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👉 Naturalisme Scientifique: ARTICLES (cliquer sur les titres ci-dessous)

  1. Présentation générale (1 et 2)
  2. Libre arbitre : KEZAKO ?
  3. Quelques citations de sceptiques concernant le Libre Arbitre
  4. Philosophie : des questions sans réponses ?
  5. Un Libre Arbitre... nécessaire ?
  6. Peut-on faire... autrement ?
  7. Les hypothèses au fil du Rasoir d'Ockham
  8. Libre Arbitre : une propriété émergente compatible avec la science ?
  9. Penser contre son cerveau
  10. Théorème du Libre Arbitre
  11. Délibération, décision... des preuves de Libre Arbitre ?
  12. Punir, sinon...
  13. Mais alors, sans culpabilité ni punition... que faire ?
  14. Les expertises psychiatriques en justice pénale : un scandale permanent
  15. Limite entre "santé" mentale et "pathologie" mentale
  16. Moi, moi, moi... Ayn Rand, la libertarienne adorée de Trump
  17. La sociologie, poil à gratter politique
  18. L'argument de la conséquence : conséquent ?
  19. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... nous affirme "librement" Sartre
  20. Blog de Blob
  21. L'émergence de LENIA
  22. Sam Harris, un naturaliste spécialiste des neurosciences
  23. La science peut-elle aider à comprendre - voire infléchir - la moralité humaine ?
  24. Le côté obscur du Libre Arbitre
  25. Si un neuroscientifique nie le libre arbitre, comment peut-il rédiger un texte de consentement éclairé volontaire et proposer de le faire signer ?
  26. Le cerveau humain : normal... mais déficient
  27. Un sacré dilemme pour la "Morale"
  28. Fatalisme ? Fatal eror !
  29. Cellule de Mauthner, mouche... et Libre Arbitre
  30. Religions et enfants
  31. Un psychiatre sceptique du Libre Arbitre... à raison
  32. Steven Pinker nous explique le Libre Arbitre... mais mal
  33. Art, créativité, esthétique et naturalisme
  34. Combien de Mondes ? 8 milliards !
  35. Esthétique, éthique et toc (TikTok ?)
  36. Le peuple a-t-il toujours raison en démocratie ?
  37. Injustice, inégalité. Un traitement simple : les probiotiques !
  38. Immigration ? Emigration ? Remigration ?
  39. Sémantique, affects... politiques
  40. Violence, biais de négativité et extrême droite
  41. Changer les mots ou changer la réalité ?
  42. Banalité du mal
  43. Histoire : ni fierté, ni honte
  44. Chaos, entropie, origine de la vie.... et Dieu
  45. Bon Dieu, mais c'est bien sûr !
  46. Séparer l'Homme de l'Œuvre ?
  47. Du pain et des jeux
  48. Wokisme et cancel culture
  49. Ame : la controverse
  50. Corrélation ou causalité : l'embrouille !
  51. Dennet et le compatibilisme
  52. Economistes fous
  53. Autain contre Fourest : me too
  54. Le cas Kane
  55. Rapport XZTF22
  56. Searle, arc en ciel et... Libre Arbitre
  57. Saucisse de Frankfurt et courant alternatif
  58. Peter van Inwagen ne sait pas ce qu’est le Libre Arbitre... mais il y croit ! 
  59. Au royaume des fous furieux 
  60. Dignité humaine
  61. L'humain : un "robot" biologique ?
  62. Libre arbitre et intention
  63. Une Liberté à géométrie variable
  64. Philosophie "expérimentale"
  65. Experts, compétence et idéologie
  66. Dieu est mort... mais le cadavre convulse
  67. Nationalisme versus mondialisme
  68. Neuro... politique
  69. Le corbeau croasse et l'Homme croit
  70. Phénoménologie : une arnaque phénoménale ?
  71. Libet et la liberté (de la volonté) : encore une contrariété !
  72. La démocratie "travaillée" à la tronçonneuse façon Milei !
  73. MISTRAL souffle sur le libre arbitre ontologique... et le fait disparaître !
  74. Vous ne trouvez pas qu'il commence à faire un peu chaud ?
  75. Sophisme, quand tu nous tiens !
  76. Mais comment peut-on être de droite ? 
  77. La République des juges ?
  78. Alors, les religions : bon ou pas bon ?
  79. Pourquoi l’IA est-elle haïe ?
  80. Eliminons ?
  81. Qualia : voilà une question qu'elle est bonne !
  82. Qui mérite quoi ?
  83. Liberté d'expression
  84. Lucrèce : qui dit mieux ? Marc Aurèle ? Spinoza ?
  85. Coopération versus Trahison
  86. La Boussole de la Raison !
  87. Daniel Andler et la tentative de "dissolution" du libre arbitre !
  88. Matérialisme versus naturalisme 
  89. Sapolsky ! Enfin !!!!!!!!!!!!! 
  90. En avoir ou pas... des enfants
  91. Déterminisme ou superdéterminisme ?
  92. Manifeste déterministe et proposition de loi
  93. Sarko en prison ?
  94. Les patrons créent l'emploi ?
  95. Du chaos déterministe au hasard quantique : que reste-t-il du libre arbitre ?
  96. Conception actuelle de la Justice : incohérence à tous les étages !
  97. Morale / géopolitique : une confrontation inévitable ?
  98. Syndrome du hérisson et libre arbitre
  99. Peuple(s) "élu(s)" ?  
  100. Elon Musk : matérialiste ?
  101. Animal et animal... humain 
  102. Je résiste à tout... sauf au Chamallow 
  103. Humanité immature ?
  104. Intelligence collective et libre arbitre individuel
  105. La tentation techno-fasciste
  106. Hubris Urbi et Orbi
  107. Leçon de morale par Dominique de Villepin
  108. Misère de la métaphysique 
  109. Vie personnelle et naturalisme
  110. Entre chèvre et chou 
  111. Refondation de la responsabilité morale et du droit
  112. Toujours plus !
  113. Esclavage économique et Code noir
  114. Audiovisuel public dans le viseur de l’extrême droite ? 
  115. THÉORÈME DE NOETHER et libre arbitre
  116. Terre plate et libre arbitre
  117. Miracles ! Miracles ?
  118. La manipulation dans tous ses états... ou presque
  119. Gerard 't Hooft, un prix Nobel de physique, ne croit pas au libre arbitre !

