  50. Corrélation ou causalité : l'embrouille !
  51. Dennet et le compatibilisme
  52. Economistes fous
  53. Autain contre Fourest : me too
  54. Le cas Kane
  55. Rapport XZTF22
  56. Searle, arc en ciel et... Libre Arbitre
  57. Saucisse de Frankfurt et courant alternatif
  58. Peter van Inwagen ne sait pas ce qu’est le Libre Arbitre... mais il y croit ! 
  59. Au royaume des fous furieux 
  60. Dignité humaine
  61. L'humain : un "robot" biologique ?
  62. Libre arbitre et intention
  63. Une Liberté à géométrie variable
  64. Philosophie "expérimentale"
  65. Experts, compétence et idéologie
  66. Dieu est mort... mais le cadavre convulse
  67. Nationalisme versus mondialisme
  68. Neuro... politique
  69. Le corbeau croasse et l'Homme croit
  70. Phénoménologie : une arnaque phénoménale ?
  71. Libet et la liberté (de la volonté) : encore une contrariété !
  72. La démocratie "travaillée" à la tronçonneuse façon Milei !
  73. MISTRAL souffle sur le libre arbitre ontologique... et le fait disparaître !
  74. Vous ne trouvez pas qu'il commence à faire un peu chaud ?
  75. Sophisme, quand tu nous tiens !
  76. Mais comment peut-on être de droite ? 
  77. La République des juges ?
  78. Alors, les religions : bon ou pas bon ?
  79. Pourquoi l’IA est-elle haïe ?
  80. Eliminons ?
  81. Qualia : voilà une question qu'elle est bonne !
  82. Qui mérite quoi ?
  83. Liberté d'expression
  84. Lucrèce : qui dit mieux ? Marc Aurèle ? Spinoza ?
  85. Coopération versus Trahison
  86. La Boussole de la Raison !
  87. Daniel Andler et la tentative de "dissolution" du libre arbitre !
  88. Matérialisme versus naturalisme 
  89. Sapolsky ! Enfin !!!!!!!!!!!!! 
  90. En avoir ou pas... des enfants
  91. Déterminisme ou superdéterminisme ?
  92. Manifeste déterministe et proposition de loi
  93. Sarko en prison ?
  94. Les patrons créent l'emploi ?
  95. Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?
  96. Conception actuelle de la Justice : incohérence à tous les étages !
  97. Morale / géopolitique : une confrontation inévitable ?
  98. Syndrome du hérisson et libre arbitre
  99. Peuple(s) "élu(s)" ?  
  100. Elon Musk : matérialiste ?
  101. Animal et animal... humain 
  102. Je résiste à tout... sauf au Chamallow 
  103. Humanité immature ?
  104. Intelligence collective et libre arbitre individuel