Miracles ! Miracles ?

 Lors d’un accident d’avion, d’un séisme ou d’un incendie, il est fréquent d’entendre un survivant dire : « Je suis un miraculé ». Pourtant, dans nombre de cas, tous les autres membres de sa famille sont morts. Super !

Ce paradoxe psychologique s’explique par trois mécanismes :

  • Biais de survivance : seuls les survivants parlent. Les morts ne témoignent pas.
  • Biais anthropocentrique : l’humain interprète les événements en fonction de son vécu personnel, non des statistiques globales.
  • Biais de sens : le cerveau cherche une signification à l’improbable, même lorsque l’événement est purement stochastique.

Scientifiquement, un survivant n’est pas « choisi » : il se trouve simplement dans une configuration spatiale et temporelle qui, dans un système chaotique, a produit un résultat différent de celui des autres.

Mais l’improbable n’est pas surnaturel pour autant. Le chaos déterministe décrit des systèmes où des lois strictes produisent des résultats imprévisibles du fait de la sensibilité extrême aux conditions initiales. La météo, les turbulences atmosphériques, les effondrements de structures, les incendies, les avalanches… sont des systèmes chaotiques.

Dans un tel cadre, chaque événement a une cause naturelle, même si elle est complexe ou inaccessible. L’imprévisibilité n’est pas l’indétermination : le système n’est pas magique, il est simplement trop complexe pour être calculé. Les attracteurs étranges montrent que des trajectoires divergentes peuvent émerger à partir de conditions presque identiques. Ainsi, lorsqu’un survivant échappe à un effondrement ou à une explosion, il n’est pas « protégé » : il se trouvait dans une zone où les forces physiques ont produit un résultat différent.

Cette vision est cohérente avec les analyses matérialistes de la science contemporaine, qui rejettent toute violation des lois naturelles.

Pourquoi l’idée de miracle persiste ?

Les humains ont une aversion profonde pour l’idée que leur vie dépend du hasard. Le « miracle » est une manière de réintroduire une intention dans un univers indifférent.

Les traditions religieuses ont historiquement valorisé les récits de survivance comme des signes divins. La théologie chrétienne, par exemple, a longtemps défini le miracle comme une violation des lois naturelles (Hume) ou comme une intervention divine dans l’ordre causal.

Si un survivant est « miraculé », pourquoi les autres ne le sont-ils pas ? Les religions évitent généralement cette question, car elle impliquerait que la divinité choisit de sauver certains et de laisser mourir les autres, ce qui contredit l’idée d’un dieu juste ou bienveillant.

Et puis, il y a les pseudo‑miracles démasqués par la science. L’exemple emblématique en est peut-être la croix dorée de Notre‑Dame (2019). Lors de l’incendie de Notre‑Dame, une photo montrait la croix dorée intacte au milieu des décombres. Des milliers de personnes y ont vu un « signe divin ». Pourtant, la science a immédiatement expliqué que le bois brûle à des températures bien inférieures au point de fusion de l’or (1.064°C). La croix n’a donc jamais été en danger.

Pour canoniser un saint, l’Église exige des « miracles » attribués à son intercession. Mais ces cas sont systématiquement non reproductibles, non mesurables, non soumis à protocole scientifique, et souvent explicables par des rémissions spontanées, des erreurs de diagnostic ou des biais de confirmation. L’exemple de la canonisation du cardinal Newman en 2019 illustre ce problème : les guérisons attribuées à son intercession ne présentent aucune preuve scientifique d’un phénomène surnaturel.

Les statues qui pleurent sont le plus souvent expliquées par la condensation, la capillarité, les microfissures dans les matériaux. Les statues de la Vierge qui pleurent des larmes de sang constituent l’un des phénomènes religieux les plus spectaculaires et les plus médiatisés. Elles apparaissent régulièrement dans l’actualité, souvent dans des contextes de crise morale ou sociale, et sont immédiatement interprétées par certains fidèles comme des signes divins. Pourtant, chaque fois que la science a pu analyser ces “larmes”, aucune n’a jamais révélé un phénomène surnaturel. Toutes les enquêtes rigoureuses ont mis en évidence des causes naturelles, humaines ou frauduleuses.

Les chroniques religieuses italiennes et méditerranéennes rapportent depuis l’Antiquité des objets de culte “exsudant du sang”. Une étude publiée dans le Journal of Forensic Sciences rappelle que ces récits sont fréquents dans les archives, la littérature et les médias modernes, souvent associés à des périodes de tension sociale ou de catastrophes. Dans la tradition catholique, une statue qui pleure du sang n’est jamais un simple objet altéré : elle devient un message symbolique, un avertissement moral ou une manifestation de compassion divine. Cette charge symbolique explique en partie la persistance du phénomène. L’affaire Gisella Cardia (Italie, 2014–2025) est probablement le cas le plus médiatisé de la dernière décennie… Une statue de la Vierge Marie, achetée à Medjugorje, aurait versé des larmes de sang à plusieurs reprises. La voyante autoproclamée Gisella Cardia affirmait recevoir des messages de la Vierge et assister à des miracles (multiplication de nourriture, prophéties). Des foules de pèlerins se rendaient chaque mois à Trevignano Romano pour observer la statue.

Les laboratoires judiciaires de l’université de Tor Vergata ont effectué des analyses ADN sur les larmes : le sang est humain, non animal. Il est féminin. Le profil génétique est superposable à celui de Gisella Cardia elle-même. Quatre prélèvements différents renvoient au même ADN. Ces résultats confirment que les larmes provenaient du sang de la voyante (qui n’avait pas vu qu’elle pouvait être démasquée), et non d’un phénomène surnaturel. Le Vatican a officiellement réfuté le caractère surnaturel des apparitions et une enquête pour escroquerie a été ouverte. L’affaire est désormais considérée comme une fraude religieuse ayant généré un business lucratif.

Par ailleurs, une étude scientifique de référence, publiée en 1998, a analysé du sang séché trouvé sur une statue de la Vierge. Les résultats sont clairs : le sang est d’origine humaine ou primate, excluant les animaux domestiques. Le sang est féminin, démontré par l’absence du locus Y (SRY) et la présence du locus X (DXZ4). Cette étude constitue l’un des premiers démontages scientifiques rigoureux des statues pleurantes modernes, et c'est bien dommage : on n'aura pas l'ADN de la Vierge !

Un autre mécanisme naturel peut produire des “larmes rouges” : la prolifération de la bactérie Serratia marcescens qui produit un pigment rouge vif, la prodigiosine ressemblant à du sang. Cette bactérie se développe dans des environnements humides et peut se nourrir de nutriments présents dans les hosties (farine de blé). Dans plusieurs cas historiques, des statues “saignantes” ont été expliquées par la présence de cette bactérie qui colore les surfaces de manière irrégulière, donnant l’illusion de larmes.

Les “lumières miraculeuses” sont dues à la diffraction, la réflexion, les illusions d’optique, des phénomènes atmosphériques.

Les guérisons “instantanées” peuvent résulter de rémissions spontanées (connues en oncologie), des erreurs de diagnostic initial, des effets psychologiques (placebo, réduction du stress).

Les objets “intacts” après catastrophe comme la croix de Notre‑Dame - déjà vue plus haut - sont expliqués par les propriétés physiques du matériau, les zones de moindre exposition, les gradients thermiques.

Cerise sur le gâteau : aucun miracle n’a jamais été validé scientifiquement. Et les critères scientifiques pour valider un miracle sont stricts : violation démontrée d’une loi naturelle + observation reproductible ou vérifiable + absence totale d’explication alternative + preuves empiriques solides (Royal Society : Nullius in verba — « ne croire personne sur parole »).

À ce jour, aucun événement n’a jamais satisfait ces critères. Tous les « miracles » étudiés ont trouvé une explication naturelle ou sont restés non démontrés. La science n’a jamais observé la moindre suspension des lois physiques.

En conclusion : le miracle est une interprétation, pas un phénomène. Les survivants de catastrophes ne sont pas « choisis » : ils sont les produits d’un système chaotique où des trajectoires divergentes émergent naturellement. Les pseudo‑miracles sont des erreurs d’interprétation, des biais cognitifs, ou des phénomènes naturels mal compris.

La vision matérialiste - cohérente avec la physique moderne - montre que le monde n’a pas besoin de surnaturel pour produire l’extraordinaire, que le hasard n’est pas une absence de cause mais une conséquence du chaos déterministe, et que les miracles sont avant tout des récits humains "déterminés", pas des événements naturels.

Mais allez donc dire tout ceci à un croyant !!!

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Terre plate et libre arbitre

Il est de "bon goût" de se gausser des prétentions platistes concernant la "vraie" forme de notre bonne vieille Terre. 

Des "abrutis" incultes ces platistes, n'est-ce pas ? 

L’hypothèse centrale de cet article est que le sentiment de Terre plate et le sentiment de libre arbitre dérivent d’un même mécanisme computationnel : la production, par le cerveau humain, de modèles internes à faible coût énergétique, optimisés pour l’action locale plutôt que pour la vérité objective ; soit la tentative d'une analyse "technique" d’une homologie cognitive entre illusions perceptives et illusions agentives.

Dans les deux cas, platisme versus libre arbitre - l’architecture cognitive repose sur des heuristiques perceptives ou introspectives qui maximisent la rapidité de décision et la stabilité comportementale, au détriment de la fidélité ontologique. Cette homologie s’inscrit dans le cadre de la théorie des modèles internes (Friston, 2010 ; Clark, 2013), du predictive coding, de la Bayesian brain hypothesis, et de la philosophie matérialiste de l’esprit. Le cerveau minimise l’erreur de prédiction en produisant des représentations compressées, localement cohérentes, mais globalement fausses

La Terre plate et le libre arbitre sont deux manifestations de cette compression cognitive !

Illusion de Terre plate : mécanismes computationnels

La perception d’une Terre plate résulte de la limitation des systèmes perceptifs à des échelles spatiales locales. Le cortex visuel encode l’espace selon des cartes rétinotopiques dont la résolution décroît avec la distance. Les mécanismes de géométrie intuitive reposent sur des heuristiques euclidiennes locales, non sur la géométrie différentielle réelle de la surface terrestre. Les modèles internes de l’espace sont construits par intégration multisensorielle (vision, proprioception, vestibulaire) dans les aires pariétales, produisant une représentation plane par défaut. Le cerveau n’a pas accès directement à la courbure globale : il reconstruit l’espace par interpolation locale, ce qui génère une illusion perceptive stable. 

Les données géodésiques, astronomiques et satellitaires réfutent cette intuition, mais la réfutation nécessite des instruments, des modèles mathématiques et une échelle cognitive non accessible à l’expérience immédiate. 

L’illusion de Terre plate est donc un artefact de la compression perceptive et de la localité computationnelle.

Illusion de libre arbitre : mécanismes neuro‑agentifs

Le sentiment de libre arbitre provient de la manière dont le cerveau génère la conscience d’action. Les décisions sont préparées dans les réseaux fronto‑pariétaux avant l’accès conscient, comme démontré par les potentiels de préparation (Libet), les signaux prédictifs dans le cortex préfrontal (Soon, Haynes), et les dynamiques de compétition neuronale (Schurger, 2012). La conscience d’intention est un post‑dictif narrative module (Gazzaniga*) qui reconstruit une histoire causale après coup. Le cerveau produit une illusion d’agentivité pour stabiliser les comportements sociaux, renforcer la cohésion de groupe et optimiser la coordination. 

Le libre arbitre métaphysique est incompatible avec les modèles déterministes du cerveau, les dynamiques attractor‑based, les contraintes génétiques, les influences environnementales et les modèles de causalité multi‑niveaux. 

L’illusion de libre arbitre est donc un artefact de la compression introspective, de la narration interne, et de la post‑dictivité cognitive.

Homologie cognitive : structure formelle commune

Les deux illusions reposent sur une structure computationnelle identique :

  1. Localité des données : la perception de la Terre et la perception de l’action reposent sur des signaux locaux, non sur des données globales.
  2. Compression du modèle interne : le cerveau produit des représentations simplifiées pour réduire le coût métabolique.
  3. Heuristiques pré‑scientifiques : les modèles internes sont pré‑théoriques, antérieurs à toute formalisation scientifique.
  4. Narration interne : le cerveau génère une cohérence subjective par des mécanismes narratifs (plateur → stabilité visuelle ; liberté → stabilité sociale).
  5. Résistance à la falsification : les illusions sont robustes car elles sont intégrées dans les circuits perceptifs et agentifs.
  6. Réfutation empirique : seule la science, via des instruments, des modèles mathématiques et des données empiriques, peut corriger ces illusions. Cette homologie peut être formalisée dans le cadre du predictive processing : la Terre plate et le libre arbitre sont deux cas où le modèle interne minimise l’erreur de prédiction locale mais échoue à représenter la structure globale du réel.

Conséquences épistémologiques et matérialistes

Ces illusions démontrent que la rationalité humaine n’est pas intuitive mais instrumentale. La perception naïve de la Terre et l’introspection naïve de l’action sont des produits de l’évolution, non des accès privilégiés à la réalité. La science apparaît comme l’unique méthode capable de dépasser les limites de la cognition humaine. 

La réfutation de la Terre plate et du libre arbitre métaphysique impose une redéfinition matérialiste de la responsabilité, de la morale, du droit pénal et de la notion d'être "librement" l’auteur de soi-même. Le sujet n’est pas un initiateur causal mais un nœud dans un réseau, un chaos déterministe multi‑échelles. La cohérence matérialiste exige de distinguer radicalement responsabilité sociale (outil de régulation sociale) et culpabilité métaphysique (fiction introspective car on ne peut rien faire d'autre que ce qu'on fait). 

Les illusions de Terre plate et de libre arbitre montrent que la science n’a pas pour fonction de confirmer nos sensations, mais de corriger nos illusions. La Terre plate et le libre arbitre sont deux solutions optimales localement, fausses globalement, du même problème de minimisation bayésienne.

La Terre plate et le libre arbitre sont deux illusions cognitives homologues, produites par des mécanismes computationnels identiques : compression du réel, localité des données, narration interne, heuristiques pré‑scientifiques. Leur réfutation par la géodésie, l’astronomie, les neurosciences et la philosophie matérialiste démontre que seule la science peut servir d’arbitre rationnel. 

L’humain n’a pas un accès direct au réel : il possède un cerveau optimisé pour l’action, non pour la vérité. La rationalité est un effort permanent contre l’intuition erronée. 

Soit, un chouilla d'humilité dont l'humanité a plus que jamais besoin comme nous dit Trump tous les jours. 

Finalement, les "croyants" dans le libre arbitre : ne sont-ils pas aussi "abrutis" incultes que les platistes ?

"Vaste sujet" comme disait le Général.

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*Michael Gazzaniga, pionnier des études sur les patients au cerveau divisé (split‑brain), a montré notamment grâce aux études sur ces patients que l'hémisphère gauche possède un mécanisme qu'il a appelé “l'interprète”. Celui-ci cherche à donner une explication cohérente à nos perceptions, émotions et comportements. Lorsque l'information sur la véritable cause d'une action lui fait défaut, il peut produire a posteriori une explication plausible mais erronée. Gazzaniga a utilisé ces observations pour interroger la manière dont se construit notre sentiment d'unité psychologique et de contrôle conscient.

  • Gazzaniga, M. S., & LeDoux, J. E. (1978). The Integrated Mind. New York: Plenum Press (Springer).
  • Gazzaniga, M. S. (2000). Cerebral specialization and interhemispheric communication: Does the corpus callosum enable the human condition? Brain, 123(7), 1293–1326.

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Entre chèvre et chou

L'imagination humaine semble incommensurable.

Le compatibilisme (lois naturelles et libre arbitre sont "compatibles") fait partie de la bêtise humaine régnante (Voir Dennet et le compatibilisme) : tout est bon pour tordre logique et cohérence pourvu que l'on puisse punir sans remords. 

Dans le cadre de l'imaginaire, prenons cette énigme classique du loup, de la chèvre et du chou (= « Problème du passeur »). Cette énigme est très ancienne. Elle apparaît déjà au IXe siècle dans les Propositiones ad Acuendos Juvenes d’Alcuin d’York (conseiller de Charlemagne). Elle fait partie des « problèmes de passage de rivière », une famille d’énigmes logiques très répandue dans le folklore européen. Elle a aussi donné naissance à l’expression française « ménager la chèvre et le chou », qui signifie essayer de contenter deux parties opposées sans les fâcher (c’est-à-dire trouver un compromis délicat entre des intérêts contradictoires).

Un fermier (passeur) doit traverser une rivière avec trois éléments :

  • un loup,
  • une chèvre,
  • un chou

Sa barque est très petite : elle ne peut transporter que le fermier + un seul élément à la fois (le fermier doit toujours ramer).

Contraintes importantes :

  • Si le loup reste seul avec la chèvre (sans le fermier), le loup mange la chèvre.
  • Si la chèvre reste seule avec le chou (sans le fermier), la chèvre mange le chou.
  • Le loup ne mange pas le chou, donc ils peuvent rester ensemble sans problème.

Le fermier doit faire traverser tout le monde sur l’autre rive, sans qu’aucun ne soit mangé (solutions en fin d'article). Cette énigme permet de montrer comment le choix contraint du fermier illustre d'une certaine manière le débat philosophique et neuroscientifique sur l’existence (ou non) du libre arbitre avec l'idée d’un choix apparent dans un cadre de contraintes implacables.

Du côté des philosophes : le fermier est-il vraiment libre (au sens du libre arbitre) ?

  • Incompatibilistes / libertariens (Kant, Sartre, Robert Kane) : Ils diraient que le fermier doit avoir un véritable libre arbitre pour que ses choix aient un sens. Sans possibilité réelle d’agir autrement, il n’y aurait que l’illusion du choix. Dans l’énigme, le fermier semble « libre » de décider l’ordre des traversées… mais en réalité il n’a qu’une seule voie viable. C’est exactement ce que Sartre appelle « la condamnation à être libre » : tu dois choisir, mais les contraintes (naturelles, logiques, biologiques) limitent drastiquement tes options.
  • Compatibilistes (Hume, Daniel Dennett, Harry Frankfurt) : Ils répondraient : le fermier est libre dans la mesure où il agit selon ses propres raisons (il veut sauver les trois). Le fait que la physique/logique du monde impose des contraintes n’annule pas le libre arbitre. « Ménager la chèvre et le chou » est précisément l’exercice d’une volonté rationnelle face à des désirs contradictoires (instinct vs raison). Le libre arbitre ne serait pas l’absence de contraintes, mais la capacité d’agir en accord avec ses motivations les plus élevées. N.B : qu'il existe des "causes" internes notamment inconscientes (biais cognitifs / faim / émotion / bonne humeur ou anxiété / fausse justification a posteriori etc.) ne semble pas faire vaciller ces compatibilistes.
  • Déterministes durs (Spinoza, Sam Harris, Galen Strawson) : Ils verraient probablement dans cette énigme la preuve parfaite que le libre arbitre n’existe pas. Le fermier croit choisir librement, mais chaque décision est entièrement déterminée par les règles du puzzle (comme nos choix sont déterminés par les lois de la physique et notre histoire causale). Il n’y a aucun moment où le fermier aurait pu faire autrement... à moins de tout perdre. L’expression « ménager la chèvre et le chou » devient alors une belle illusion : nous pensons négocier avec nos pulsions et notre raison, mais tout est déjà écrit dans les contraintes antérieures dépendant des lois naturelles. Tout au plus, une certaine agilité mentale, goût pour les énigmes (délibération) ou autre faculté "non choisie" permet de faire le "bon choix" dans un cadre non choisi. Tu dois traverser la rivière (nous sommes condamné à choisir / Sartre).Tu crois que tu décides librement l’ordre (illusion de contrôle).En réalité, les incompatibilités (lois physiques, biologie, histoire causale) ne te laissent qu’une seule séquence viable (déterminisme).

Du côté des neuroscientifiques : le cerveau « ménage » la chèvre et le chou avant même que nous en ayons conscience ! Les expériences les plus célèbres montrent que le cerveau prend la décision avant la prise de conscience :

  • Benjamin Libet (1983) : l’activité cérébrale (potentiel de préparation) commence jusqu’à 350 ms avant que la personne ait conscience de vouloir bouger. Le cerveau a déjà « choisi » l’ordre des traversées avant que le fermier se dise « je vais d’abord prendre la chèvre ».
  • John-Dylan Haynes (2008, fMRI) : on peut prédire avec 60 % de précision (bien mieux que le hasard) si quelqu’un va choisir la gauche ou la droite 10 secondes avant qu’il en ait conscience.
  • Travaux plus récents (2020-2025) sur les réseaux de décision (Schurger, Maoz, etc.) : le sentiment de « je choisis librement » serait une réinterprétation rétrospective produite par le cortex préfrontal. Le cerveau résout déjà le dilemme « chèvre vs chou vs loup » (c’est-à-dire pulsions vs raison vs conséquences) dans les zones inconscientes, puis nous raconte l’histoire que nous avons choisi.

En neuro-imagerie, « ménager la chèvre et le chou » correspond exactement à ce que fait le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal dorsolatéral : ils arbitrent en continu entre systèmes 1 (impulsif, chèvre) et système 2 (rationnel, chou), tout en anticipant le loup (punition, regret, angoisse). Mais cet arbitrage est lui-même causé par des processus biologiques et environnementaux antérieurs.

Voici un exemple de tambouille indigeste entre chèvre et chou - assez proche du compatibilisme - proposée par Lorimer Olsson dans son "Libre arbitre et responsabilité morale" (2025) :

"Au niveau personnel, croire en son propre libre arbitre semble très bénéfique. Des études empiriques montrent que le maintien d'un sentiment d'agentivité renforce la maîtrise de soi, la persévérance et le comportement moral (Vohs & Schooler, 2008, p. 49 ; Baumeister et al., 2009, p. 267). Des philosophes comme Kant nous rappellent que cette croyance est également fondamentale pour notre sentiment d'autonomie rationnelle. Par conséquent, je préconise que les individus continuent de croire au libre arbitre personnel, ou du moins de vivre comme s'il existait, pour son utilité psychologique.

 En revanche, concernant le libre arbitre d'autrui, les résultats semblent inciter à la prudence. Considérer les personnes comme des agents est important pour favoriser le respect mutuel et l'engagement moral (Strawson, 1993, cité dans Shabo, 2012, p. 100-101). Toutefois, cette approche doit être nuancée par une compréhension des complexités en jeu.

Je préconise une position modérée : utiliser la croyance en la capacité d’agir d’autrui pour orienter les attentes et la responsabilité, mais s’abstenir de l’utiliser comme prétexte à des reproches excessifs. En pratique, cela pourrait signifier accorder aux gens le bénéfice du doute et se concentrer sur la caractérisation des comportements plutôt que sur leur condamnation. Ainsi, la croyance en le libre arbitre d’autrui est utile sous certaines conditions, un fondement pour l’éthique et la confiance, mais non un permis pour l’intolérance.

Enfin, au niveau institutionnel, je soutiens que la croyance au libre arbitre ne devrait pas servir de fondement aux politiques publiques. Les lois et les politiques sociales devraient plutôt s’appuyer sur la causalité, l’équité et une psychologie réaliste. L’héritage rationaliste des Lumières nous incite à rechercher des explications fondées sur des preuves et un traitement équitable plutôt que des notions métaphysiques de mérite. Fonder la justice pénale sur la notion de libre arbitre a conduit à des peines excessives. À l'inverse, la reconnaissance des déterminants du comportement favorise la justice et la  réhabilitation (Martin et al., 2017, p. 4).

De même, en matière d'éthique environnementale, la voie peut sembler partagée. Si le réenchantement (attribuer une agentivité à la nature) peut enrichir les valeurs publiques et motiver la conservation, il devrait lui aussi être guidé par une compréhension scientifique. Cependant, les politiques qui respectent la nature pour elle-même pourraient également le faire pour des raisons écologiques claires, et non par de simples croyances romantiques. Rétrospectivement, notre désenchantement passé envers la nature semble plus arrogant que scientifique.

En bref, je rejoins l'avis de Jeppsson (2023, p. 78-80), qui souligne que les institutions devraient privilégier leur responsabilité factuelle plutôt que de chercher à blâmer leurs sujets en se basant sur des concepts de libre arbitre ou d'absence de libre arbitre. 

En conclusion, cette analyse souligne que les êtres humains gèrent différentes « vérités » selon les domaines. Croire au libre arbitre fonctionne comme une fiction motivante au niveau individuel ; un mythe utile qui soutient l’initiative personnelle. Dans nos interactions avec autrui, nous nous appuyons sur le concept de la capacité d’agir d’autrui pour naviguer dans l’éthique, tout en faisant preuve d’empathie et de retenue. Quant au niveau institutionnel, nous devrions privilégier un cadre de résolution de problèmes : un cadre qui prenne en compte les limitations humaines et les causes externes lors de l’élaboration des lois et des politiques. Cette approche flexible nous permet d’exploiter le pouvoir psychologique de la croyance au libre arbitre lorsqu’elle nous est bénéfique, et de la mettre de côté lorsqu’elle entrave le progrès social."

En quelques mots : oui pour croire à son propre libre arbitre... mais non en ce qui concerne celui des autres ! Vous cherchez la cohérence du propos ? Plutôt une tentative dérisoire de ménager la chèvre et le chou, une position instable, indéfendable du point de vue tant philosophique que scientifique.

Une autre manière, assez habituelle de nos jours, de ménager chèvre et chou est de convenir que le libre arbitre "absolu" ontologique n'existe pas mais qu'il peut être à géométrie variable en fonction des situations (fatigue / stress etc.) ; c'est le point de vue du neuroscientifique Albert Moukheiber. Voici un tableau comparant les convictions différentes entre un autre neuroscientifique Sam Harris ("le libre arbitre est une illusion") et la conception d'Albert Mouhheiber :

Autant je suis en accord avec la vision naturaliste de Harris et de Sapolsky, autant celle de Moukheiber me semble des plus bancales. 

Reprenons les arguments de Moukheiber :

Le libre arbitre serait...

- "Une capacité partielle" ? Comment la caractériser empiriquement pour connaître le degré de punition en regard ? Ni lui, ni personne, ne peut répondre à cette question qui est pourtant tranchée arbitrairement tous les jours dans les procès en matière pénale (voir "Expertises psychiatriques au Pénal").
- "Perfectible" ? Par quels moyens sinon la connaissance / conscience des déterminants à l'œuvre dans nos décisions, chaque fois que possible, c'est-à-dire rarement du fait des actions non "conscientes".
- "Pas un « premier moteur » absolu, mais des boucles de rétroaction (feedback loops) via la métacognition" : ces boucles seraient indépendantes des causalités ambiantes, quelque chose d'autre dans la machine biologique de l'ordre du spiritualisme ?
- Il "reconnaît les limites (biais, inconscient, contexte), mais critique la neuromanie et les conclusions trop radicales" : croire que le cerveau est dans un bocal sans interactions - chaque nanoseconde avec son environnement -, ce serait effectivement de la "neuromanie". Mais il sait bien que ce n'est pas le cas. Il est le premier à le dire par ailleurs !
- Et "La conscience réflexive et la métacognition (capacité à décrire ses propres processus mentaux) permettent une marge de manœuvre réelle (douter, corriger, délibérer)" : conscience et métacognition ne s'émancipent pas par magie du chaos déterministe (voir "Délibération, décision..."). Ou alors, il faut nous dire comment. Dans un paradigme matérialiste / scientifique (déterministe + indéterministe), introduire une solution de continuité dans la chaîne causale mérite quelques justifications qui ne sont pas de l'ordre du hasard quantique.
- "Déterminisme partiel ; il existe des degrés de liberté selon le contexte (stress, fatigue, éducation…)" : la punition devrait-elle dans ce cas tenir compte du niveau de stress, de fatigue etc. ; et comment après coup connaître les coefficients des différentes échelles des différents déterminants - des proches aux plus lointain (éducation) - dans tel ou tel crime ? Au doigt mouillé comme le font le experts en psychiatrie pénale ?
- "Cultiver cette marge (de liberté) via esprit critique, éducation, prise de distance vis-à-vis des automatismes" : certes, mais il s'agit ici d'agir sur des déterminants délétères qui ne sont pas de l'ordre d'une quelconque liberté mais d'une autonomie individuelle optimisée dans le cadre large de la survie.
- Avis "Nuancé, prudent, anti-simplificateur ; refuse les extrêmes (« ni 100 % ni 0 % »)" : soit une conception compatibiliste qui contient en son sein un spiritualisme honteux. Curieux pour un scientifique reconnu. Choisir l'eau tiède (quel dégré ?) sur un sujet brûlant afin de l'éteindre sans faire de vague.

Car au niveau personnel, il n’est pas nécessaire de postuler l’existence d’un libre arbitre métaphysique pour expliquer l'action humaine. Les recherches en psychologie et en neurosciences montrent que les individus possèdent des capacités réelles de régulation comportementale, de planification et d’adaptation aux normes sociales. Le sentiment d’agentivité - le fait de se percevoir comme auteur de ses actions - constitue un phénomène psychologique robuste, qui peut être compris comme une fonction cognitive utile, issue de processus cérébraux déterminés dans le cadre de l'évolution et de la survie à tout prix.

Les individus agissent en fonction de causes internes et externes déterminées, mais disposent néanmoins de mécanismes de contrôle, d’apprentissage et de modulation de leur comportement également déterminés. Cette approche permet de préserver les effets bénéfiques associés à l’autodiscipline et à la motivation, sans recourir à des hypothèses métaphysiques non étayées.

Dans les relations interpersonnelles, il est également inutile de supposer un libre arbitre absolu / ontologique pour fonder l’éthique. Les pratiques sociales telles que la responsabilité, la confiance ou le respect peuvent être comprises comme des outils régulateurs qui influencent efficacement les comportements. Attribuer une responsabilité à autrui ne revient pas à affirmer une indépendance causale, mais à reconnaître que les individus sont généralement sensibles aux normes, aux attentes et aux conséquences de leurs actes, et que ceux qui ne possèdent pas cette sensibilité attendue par la société ont quelques déterminants différents de leurs congénères.

Une compréhension naturaliste implique de tenir compte des déterminants du comportement : facteurs biologiques, environnementaux, sociaux et historiques. Cela conduit à une attitude où la responsabilité est maintenue comme instrument social, mais accompagnée d’une attention accrue aux conditions ayant produit les actions. On privilégie alors l’explication des comportements et leur transformation, plutôt que leur simple culpabilisation suivie de punitions.

Au niveau institutionnel, une approche naturaliste conduit à fonder les politiques publiques sur les connaissances scientifiques relatives au comportement humain. Les systèmes juridiques et sociaux gagnent à être conçus comme des mécanismes de régulation et de prévention, plutôt que comme des dispositifs de rétribution (punition) fondés sur une culpabilité métaphysique tombée du ciel. Celui-ci doit être durement puni car son libre arbitre était entier lors de son crime ; cet autre n'avait qu'un chouia de libre arbitre quand il a volé son voisin ? Sur quelles bases fonder ce charabia ? (voir Un scandale permanent).

Dans cette perspective, les sanctions peuvent être justifiées par leurs effets - dissuasion, protection de la société, réhabilitation - et non par l’idée que les individus auraient pu agir autrement. Une telle approche favorise des politiques plus efficaces, plus équitables, en intégrant les déterminants réels des conduites humaines (Voir "Mais alors, sans culpabilité ni punition possible...que faire ?").

En matière d’éthique environnementale, une compréhension naturaliste invite également à éviter le recours à des projections anthropomorphiques, telles que l’attribution d’une agentivité à la nature. La protection de l’environnement peut être solidement fondée sur des connaissances écologiques, sur la reconnaissance de notre interdépendance avec les systèmes naturels, et sur les conséquences mesurables des dégradations environnementales. Les motivations à agir peuvent ainsi s’appuyer sur des bases empiriques et rationnelles, sans nécessiter de croyances supplémentaires (voir Rasoir d'Okham).

En conclusion, une approche naturaliste unifiée permet de se passer du concept de libre arbitre métaphysique tout en conservant ce qui en faisait la valeur fonctionnelle. Les êtres humains apparaissent comme des systèmes complexes, capables de régulation, d’apprentissage et de sensibilité aux normes. Les pratiques individuelles, sociales et institutionnelles peuvent alors être organisées autour de cette compréhension : encourager les comportements souhaitables, expliquer les conduites problématiques, et concevoir des interventions efficaces.

Plutôt que d’entretenir une croyance incertaine pour ses effets supposés, cette approche mise sur une connaissance plus précise de l’humain, capable de produire des bénéfices supérieurs en termes de responsabilité, de coopération et de progrès social.


Concernant l'énigme, la clé de la solution est de comprendre qu’il faut ramener quelque chose (notamment la chèvre) pour éviter les conflits. Voici les étapes pas à pas :

  1. Le fermier prend la chèvre et traverse (rive A → rive B). → Rive A : loup + chou → Rive B : fermier + chèvre
  2. Le fermier revient seul (rive B → rive A). → Rive A : fermier + loup + chou → Rive B : chèvre (seule, en sécurité)
  3. Le fermier prend le loup et traverse (rive A → rive B). → Rive A : chou → Rive B : fermier + chèvre + loup
  4. Le fermier ramène la chèvre avec lui (rive B → rive A). → Rive A : fermier + chèvre + chou → Rive B : loup (seul, en sécurité)
  5. Le fermier prend le chou et traverse (rive A → rive B). → Rive A : chèvre → Rive B : fermier + loup + chou
  6. Le fermier revient seul (rive B → rive A). → Rive A : fermier + chèvre → Rive B : loup + chou (ils ne se mangent pas)
  7. Le fermier prend la chèvre et traverse une dernière fois (rive A → rive B). → Tout le monde est maintenant sur la rive B, sain et sauf.

(N.B : on peut aussi commencer par transporter le chou en étape 3 au lieu du loup : la séquence est symétrique.)

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